De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)
Esfahan - Yazd
du 22/11/2010 au 28/11/2010
- nombre de km prévus : 350
- nombre km effectifs : 359
- temps prévu : du 22 au 28 novembre
- temps effectif : 26 heures
Hors piste dans le désert.
Marion
Nous restons quelques jours à Esfahan, le temps de nous reposer, de découvrir la ville, la place de l'Iman et ses vieux ponts. Ce petit séjour aura été riche en rencontres puisque nous retrouvons notre ami Gaël (parti de France il y a plus d'un an) et son amie Farnaz ainsi qu'une dizaine de cyclotouristes ! Parmi tous ces fous du vélo, nous rencontrons Julia, une française partie de Chambéry et c'est pour moi un vrai bonheur de pouvoir partager quelques instants avec elle. Dans ce voyage les présences féminines sont assez rares et pourtant si appréciables.
A Esfahan, nous avons aussi un rendez-vous à ne pas manquer...dimanche, à 23H30, la billeterie de la coupe du monde de rugby ouvre ses portes pour le match France/ Nouvelle-Zélande. Nous sommes dans les premiers à nous connecter et vu la somme débitée sur notre compte, nous pensons avoir les places !
Le lendemain matin, nous retrouvons Gaël et Farnaz et partons tous les quatre en direction de Yadz, ville située à 350 Km à l'est. Après une première journée de 86 Km, nous sommes épatés par Farnaz qui nous disait ne pas pouvoir rouler plus de 50 km par jour. Afin d'éviter une grosse route, nous décidons de prendre une piste à travers le désert. Si Julien a déjà pédalé dans des déserts en Amérique du sud, c'est pour moi une première expérience. C'est un mélange d'excitation et d'incertitude qui m'habite. Cette idée m'enchante mais une forte douleur au niveau d'une côte me fait un peu appréhender la piste.
L'expérience du désert est intéressante même si je m'attendais un peu à autre chose. Cela est peut-être dû au fait que nous sommes quatre et que nous ne nous sentons pas si loin de tout. Toutefois, la plénitude des paysages arides et les longues lignes droites laissent l'esprit vagabonder. Mais par moment, la piste laisse place à de la tôle ondulée qui me déchire la poitrine, me ramenant vite à la réalité.
J'avoue ne pas être totalement rassurée pour cette première nuit loin de tout et la rencontre d'un chacal à côté de notre tente me fait d'abord frissonner avant de pourvoir l'admirer.
Après quatre jours, la piste a laissé place à l'asphalte pour mon plus grand bonheur et celui de Farnaz aussi. Les mêmes lignes droites, dans le même décor nous semblent beaucoup plus simples. Une légère brise dans la figure, mes jambes se sont mise à pédaler toutes seules. Gaiement j'ai slalomé entre les pointillés de la ligne du milieu, le cœur léger, contente de retrouver cette sensation de liberté que seuls les hommes volants peuvent comprendre. Le temps d'un instant je me suis cru en l'air, avec mon père, au commande d'un ULM ou d'un parapente.
A Yadz, nous avons retrouvé bon nombre de cyclotouristes. Arnaud et les kiwis, Julia et son compagnon de route Ivan. Nous rencontrons aussi un couple de français très sympa, Ingrid et Luc, qui nous indiquent des dunes...
Ma côte étant douloureuse lorsque je respire, que je tousse et que Julien me compare à un semi-remorque voulant faire demi-tour en plein centre ville, à chaque fois que je veux bouger dans la tente, nous décidons d'aller à l'hôpital. Là, un vieux médecin écoute mon coeur et me dit qu'il n'y à rien. On lui explique que j'ai un point sensible, bien précis sur une côte. Il m'envoie donc passer une radio. Celle-ci est prise de dos alors que j'ai mal devant et on ne voit absolument rien. Après l'avoir regardée une demie seconde du mauvais coté, le médecin me dit qu'il n'y a rien et que j'ai dû attraper froid !!!
Yadz est aussi pour nous le moment de renouveler notre visa qui va bientôt expirer. Nous tournons en rond une heure avant de trouver le bureau. En effet, celui ci a déménagé et nous voyageons avec un guide de 2005...ça n'aide pas ! Nous obtenons facilement (en 24h) une extension de visa d'un mois, moyennant 20 dollars chacun.
Il nous en coûte un peu plus lorsque nous craquons pour un beau tapis persan...









