De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Molesworth Station

Christchurch - Wellington photos de cette étape

du 19/01/2012 au 27/01/2012

  • nombre de km prévus : 400
  • nombre km effectifs : 424
  • temps prévu : 32 heures
  • temps effectif : Du 19 au 27 janvier 2012
ChristchurchReconstructionou démolitionLes parkings ont pris la place des batiments effondrés.Nos hôtes à Christchurch100 dons, well done !IMG_5501

Molesworth Station

C'est à Christchurch qu'est organisé le premier réel évènement lié à une collecte de sang. Au centre de transfusion, nous faisons connaissance avec Kevin, donneur assidu depuis plus de vingt ans. Aujourd'hui, il effectue son centième don. Il nous explique que cela a toujours fait partie de sa vie et de son emploi du temps, et qu'il motive aussi ses collègues et amis à faire de même. Il travaille dans la reconstruction de la ville, qui a subi de graves dommages suite aux nombreux tremblements de terre des deux dernières années. Le centre ville est interdit au public ; de nombreux bâtiments ont été rasés et transformés en vastes parkings, la plupart des monuments « historiques » sont gravement endommagés.

 

Le don de plasma nécessitant plus de quarante minutes, nous laissons Kevin dans les mains des infirmières et repartons sur les routes. Nous mettrons deux jours pour arriver à Hanmer Springs, une petite ville réputée pour ses bains d'eau chaude naturelle. Si le beau temps nous a accompagné jusqu'ici, il pleut le jour où nous arrivons ; le temps est idéal pour profiter des bains, où l'eau à 40°C nous réchauffe alors que la pluie refroidit l'atmosphère. Le temps est moins idéal pour faire du vélo, à en croire la famille de Français qui doit quitter Hanmer Springs aujourd'hui...

A Hanmer Springs, nous profitons, pour la première fois depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande, d'un backpacker, une auberge de jeunesse. La nuit nous est offerte par YHA (Youth Hostel Association) en échange de notre histoire qu'ils publieront dans leur revue; En échange de la rédaction d’un article de 500 mots, nous profitons d'un lit confortable, d'une cuisine et d'une douche chaude. C'est un échange de bons procédés.

En nous baladant dans les rues de cette bourgade, nous découvrons, surpris, un phénomène unique au monde. Et cette fois-ci, c'est nous qui l'affirmons, tant la surprise a été grande. En face de chaque passage piéton est écrit en gros caractère blancs : « Pedestrians, give way » (piétons, cédez le passage). Hanmer Springs doit être la seule ville au monde où il est demandé aux piétons de céder le passage aux voitures sur les passages piétons... Une question nous vient alors à l'esprit : pourquoi avoir fait des passages piétons ? Nous poserons la question à la municipalité ! Nous pouvons aussi voir des publicités vantant la gastronomie locale : « Gurmet Burger ». Un sandwich trois étoiles, très peu appétissant...

Nous faisons le plein de nourriture (pas de burger pour nous, simplement des pâtes, du pain fait maison, des fruits et légumes et quelques paquets de biscuits) pour quatre jours. Toujours conscients que notre chance de survie augmente lorsque nous nous éloignons des axes routiers, nous avons décidé de traverser la Molesworth Station, la plus grande ferme de Nouvelle-Zélande. Sur les 180.787 hectares, plus de 10.000 bovins y sont élevés. Une route, construite initialement pour la ligne haute tension permettant de conduire l'électricité produite dans les barrages du sud jusqu'à l'île du Nord, traverse cette immense ferme du sud au nord. Elle continue ensuite son chemin à travers d'autres exploitations presque aussi grandes pour rejoindre Blenheim, quelques 205 kilomètres de piste plus au nord.

Le soleil est de retour pour le grand départ. Un col plutôt raide nous permet de basculer dans un paysage de vallées glaciaires. Dès lors, la piste suit la rivière et les lignes haute tension à travers des paysages grandioses. Nous sommes cependant contraints de nous arrêter après 30 kilomètres le premier jour. L'exploitation est en partie gérée par le DOC (Departements of Conservation) et un garde nous interdit de poursuivre notre chemin en nous expliquant qu'il est interdit de dormir dans l'exploitation. Nous devons donc passer la nuit dans un camping rudimentaire installé à l’entrée de la ferme, et nous devrons le lendemain rejoindre le deuxième camping situé à la sortie de l'exploitation, 60 kilomètres plus loin. Les paysages que nous découvrons le deuxième jour sont tout aussi beaux que ceux du premier. Le troisième jour, un relief très vallonné nous permet de changer de paysage. Les vallées glaciaires, plates, ont disparu et laissent place à un paysage beaucoup plus montagneux où les buttes et sommets à-pics se succèdent à l'infini. Après 80 kilomètres, alors que nous avons retrouvé le bitume depuis peu, nous nous arrêtons devant une maison pour nous renseigner sur une aire de repos où nous pourrions planter notre tente. Après nous l'avoir indiquée, notre interlocuteur revient finalement vers nous et nous offre une autre possibilité pour la nuit :

- Vous avez assez pédalé pour aujourd'hui, suivez-moi.

Près de la maison, un petit appentis abrite un lit, une cuisine et des toilettes. Dans un coin, des caisses de vin sont entassées avec le plus grand soin.

- Faites comme chez vous, nous dit notre hôte.

Jane et Peter cultivent 13 hectares de vigne. Comme tous les viticulteurs de cette région du Malborough, ils produisent principalement du Sauvignon blanc, un vin qui en moins de trente ans a acquis une réputation mondiale, devançant parfois celle de ses homologues français. Le vin qui nous est servi ce soir mérite, sans aucun doute, toute notre attention, et coule sur notre palais en y laissant une douce empreinte.

Nous nous endormons donc sous un toit, heureux de constater une fois de plus que l'hospitalité kiwi n'a pas pris une ride depuis mon premier séjour dans le pays.

Enfin, un dernier col nous permet d'arriver à Blenheim où nous sommes accueillis par un couple de cyclites faisant partie du réseau « warmshowers », qui consiste à accueillir chez soi d'autres cyclos de passage. Une belle manière de terminer cette petite aventure à travers la montagne néo-zélandaise, et plus largement notre séjour dans l'île du sud.

En respirant l'air de cette montagne, en regardant les larges vallées glaciaires, en observant les sommets, parfois enneigés, nous dominant, nous avons souvent pensé que cette route fait partie des plus belles que nous ayons vues depuis notre départ. Nous avons alors établi un classement des plus beaux lieux traversés. En première position, nous plaçons la vallée d'Howraman en Iran. Vient ensuite le désert de Kaluts, toujours en Iran. La piste que nous empruntons maintenant prend alors la troisième place, suivie par la route longeant le lac de Pukaiki (en Nouvelle-Zélande). Pour la cinquième position, nous avons de la peine à nous décider entre les dolomites italiennes, la route au sud de Louang Prabang au Laos et la route menant au lac de Blidinje en Bosnie.

Ce classement, très arbitraire, révèle deux éléments du voyage assez intéressants. D'une part, l'Iran a bien été le plus beau pays que l'on ait traversé, suivi de la Nouvelle-Zélande. D'autre part, les routes que nous avons le plus appréciées sont celles qui nous ont permis de sortir des sentiers battus. Howraman, les Kaluts, Molesworth, et Blidinje sont situés dans des endroits reculés, où peu de touristes ni de locaux se rendent. Le fait de voyager à vélo nous a permis de prendre le temps de savourer ces endroits inconnus de la plupart. A noter que toutes ces routes ont nécessité une dépense d'énergie importante. La montée sur le lac de Blidinje a été la journée la plus dure de notre voyage, la vallée d'Howraman s'est accompagnée de douleurs et de larmes. Pour revenir du désert de Kaluts, il aurait fallut que l'on regrimpe les 2000 mètres de dénivelé que nous avions descendu ; par bonheur un chauffeur de camion a chargé les vélos sur son tas de foin. La traversée des Dolomites nous a obligé à grimper 4 cols alors que la route au sud de Louang Prabang a été elle aussi, très vallonnée. Quant à Molesworth Station, les 4 jours de pistes nous a obligé à gravir 3000 mètres de dénivelée.

Trente kilomètres plus au nord, nous arrivons à Picton. De là nous prenons un ferry pour Wellington. Après avoir passé près d'un mois et demi dans l'île du sud, nous la quittons à bord d'un bateau de la compagnie « Bluebridge ». Le ciel est gris ; un signe pour nous dire qu'il est temps de partir après en avoir bien profité. Contre toute attente, nous avons eu une météo très favorable et n'avons eu que deux jours de pluie alors que nous en attendions bien plus. Nous avons arpenté cette île du nord au sud, puis du sud au nord, visitant beaucoup de sites touristiques et profitant aussi de quelques virées loin de tout. La beauté de cette île nous a enchanté et ces 6 semaines ont récompensé nos efforts fournis pour parcourir les 20.000 kilomètres nous séparant de la France. Il nous reste encore deux semaines de vélo. Nous espérons que la météo sur l'île du Nord va s'améliorer (selon nos amis habitant à Auckland, il n'a pas cessé de pleuvoir depuis le mois de décembre). Après une petite pause chez nos amis à Wellington, nous prendrons un bus pour Napier, puis Gisborne. De là nous reprendrons les vélos pour longer la mer le long de l'East Cape (qui s'annonce très vallonné) et arriver à Tauranga le 10 février. De là, une dernière ligne droite nous conduira directement à Auckland.

Nous vous donnerons quelques nouvelles d'ici là.

A bientôt

Julien

 





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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