De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)
Côte adriatique : faisons un peu de tourisme.
Ce séjour sur la côte n'était initialement pas prévu au programme. Mais il est vrai qu'une virée à Dubrovnik et Kotor est alléchant et Marion a voulu y aller. Comme ses désirs deviennent réalité, nous voilà les pieds dans l'adriatique à savourer un repos bien mérité. Nous passons une après midi sur une petite plage à Slano et décidons de reprendre la route lorsque la température devient à nouveau supportable. Emportés par notre élan, nous ne nous arrêtons pas aux différents campings croisés sur la route et décidons de rejoindre Dubrovnik le soir même. La nuit nous rattrape vite et c'est éclairé de notre lampe frontale que nous arrivons dans la vieille ville bondée de touristes. Nous découvrons Dubrovnik by night, où règne une agréable atmosphère. Les restaurateurs envoient leurs rabatteur dans la rue principale. Ils vous accostent poliment sans toutefois vous agresser. D'autres personnes sont là pour vous proposer une chambre. A 30 euros par personne nous déclinons toutes les offres, malgré le fait que Marion commence à se sentir très mal. Après 110 kilomètres dont la moitié sous une forte chaleur, cela n'a rien de surprenant; Nous tentons de reprendre des forces autour d'une pizza puis repartons sur nos vélos au camping situé à 4 kilomètres de là.
La nuit ne fut pas de tout repos. Nous avons posé notre tente près d'une colonie de vacances. Nos jeunes voisins, français, ont décidé de faire nuit blanche. Ils s'endormiront finalement autour de 6h00 après avoir fait un raffut de tous les diables. 6H00, c'est justement l'heure à laquelle nous nous levons, en étant aussi peu discret qu'ils ne le furent durant la nuit. A chacun son tour de s'exprimer.
Si nous nous levons si tôt c'est pour pouvoir profiter de la vieille ville de Dubrovnik la matin, avant l'arrivée du flux des touristes. C'est aussi pour pouvoir la quitter au plus vite, avant l'arrivée des grosses chaleurs. Nous nous éloignons de l'impressionnante muraille à 8h30, juste après l'invasion des premiers cars de touristes et juste avant qu'il ne fasse 30°C. Une heure après nous sommes à Kupari où nous nous installons pour la journée.
Nous repartons vers 17h00 alors que le mercure est redescendu autour de 30°C. Fatigués par la nuit blanche passée et la chaleur de ces derniers jours, nous ne parvenons à rejoindre la frontière. Si Marion n'aime pas la pluie, elle ne semble pas non plus aimer les grosses chaleurs. Elle fond en larme alors que nous réalisons que nous n'avons plus un kuna en poche, rien à manger et que la nuit tombe très rapidement maintenant. Devenu un expert dans l'art de réconforter Marion, je sais maintenant avec exactitude ce qu'il faut pour sécher les larmes, et ce en toutes circonstances. Quelques kilomètres plus loin nous arrivons à Gruda, dernière ville avant la frontière. De nombreuses chambres sont à louer ici, nous nous installons dans l'une d'entre elles, chez Milko. Le moral remonte en flèche chez Marion, et nous nous endormons dans un sommeil profond. Parfois, le moral ne tient qu'à un bon repas et un bon matelas. Il suffit simplement de le savoir.
Nous avons donc fait un passage éclair sur la côte croate. Personnellement je n'avais pas grandement envie de venir car la circulation y est pénible et la route peu intéressante. Mais il est vrai que la vieille ville de Dubrovnik est une curiosité qui vaut le détour, tout comme les gorges de Kotor que nous regagnons le lendemain sans trop de difficulté. Ces deux endroits sont classés à l'Unesco et il est normal que Marion ait voulu les découvrir. Le problème est que, maintenant que nous sommes à Kotor, il nous faut traverser le Monténégro, la montagne noire, du sud vers le nord. Un gros dénivelé positif nous attend pour la semaine à venir. Mais avant cela nous profitons de la baie de Kotor pour nous y reposer. Arrivés samedi matin de bonne heure, nous repartons dimanche après midi alors que le ciel se couvre de nuages bienfaiteurs. Au camping où nous sommes installés, nous faisons la connaissance de quatre serbes de Voivodine qui ont fait la route jusqu'ici à vélo. Comme tout serbe qui se respecte, ils nous offrent Rakia et bière à volonté. Nous n'abusons pas trop de leur gentillesse mais discutons un peu de la Serbie et de son rétrécissement d'année en année. Lorsqu'ils sont venus pour la première fois au Monténégro, cela faisait partie de leur pays. Maintenant ils sont à l'étranger, la région ayant été indépendante en 2005. Ils sont attristés de cette situation mais aussi un peu fataliste. Ils savaient que cela devait arriver, c'est ainsi. Par contre ils déplorent le fait que les indépendantistes monténégrins détestent pour la plupart les serbes. En 2006, soit un an après leur indépendance, lorsque je discutais avec des Monténégrins, eux me disaient qu'ils étaient serbes, qu'il n'y avait pas grande différence avec leurs voisins. En 4 ans les choses semblent avoir changé, les monténégrins semblent avoir développé un sentiment national qui se veut éloigné de celui d'antan. C'est en tous les cas la version que nous avons ici, à voir si cela est confirmé dans le reste du Monténégro.
Nous rencontrons également Ivan et Irma, un couple argentino espagnol. Avec Ivan nous évoquons les assados, les mate, le mantecol, les facturas et les tenedor libre de son beau et grand pays. Que de bons souvenirs du voyage précédent en Amérique du sud ! Eux terminent ici un voyage d'un mois en auto stop et bus à travers l'Europe de l'est, et souhaitent également profiter de la baie de Kotor pour se reposer. Il faut dire que le lieu est propice à cette activité. Basés à 10 kilomètres de Kotor, nous nous prélassons sur une petite plage bétonnée tout en admirant l'imposante montagne qui protège le fjord de Kotor. Cette même montagne, qui aujourd'hui nous enthousiasme et nous apaise, nous effraie aussi quelque peu. Car ce soir, nous devrons être en haut, et ce ne sera pas une mince affaire. C'est ici aussi que nous ressortons de nos sacoches le guide de Turquie et une carte routière du même pays. Nous y serons dans un mois maintenant, et nous avons vraiment hâte d'y aller. Cela fait déjà 3000 kilomètres que nous roulons depuis Nadaillat, et il nous tarde à présent de changer de continent, d'arriver en Asie pour y passer une année complète. Mais avant cela il nous faudra traverser le Monténégro, la Serbie et la Blgarie. L'Asie se trouve au bout des Balkans...
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