De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Otago Railwat trail

Cromwell - Dunedin photos de cette étape

du 02/01/2012 au 06/01/2012

  • nombre de km prévus : 300
  • nombre km effectifs : 285
  • temps prévu : 21h00
  • temps effectif : du 2 au 6 janvier
Separations avec Ca;ille. Nous troquons notre voiture contre les velosUn lac entre Cromwell et ClydeIMG_0008La saison des abricots a debuteIMG_0015IMG_0016Otago rail trail.

Otago Railwat trail

Le 1er de l'an passé, René nous quitte pour poursuivre son tour du monde. Nous le reverrons en France dans trois ans si tout se passe bien pour lui. Pour l'instant il s'engouffre dans un bus en direction de Fox Glacier. Quant à Camille, il nous conduit pour ce qui sera nos derniers kilomètres à bord de notre voiture. Trente kilomètres au sud de Wanaka se situe le gros village de Cromwell. De là nous devons prendre la route nous conduisant à Clyde alors que Camille remonte au nord en direction de Christchurch, Wellington puis Auckland. Départ prévu pour la France le 8 janvier.

Nous nous étreignons une dernière fois. Même si l'émotion est là, comme à chaque fois que nous quittons des membres de nos familles respectives, nous savons cette fois-ci que les séparations ne seront pas longues : dans deux mois jour pour jour nous serons en Auvergne.

Nous retrouvons donc nos vélos avec joie même si des sentiments bizarres nous habitent. Cela fait 4 mois que nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande. Si nous avons tout de même parcouru plus de 1000 kilomètres dans ce pays depuis notre arrivée, aucun n'a été fait ainsi chargés et nous avions oublié à quel point nos vélos étaient lourds. Nous sommes au début d'une longue ligne droite de 2000 kilomètres, la dernière nous dit-on. Au bout, c'est la fin du voyage. On se dit alors qu'il nous faut en profiter à fond pendant les dernières semaines qui viennent. C'est ce que nous allons tenter de faire même s'il est vrai que notre tête est déjà un peu en France...

Les premiers kilomètres nous permettent de revenir rapidement à la réalité du voyage à vélo qui a quelques désagréments spécifiques à la Nouvelle-Zélande. D'une part, la circulation est assez importante et nous remarquons que les kiwis n'ont toujours pas pris de bonnes résolutions quant à leur conduite. Certains nous frôlent dangereusement, aucun ne ralentit en nous doublant. Cela est d'autant plus fâcheux que, comme en Australie, les bords de route sont encombrés par des débris de verres provenant de bouteilles de bière jetées par les automobilistes. Nous devons éviter la crevaison de peu, plusieurs fois, et cela nous oblige parfois à faire des écarts sur la droite, plus près des voitures. Enfin, nous retrouvons aussi le vent fort qui nous vient de face pendant les trente premiers kilomètres. Même si le relief est relativement plat, nous peinons à avancer.

A partir de Clyde, nous laissons de côté nos deux premiers ennemis (les automobilistes et les morceaux de verre) et gardons avec nous le vent qui, cette fois-ci, nous vient de dos. Ici débute l'Otago Rail trail, une ancienne voie de chemin de fer aménagée pour les cyclistes. Les rails enlevés, des aménagements ont été fait pour le confort des cyclistes sur 150 kilomètres. Chaque année, ils sont 10.000 à parcourir ce chemin en partie ou dans sa totalité. Nous en faisons partie cette année. La route s'élève en pente douce jusqu'à son point culminant à 618 mètres d'altitude, puis redescend avec la même déclivité jusqu'à Middlemarch. Deux jours nous sont nécessaires pour venir à bout de ce chemin qui est certainement la meilleure méthode pour traverser le sud de l'île de l'ouest à l'est et vice versa. Nous partageons le chemin avec de jeunes cyclistes en herbe et leurs parents, des cyclotouristes au plus ou moins long court, des amoureux en balade ou des vttistes pressés. Tout ce beau monde se croise ou se double dans un cadre apaisant et calme, loin de la circulation et de la civilisation. Par contre, si nous étions habitués jusqu'ici à découvrir une Nouvelle-Zélande verte, ici les paysages sont grillés par la sécheresse. L'herbe jaunie est parfois rare là où d'étranges rochers couvrent la montagne, donnant un aspect désertique aux paysages traversés.

Etant attendus par le Rotary Club le 5 janvier à Dunedin, le temps nous manque pour poursuivre notre route à vélo. Nous nous arrêtons donc 20 kilomètres plus au sud de Middlemarch, là où le train touristique « Taieri Gorge Railway » fait demi tour pour repartir sur Dunedin situé 56 kilomètres plus loin. Ce train est la grande fierté de la région, la plus grande attraction de Dunedin nous dit-on. C'est aussi, selon les kiwis, « one of the world's great train trips » (un des plus beaux voyage ferroviaire au monde). Encore une activité qui ne déroge pas à la règle kiwi qui consiste à dire qu'ils sont les meilleurs du monde. Peu convaincus par l'appellation (nous commençons à être habitué par cette mauvaise manie) nous montons tout de même dans le train pour arriver plus vite et plus facilement à Dunedin. Certes, les gorges sont belles et profondes et le train serpente entre ponts et tunnels sur les flancs des montagnes. De là à en faire un des plus beaux au monde, il ne faut peut-être pas exagérer. D'ailleurs, en regardant autour de moi, je me dis que ça ne doit pas être si spectaculaire : mon voisin de droite, un jeune asiatique, dort profondément ; ma voisine de gauche, une cyclotouriste fatiguée par 4 mois de repos, ne semble pas mieux éveillée.

Diana et son mari nous accueillent chez eux pour une nuit à Dunedin. Tous deux sont membres du Rotary Club. Ils auraient voulu organiser une collecte de sang pour notre passage, malheureusement tout le monde est encore en vacances. Ils se contentent de nous offrir une douche et un lit confortable, en plus d'un repas arrosé de vins néo-zélandais savoureux. Nous passons avec eux une agréable soirée, profitant de la gentillesse de ces Kiwis.

Le lendemain nous reprenons les vélos pour quelques tours de pédales sur la péninsule d'Otago. Là, se trouvent les pingouins les plus petits du monde et aussi la seule colonie d'Albatros au monde vivant sur terre. Il doit sûrement y avoir d'autres choses uniques au monde, comme par exemple l'extrémité d'une péninsule la plus ventée au monde, ou bien le droit d'observer des oiseaux les plus chers au monde. Mais restons modestes et n'en parlons pas trop. Cela dit, les 45 $NZ demandés pour observer les Albatros sont rédhibitoires ; nous nous contentons de les observer, alors qu’ils dessinent des cercles dans les aires, au loin...

Cette petite virée nous permet de prendre conscience que le vent sera l'ennemi numéro un de Marion. Pourquoi simplement de Marion allez-vous me demander ? Le vent ne souffle-t-il pas de la même façon pour tous les deux. Bien sur que si ! Mais nous avons constaté qu'il ne commence à souffler qu'à partir de 9h00 du matin, parfois un peu plus tard. Ainsi, si nous voulons l'éviter, il nous faudra nous lever à l'aube pour profiter du calme matinal. Et c'est bien connu, se lever tôt n'est pas le fort de Marion !

Finalement nous échouons dans un camping à Dunedin pour une petite journée de repos. Même si la reprise a été difficile, les prochains jours s'annoncent assez tranquilles puisque nous avons de petites étapes à parcourir avant d'arriver à Christchurch autour du 20 janvier. C'est sûrement de cette ville dévastée par les tremblements de terre que nous vous donnerons d'autres nouvelles.

A bientôt

Julien





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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