De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

East Cape : la région oubliée.

Gisborne - Tauranga photos de cette étape

du 03/02/2012 au 10/02/2012

  • nombre de km prévus : 500
  • nombre km effectifs : 515
  • temps prévu : 36h00
  • temps effectif : du 03 au 9 février
Nos amis Pauline et Chris, de retour au pays.Graham, un kiwi que l'on avait rencontré en Cappadoce.Petit bavardage dans un magasin de location de vélo.L'intérieur d'un Marae, l'habitat traditionnel maoriIMG_5712IMG_5713Arrivé à Gisborne, au bout du monde...L'Eat Cape, encore plus loin que le bout du monde.

East Cape : la région oubliée.

Durant notre séjour à Wellington, nous en profitons pour revoir de nombreuses personnes pour leur dire au revoir une dernière fois. Julie et Thomas, deux cyclos Kiwis rencontrés en Iran ; Mikael, un cyclo français rencontré à Bali ; Alisa, une kiwi-ukrainienne rencontrée à Auckland 6 ans auparavant et vivant à présent dans la capitale ; et bien sur Pauline et Chris, nos hôtes rencontrés eux aussi il y a six ans ici même, puis en France il y a trois ans.

 

Après avoir effectué un petit détour au centre de don du sang, nous prenons le bus pour Gisborne. En chemin, nous faisons une halte de deux nuits à Napier. Nous passons la première chez des cyclo rencontrés en Turquie, et la seconde chez une membre du rotary club local. Avant de partir, nous rencontrons un journaliste au centre de don du sang pour faire un nouvel article.

 

C'est donc à Gisborne, ville officiellement la plus à l'Est au monde, que nous reprenons les vélos. Lors de mon séjour en 2005, je n'avais pas pu longer l'East Cape à cause d'un genou endolori. Ma santé étant bien meilleure à présent, tout comme celle de Marion, nous décidons donc de visiter cette région reculée de Nouvelle-Zélande. Si ce fut la première région à accueillir les maoris lors de leur découverte de la Nouvelle-Zélande, aujourd'hui il reste très peu de personnes et ceux qui vivent ici donnent l'impression d'être loin des rumeurs du monde. Les quelques villages que nous traversons, tout du moins sur la côte est, comptent de nombreux bâtiments ou maisons à l'abandon. Certaines sont encore habitées, surtout par des maoris. Cette population est assez difficile à approcher, notamment parce que leur corpulence et les tatouages peints sur leurs visages ont plus tendance à impressionner qu'à rassurer. Pourtant, malgré les apparences, les maoris s'avèrent être extrêmement accueillants. Dans les échoppes, les vendeurs nous sourient chaleureusement ; du pas de leurs portes, les adultes nous saluent à notre passage ; derrière leur pare brise, les automobilistes nous saluent aussi et font preuve de beaucoup de patience par rapport au reste du pays.

Par deux fois des maoris vont nous inviter chez eux. La première, ce fut après notre deuxième journée de pédalage, alors que le relief exigeant nous avait pasablement épuisés. Arrivés à Tikitiki, un homme à l'âge avancé nous interpelle timidement. Après s'être échangé des banalités, il nous invite à dormir chez lui. Après une courte réflexion, nous devons cependant refuser, et ce pour trois raisons. La première est que cet homme est complètement saoul. «  J'ai bu trop de wisky », nous dit-il en tenant une bouteille de bière dans la main. Une soirée passée avec cet homme ne nous attire pas vraiment. De plus, il semblerait que sa maison ne se situe pas exactement sur notre route et qu'elle nous obligerait à faire un détour de 12 kilomètres aller-retour. Soucieux de conserver le peu d'énergie qu'il nous reste, cela ne nous séduit pas non plus. Enfin, ce qui nous fait le plus hésiter est qu'en fait, cet homme ne semble pas être sûr de savoir où il habite... Nous le laissons donc à sa bière et à ses deux petits enfants et nous installons dans un camping.

Le lendemain, une maorie nous autorise à planter notre tente dans son jardin. Timide, elle ne viendra nous voir qu'une heure plus tard avec une assiette garnie de homard savoureusement cuisiné et de kumara (pomme de terre locale). Nous terminons la soirée avec elle et son mari à boire un thé et à apprendre quelques mots de maoris, une langue qu'eux mêmes, comme beaucoup, ne connaissent pas vraiment. La chaleurs de leur maison nous fait du bien, et leur sobriété aussi.

Nous avons ainsi pu voir les deux aspects de la société maorie. Cette population souffre pour une partie de graves problèmes d'alcoolisme et de drogue, mais ils ont un sens de l'hospitalité qu'on ne leur soupçonnerait pas de prime abord. Cependant, ils semblent être beaucoup moins agréables avec le premier ministre néo zélandais. Alors que nous longeons la côte, une grosse polémique nourrit le pays. D'après ce qu'on ait compris (mais vraiment dans les grandes lignes), le gouvernement voudrait autoriser une compagnie pétrolière étrangère (brésilienne nous pensons) à extraire du pétrole au large de l'East Cape, à quelques kilomètres de la côte. Les maoris s'y opposent fermement, craignant que leur côte soit pollué et que leur nourriture (les poissons) soit en danger. Ils mettent en avant le traité de Wanganui (dont nous célébrons justement les 60 ans) signé par les deux partis (maoris d'un côté, Pakehas (blancs) de l'autre) qui stipulerait qu'aucune action allant à l'encontre de la Terre ne soit entreprise. Une fois de plus, ils semblerait que malgré tout l'appat du gain ait gain de cause. A  voir qui des maoris ou du gouvernement emportera ce nouveau combat. Dans tous les cas, on s'étonne de voir une telle polémique dans un Etat « 100 % pure »...

Après 4 jours et plus de 3000 mètres de dénivellé, nous arrivons finalement à Opotiki, à la fin de l'East Cape. Epuisés par ce détour de plus de 300 kilomètres, nous échouons dans un camping alors qu'il n'est que 10h00. En voyant l'état de fatigue de Marion, le gérant, un anglais fort sympathique, nous invite à nous installer dans une chambre pour le prix d'une tente. Nous apprécions l'invitation à sa juste valeur et passons l'après-midi à dormir pour récupérer. Pas de doute, la fatigue est présente, et n'est pas seulement dû à la difficulté du relief néo-zélandais. Une fatigue bien plus profonde affaiblie nos corps usés par le voyage. Alors que nous sommes persuadés d'avoir fait le plus dur, que la route jusqu'à Auckland sera maintenant pratiquement plate, nous pensons qu'il est temps de rentrer. Nos jambes ne veulent plus voir de montées, nos corps ont besoin de se reposer sur des matelas confortables, notre peau ne supporte plus la sueur séchée laissant un goût de sel et collant aux draps.

A Whakatane, nous nous arrêtons pour déjeuner avec Madalene et Richard, deux rotariens que j'avais rencontré ici même il y a six ans. Lors de notre rencontre en 2005, Richard m'avait promis de donner son sang alors qu'il ne l'avais encore jamais fait. Juste avant de nous retrouver pour déjeuner, il est allée donner son sang pour la vingtième fois. C'est avec grand plaisir que nous constatons que cet homme a tenu sa promesse, et qu'il est maintenant un donneur de sang fidèle et régulier. Comme beaucoup de personnes, il n'avait pas donné son sang par faute d'y penser. Aujourd'hui c'est un geste qu'il fait naturellement avec grand plaisir. Cette anecdote montre que les voyages effectués depuis 2004 ont permis de recruter des donneurs réguliers un peu partout sur notre passage ; Richard en est l'illustration parfaite !

Le lendemain, nous arrivons enfin à Tauranga. Comme nous avons rendez-vous avec le rotary club très tôt le lendemain matin (6h30), nous bénéficions de notre deuxième nuit offerte par Youth Hostel Association qui possède une auberge de jeunesse à deux pas de notre lieu de rendez-vous. Le rotary club local est impressionnant de dynamisme. Nous passons un excellent moment en compagnie des 80 membres de ce club très actif puis sommes pris en charge par Dave et sa femme Helène qui nous invitent chez eux pour nous y reposer le week end. Avant cela nous en profitons pour faire une petite balade jusqu'au Mount Manganui. Entre Tauranga et le mont, nous devons traverser l'immense zone industriao-portuaire qui fait de Tauranga le plus grand port de Nouvelle-Zélande, et même de l'Australasie selon les dires de nos hôtes. C'est ici qu'en octobre dernier, un porte container appellé "Rena" s'est échoué sur un récit, occasionnant ainsi la plus grande marée noire dans l'histoire du pays (lire l'article du monde ) . Le bateau est encore échoué sur les récifs, coupé en deux depuis peu, et les Kiwis travaillent pour retirer les containers encore présents sur le bateau...

Nous repartirons de Tauranga lundi après midi, après avoir effectué une action médiatique au centre de collecte de sang à laquelle participeront quelques rotariens. Nous nous dirigerons alors vers Auckland où nous devrions arriver jeudi soir...

 

A bientôt pour les derniers kilomètres hors de nos frontières.





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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