De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (27000 km)
Valence - Albertville
du 10/07/2010 au 14/07/2010
- nombre de km prévus : 680
- nombre km effectifs : 268
- temps effectif : 18h30
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Pistes cyclables jusqu'au pied du Mont Blanc (ou presque)
Nous avons passé une journée à nous reposer à Valence. Nous avons d’abord profité du Novotel où nous étions accueilli par le rotary de Valence pour l’occasion, puis nous avons passé l’après midi avec Vincent, tout jeune rotarien. Finalement, nous avons poursuivi notre route en soirée, pour profiter de la fraîcheur (encore 34°C à 19h00) et arriver chez Jean Louis et Bénédict Brunel, également rotariens. C’est dans leur charmante ferme à La Baume Cornillane que nous avons passé la nuit, goûtant une fois de plus à la gentillesse et fraternité rotarienne. Ces deux nuits passées sous la protection du rotary nous a permis de nous reposer d’avantage. Cela nous a également permis d’avoir quelques contacts pour les pays que nous traverserons bientôt, en Inde ou ailleurs. Le rotary est une grande famille, nous allons une fois de plus en mesurer sa dimension internationale.
Après une portion un peu casse pâte, nous entrons dans le parc Naturel du Vercors par le col des Limouches. Le thermomètre affiche 34°C. Après 12 kilomètres d’ascension, nous sommes au col. Nous faisons deux rencontres à l’opposé l’une de l’autre. Alors que Marion s’est assise à l’ombre d’un arbre, Michel m’accoste, égayé comme s’il avait bu un verre de trop. Du haut de ses 75 ans, il affiche un enthousiasme enfantil.
- Vous venez d’où ?
- D’Auvergne
- Et vous allez où ?
- En Nouvelle-Zélande
- Non ?
- Si !
- Non ?
- Si !
- Non, c’est pas vrai ?!
- Si, j’vous jure !
- Mais c’est loin ça, après l’Australie !
- Eh oui !
- Eh mais dites, faites lui prendre la pilule à votre femme, faut pas revenir avec un gosse !
- …
- Bon, eh ben bon courage alors, et envoyez nous des cartes postales !
Dans le même temps, Marion, toujours assise sous son arbre, est dérangée par une famille sans gêne. Ils avaient garé leur voiture sous le même arbre et reviennent juste de leur balade. Ils sortent du coffre chaises pliantes et table et encerclent Marion, surprise de ce manque de communication. Elle doit partir sous peine de se retrouver sous la table ! Lorsqu’elle leur demande si elle ne les a pas trop dérangé dans leur installation, ils disent que non. Leur sans gêne est incroyable, nous les quittons en leur souhaitant une bonne journée tout en pensant le contraire.
L’abbaye de Léoncel nous accueille pour une sieste salvatrice, puis nous descendons bivouaquer près d’une rivière affluente de l’Isère. Nous préférons rester encore un peu en altitude pour ne pas descendre dans la fournaise de la plaine. La fin de la journée est occupée à lézarder, à jouer au frisbee et à jouer aux mots fléchés de France Dimanche. Mais que faisons nous avec cet hebdomadaire dans nos sacoches allez vous demander ? Il se trouve qu’entre les déboires de passe-temps (de fort boyard) et les sorties bikini pour d’autres stars, une page est consacrée aux voyageurs au grand cœur en partance, alors nous n’avons pas résisté à l’envie de l’acheter, sous les yeux un peu surpris de la commerçante. Il est encore disponible en kiosque pour ceux que ça intéresse J
Le soir, nous redécouvrons, enfin, le plaisir de manger 500 grammes de pâtes. Mis à part que là, nous sommes deux pour les manger. Cela fait partie des sacrifices du voyage à deux : partager sa ration de pâtes !
Le lendemain matin, en descendant sur Saint Jean en Royans, nous avons la surprise de rencontre Gabi et Abel, des voisins de Nadaillat ! Après une dernière salutation nous poursuivons notre route à travers les noyers irrigués et les champs de maïs, jusqu'au port de Saint Gervais où Christophe, Christian et Robert nous rejoignent. Nous terminerons l’étape jusqu’à Noyarey en compagnie de ces cyclo donneurs de sang. Avec eux nous goutons au plaisir de pédaler sur les digues de l’Isère aménagées en voies vertes. Un vrai régal cyclopédique, au frais de la rivière, à l’ombre des arbres, à l’écart des voitures et bien loin des cols alpins. Entre chartreuse et Vercors, nous passerons la soirée avec l’amicale des donneurs de sang de Noyarey qui avaient organisé une petite réception pour l’occasion, en présence du maire notamment. Nous dormons finalement dans l’école primaire réservée à notre effet.
Je me suis fait pas mal de soucis pour Marion toute la nuit. Boosté par les trois cyclos, nous avons terminé l’étape sur des chapeaux de roue et les genoux de Marion ne semblaient pas apprécier la plaisanterie. Elle a quitté le vélo en boitant, et passé la soirée à se frotter les articulations. Au réveil, tout semble aller mieux. Nous décidons tout de même de faire une petite étape, 40 km maxi. Christophe et Robert nous accompagnent encore, jusqu’à ce que les pistes cyclables bitumées laissent place aux chemins de terre. Nous pédalons ensuite seuls entre l’impressionnante chaîne de Beldone à notre droite et l’Isère charriant une quantité importante d’alluvions à notre droite. Cette dernière ne nous donne pas vraiment envie de nous rafraîchir, de part sa couleur mais aussi à cause de son débit. L’eau descendue des glaciers alpins dévale la pente à vive allure. Elle se calmera plus tard, car le dénivelé restant pour atteindre la mer est bien moins important que celui déjà avalé pour descendre des montagnes.
Avec la chaleur omniprésente, nous nous battons presque avec Marion pour faire les courses. Nous privilégions pour ce faire les grands supermarchés aux petites supérettes, pour le prix d’une part mais surtout pour la qualité de la climatisation, suffisamment fraîche mais pas trop. Alors nous alternons, chacun profitant à son tour ce petit moment de fraicheur, alors que l’autre attend sagement sur le parking avec les vélos. Cette fois-ci c’est moi qui vais acheter de quoi manger ce soir : un melon, quelques tomates et courgettes, des biscuits et des pâtes.
C’est une fois que j’ai tout chargé sur mon vélo que Marion se souvient d’amis habitant près de Montailleur, dans la montagne. Nous arrivons chez eux 10 km plus haut, au prix d’un gros effort. Alors que nous nous étions promis une petite étape, nous avons effectué aujourd’hui notre plus longue étape, et dépassé les 100 kilomètres. Un bon entraînement pour le Mont Blanc me réplique Marion ! Mais pourquoi avoir monté toute cette nourriture ici, alors que le potager de os amis regorge de victuailles ?
Une fois de plus nous profitons de l’accueil d’amis habitant sur notre parcours. Gilbert et Claudine nous font partager leur passion pour ce petit coin de paradis où ils habitent, seuls dans leur maison perchée dans la montagne avec vue sur les Arcs d’où subsistent encore quelques névés. Et nous irons dormir dans la grange avoisinante, convertie après rénovation en habitation secondaire pour les amis de passage.
Le lendemain nos deux hôtes ressortent leurs vélos. Après les avoir débarrassés de la poussière accumulée depuis un an, ils nous accompagnent jusqu’à Albertville où nous retrouvons François Doche ; François, président de l’association des donneurs de sang d’Albertville, est une personne dynamique et fort sympathique ; Je l’avais rencontré il y a quelques années alors que j’étais venu présenter un de mes voyages au festival du Grand Bivouac. Depuis nous sommes restés en très bon contact et lorsque je lui avais émis notre souhait de grimper le Mont Blanc pour notre passage dans la région, il a tout de suite répondu présent et a tout préparé, en relation avec les amicales de Beaufort et Moutiers. Nous partirons donc à l’assaut du toit de l’Europe samedi matin et espérons y arriver dimanche dans la matinée ; Avant cela, plusieurs interventions sont prévues dans la région, avec dédicaces çà la librairie des Bauges (jeudi à 15h00) et conférences de presse à Albertville et Beaufort. Nous assisterons également à une collecte de sang à Moutiers jeudi matin.
Nous avons donc posé les vélos à Albertville pour quelques jours. Nous nous préparons maintenant pour l’ascension du Mont Blanc. On vous racontera tout cela à notre retour lundi matin. Une chose est sûre : là haut, il fera plus frais !
PS : petit avant gout de l'étranger qui se profile : l'accent savoyard a une couleur outre-frontière savoureuse !
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