De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Lacs surnaturels et agriculture intensive

Dunedin - Christchurch photos de cette étape

du 07/01/2012 au 18/01/2012

  • nombre de km prévus : 600
  • nombre km effectifs : 624
  • temps prévu : 42 heures
  • temps effectif : Du 7 au 18 janvier 2012
Le plat pays qui est le leurLa rue la plus pentue au mondeCalé en pleine montée...IMG_0009IMG_0013IMG_0019Pingouins

Lacs surnaturels et agriculture intensive

A Dunedin, nous n'avons pu assister à une collecte de sang vu que l'équipe mobile était en
déplacement et qu'il n'y avait pas assez de monde au centre de prélèvement pour organiser
une collecte de sang évènementielle. Cela dit, nous avons pu faire un article dans la presse
locale. Un article de presse comme nous en avons tant écrit depuis deux ans. Et pourtant,
celui-ci n'est pas passé inaperçu ; le lendemain de sa parution, des associations Etats-Uniennes
nous ont contacté via email. L'une d'entre elle organise cet été un voyage à vélo depuis la
Californie jusqu'à Washington pour promouvoir le don du sang et aurait aimé nous compter
parmi elle. Nous avons dû décliner l'offre, pourtant fort alléchante, d'aller pédaler outre
Atlantique. Ce n'est que partie remise ; les contacts sont pris !

La route qui nous permet de quitter Dunedin est tout d'abord assez vallonnée. Elle nous
permet de gagner en deux jours la petite localité de Kakanui, sur la côte Est. En route nous
avons pu admirer différents paysages de la côte, et aussi profiter d'un squat dans la propriété
de kiwis pour boire un thé et parler un peu. Eux habitent dans une maison près de la réserve
naturelle de Shag Point, où phoques et pingouins ont élu domicile sur la plage rocheuse.

Plus loin, nous nous enfonçons à l'intérieur du pays pour suivre la vallée de Waitaki. A
Dunedin, nos hôtes Rotariens nous avaient prévenu : « vous verrez certainement les plus
grands systèmes d'irrigation que vous n'ayez jamais vus ». Sous-entendu : « nous possédons,
en Nouvelle-Zélande, les plus grands systèmes d'irrigation au monde ». Loin d'être plus
grande que celles qu'on trouve en Beauce, les rampes d'irrigation sont toutefois de tailles
impressionnantes et ne correspondent en rien à l'image écologique que la Nouvelle-Zélande
se donne. Comment un pays soit disant écolo peut-il accepter ce genre de pratiques ? Sur les
terrains maintenant irrigués, étaient plantées de la vigne. Sous couvert du développement
économique passant par le développement agricole, les vignes ont été arrachées, de l'herbe a
été semée et les agro industriels pompent dans les rivières l'eau nécessaire pour que l'herbe

soit encore verte alors que la région subit une très forte sécheresse. Dans cette vallée coule
la rivière de Waitaki, provenant du lac du même nom, qui lui même est alimenté par le lac
Aviemore, lui même alimenté par le lac Benmore d'où convergent plusieurs rivières ou
canaux conduisant l'eau des lacs Ohau, Pukaki et Tekapo. Ces lacs d'eau couleur émeraude
récupèrent l'eau des glaciers des Alpes. Si l'eau provenant des glaciers couvrant le Mont Cook
et les pics alentours est pure, celle qui coule dans la rivière servant à l'irrigation intensive
des prairies est toute autre. Un kiwi nous a affirmé que s'il pêchait autrefois, maintenant
il ne mangerait en aucun cas les poissons provenant des rivières néo zélandaises, et il ne
se baignerait que dans peu d'entre elles, tant la pression agricole est forte et entraîne une
pollution importante. Certes, le pays est vert comme on aime le dire ici, mais c'est une grave
erreur de croire qu'il est propre.

L'herbe ainsi irriguée sert à l'élevage de vaches laitières. Nous rencontrons un Chilien dont le
travail consiste à traire les vaches. L'exploitation dans laquelle il travaille en compte 750. Sa
copine, elle, est chargée de vendre des engrais... Deux boulots caractéristiques de la région, où
l'agriculture intensive pollue à outrance, dépassant de loin toutes les normes fixées en Europe.
Lorsque ce ne sont pas les vaches qui broutent l'herbe, ce sont les cervidés. De grandes
exploitations sont visibles depuis la route. Les biches ou cerfs seront ensuite exportés en
Europe dans des congélateurs ; comme cette viande est trop chère pour les Kiwis, ils préfèrent
l'exporter chez nos voisins les Allemands.

Lorsque nous abordons le problème avec des Kiwis, aucun ne nous contredit et la plupart
s’accordent à dire que l'agriculture est la responsable de cet état de fait. Si elle a une grande
part de responsabilité, ce n'est pas la seule. Les Kiwis, par leur comportement, sont tout aussi
responsables de la contamination de leur beau pays. N'importe quel lac est sillonné par des
bateaux bruyants tirant des skieurs ou des bouées ; ces mêmes bateaux, nous les voyons sur la
route tirés par des 4x4 ; les morceaux de verre jonchent les bords de route et nous obligent à
être vigilants en permanence.

Si les prairies sont vertes, les lacs eux sont d'une couleur étonnante. Nous bivouaquons un soir
sur les berges du lac Pukaki et admirons sans relâche le Mont Cook en arrière plan se débattre
avec les nuages. La nuit porte conseil et au petit matin, le ciel est à nouveau clair et nous
offre une des plus belles cartes postales du pays. Profitant du beau temps, nous poursuivons
notre route jusqu'au lac de Tekapo, tout aussi joli. Par contre le camping sauvage y est interdit
et nous devons nous réfugier près d'un autre lac, celui d'Alexandra, où nous dormons pour
10$. Là, nous retrouvons des Français rencontrés la veille à Twizel. Cette famille effectue un
voyage de dix mois dans le Pacifique et en Asie. Comme ils veulent essayer nos vélos, nous
échangeons nos véhicules le lendemain et ils nous ramènent Teresa et Maïdo à Tekapo. Le
temps a brutalement changé et cette escapade en camping-car nous permet d'éviter une bonne
averse.

Après une journée de repos nous poursuivons notre route vers Christchurch. Comme toujours
nous essayons d'éviter les grands axes où nous nous sentons en danger face à la conduite
des kiwis. Voilà un autre paradoxe de ce pays. Les kiwis sont des gens très avenants et
sympathiques, toujours près à nous rendre service, à nous aider lorsque nous cherchons notre
direction ; Plusieurs fois nous avons été invités à dormir chez eux, par des gens rencontrés
depuis à peine cinq minutes. « Où allez-vous ? Si vous passez dans notre ville venez dormir
à la maison » nous dit-on très souvent. Nous acceptons parfois ; comme demain où nous

dormirons à Christchurch chez des Kiwis rencontrés à Tekapo. Et pourtant, dès que ces
gens sympathiques au possible conduisent une voiture, ils sont infectes, irrespectueux et
parfois vulgaires, à l'image de cet homme nous ayant lancé un doigt d'honneur alors que nous
étions simplement arrêtés sur le bord d'une route déserte au milieu d'une ligne droite...

« Faites attention ! » prévient un Kiwi.

« De quoi ?

- Des camions ! Ils doublent sans s'écarter ! »

Il est vrai que les camions nous font parfois très peur et nous obligent à sortir de la route.
Mais ce serait se méprendre que de dire qu'il n'y a qu'eux qui se conduisent ainsi. Ceux-là
même qui nous mettent en garde contre la dangerosité des camions, se conduisent comme
des mécréants lorsqu'ils nous doublent à leur tour. Ainsi, nous redoutons les journées
passées sur les grandes routes où aucun chauffeur, qu'il soit de bus, de camion ou de voiture
(généralement des 4x4), ne fait l'effort de ralentir lorsqu'une personne vient en face.

Avant d'arriver à Christchurch, nous passons la barre des 20.000 kilomètres. 20.000
kilomètres parcourus depuis le 4 juillet 2010, jour où nous avons quitté notre petit village de
Nadaillat ! Nous roulons donc maintenant vers nos 30.000 kilomètres. Mais rassurez-vous,
nous nous arrêterons avant de passer cette nouvelle barre ! Il nous reste un peu moins de 1500
kilomètres avant de pendre les vélos au garage.

Nous arrivons finalement à Christchurch un peu plus tôt que prévu. En attendant une collecte
de sang prévue le 20 janvier, nous nous reposons dans un camping situé à quelques kilomètres
du centre. J'en profite pour me pencher sur « le tao du vélo ». J'avais publié ce livre avant
notre départ et les 4.000 exemplaires sont épuisés. Il sera donc réédité en février mais je dois
avant tout faire quelques mises à jour en y intégrant des anecdotes concernant ce voyage. A
voir chez votre libraire dans quelques semaines !

Demain, nous ferons un petit tour guidé de Christchurch. Une agence propose des tours à vélo
de 2 heures dans la ville et, ayant vu notre histoire dans le journal, nous ont offert un tour
(cela est un exemple typique de la gentille des kiwis). Nous allons donc en savoir un peu plus
sur cette ville qui, depuis deux ans, souffre terriblement des tremblements de terre. Chaque
jour, la ville connaît plusieurs secousses jusqu'à 5 sur l'échelle de richter. En dormant sous
tente, il semblerait qu'on ne les perçoive pas...

Après la collecte de sang, nous reprendrons la route en direction du Nord et arriverons à
Wellington le 29 janvier pour une autre collecte. Le site sera actualisé à cette occasion avec
nos derniers récits de l'île du sud.

A compter aussi que deux de nos pneus commencent à montrer quelques signes de faiblesse.
Après 20.000 km parcourus, on peut leur pardonner. Nous en prenons soin pour qu'ils
revoient le pays d'où ils sont partis :-)



Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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