De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Au rythme du hamac

Phitsanulok - Ban Huak photos de cette étape

du 05/04/2011 au 10/04/2011

  • nombre de km prévus : 500
  • nombre km effectifs : 437
  • temps prévu : Du 05/04 au 10/04/2011
  • temps effectif : 27h30
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Au rythme du hamac

Après deux étapes de 100 kilomètres, nous ralentissons notre allure comme la montagne se présente à nous. Petite montagne certes, mais la chaleur faisant, elle devient infranchissable l'après midi. C'est pour cela que le troisième jour nous décidons de nous arrêter après 60 kilomètres. Il n'est pas encore midi mais nous sommes déjà dégoulinants de sueur. Ayant compris qu'en Thaïlande, chacun fait sa vie tout en souriant à son voisin, nous nous installons pour dans la cour engazonnée de l'école du village, sous les regards discrets du voisinage. Après de longues minutes, un groupe de cinq enfants vient en observation, l'air de rien. Ils nous tournent autour avec leurs bicyclettes, prenant soin de garder une distance de sécurité suffisante, soit plus de cent mètres. Distance qu'ils gardent pendant plus d'une demi heure malgré nos sourires. Puis un adolescent moins timide que les autres vient à notre rencontre pour savoir si nous ne manquons de rien. Il habite juste à côté. Les autres en profitent pour s'approcher de nous, mais courent se cacher dès qu'on souhaite les prendre en photo. De toute évidence, les Thaïlandais sont à l'opposé des Indiens pour ce qui est de leur comportement vis à vis des étrangers !

 

Nous passons la grande partie de l'après midi seuls, lisant tranquillement nos livres et faisant des bribes de siestes. Avant de nous diriger vers un restaurant, nous allons prendre la douche chez notre voisin, heureux de pouvoir nous rendre service. La douche est froide, une grande qualité par ces températures. Au restaurant, un groupe de femmes décapsule les bouteilles de bière plus vite que leur ombre et les vident dans la plus franche rigolade. Cela fait si longtemps que nous n'avons pas vu de femme boire de l'alcool (mis à part Marion) que tant de débauche nous fait sourire.

 

Finalement nous nous faisons intercepter par un homme en scooter (car lorsqu'ils ne sont pas en 4x4, ils sont justement en scooter) qui nous conduit, presque de force, au temple proche, nous garantissant une nuit bien meilleure que sous notre tente. Le moine est tout heureux de nous accueillir et chacun de nos gestes le fait rire aux éclats. Il ne semble pas avoir respecté tout les préceptes du bouddhisme, dont le cinquième qui dit, je cite : « tu ne consommeras point de boissons alcoolisées ni de drogues ». Son haleine traduit son pêché ; il est ivre. Au moins il a l'alcool joyeux, ce qui n'est pas complétement déplaisant.

 

Le lendemain nous faisons à nouveau une courte étape. Après 66 kilomètres assez vallonnés, nous pénétrons dans le village de Tha Fa Ta. Ici, c'est le pompiste qui fête sa crémaillère. En guise de convives, un groupe de Thailandais est occupé à remplir d'un liquide suspicieux une quarantaine de bouteilles de bière dont on les soupçonne de les avoir consciencieusement vidé dans leur gosier juste avant de nous héler. Tels des hommes du désert qui boivent de thé brûlant pour se désaltérer, ils s'évertuent à consommer des boissons à températures ambiantes. Ils sont donc passé de la bière au « whiskey thaïlandais », 40°. Température ambiante vous dis-je. Nous leur sortons alors notre prune maison qui, avec ses 50° est un grand cru réservé pour les jours d'extrême chaleur. Nos convives, joyeux comme des thaïlandais, mais ivres en plus, nous affirment que leur boisson maison ne fait pas mal au crane. Mais ne sachant pas si elle nous aidera à pédaler davantage, nous préférons les laisser à leur beuverie et préférons nous rafraichir dans une rivière.

 

Cela fait depuis la baie de Kotor (Monténégro) que nous ne nous étions pas baignés ainsi. Quel bonheur, même si le bikini est toujours à proscrire pour Marion qui doit se contenter d'une baignade en short et en brassière. Les mœurs ne sont pas encore totalement libérées ici, même si, au vue des nombreux shorts mini mini courts le bikini devrait bientôt faire son apparition dans les villages reculés de la Thaïlande, persécutés entre tradition et modernisme.

 

Une fois sortis du bain, nous devons refuser une dizaine de fois du whiskey à des hommes sortant d'une autre fête que celle du pompiste. A croire que tout le village, que dis-je, toute la Thaïlande est saoule en cette période estivale. Boire pour oublier la chaleur qui vous paralyse. Tout le monde s'obstine à nous proposer encore et encore ce whiskey thaï, délicieusement sucré. Traître de boisson qui doit vous faire tomber sans avis de passage. Nous nous gardons bien de leur dire que nous en avons un litre dans notre sacoche – cadeau du pompiste – et préférons trancher une pastèque en seize morceaux rafraichissants.

 

Une autre étape nous permet de rejoindre Chiang Kham où terrassés par la fatigue plus que par le whiskey, nous nous écroulons dans la chambre d'un hôtel aux couleurs chatoyantes. Puis nous gagnons le lendemain le petit village de Bam Huak, situé à trois kilomètres seulement de la frontière avec le Laos, et au début d'une des routes les plus belles de Thaïlande à en croire le Lonely Planet. Seulement nous devrons attendre un peu avant de voir cette route. Car nous sommes accueillis par Surasak, un cinquantenaire qui ne fait pas son âge et qui, lorsqu'il ne peint pas dans son studio à Chiang Mai, passe sont temps avec sa maîtresse dans ce petit village. Il va aussi de temps en temps en Europe pour y voir sa femme, quand même. Cet homme souriant nous invite donc chez lui, ou du moins chez sa maîtresse pour le temps que nous voulons. Il nous conseille les services d'une masseuse qu'il juge excellente. Marion ayant déjà eu un massage dès notre arrivé ici, je me laisse tenter, puis torturer sous les pouces, les coudes et les pieds de ladite masseuse. Car je massage tha, répétons le, n'a rien d'une douceur. Complice de ma douleur, ma tortionnaire appuie exactement là où ça fait mal, et l'heure de massage me paraît longue, mais longue ! Depuis notre arrivée en Thaïlande, Marion aimerait faire une formation de massage thaï. Notre masseuse lui propose de lui inculquer les rudiments dans deux jours. Une journée de formation devrait suffire pour une première approche. Bien sûr, il faut un cobaye. Je passe donc la matinée de la deuxième journée de soi disant repos entre les mains de deux femmes qui, on pourrait en jurer, en ont contre la gente masculine. Je laisse le soin à notre hôte de nous remplacer pour la seconde partie de la journée. Après tout, c'est lui qui raffole des massages !

 

Demain nous reprenons la route, enfin, pour gagner le Laos en deux jours. Nous lutterons s'il le faut contre les Thaïlandais voulant être trop accueillants, car il nous faut maintenant avancer si l'on veut arriver à temps pour la coupe du monde en Nouvelle-Zélande ! En tous les cas cette première semaine de pédalage nous a redonné le goût au voyage. Il est vrai que les Indiens nous ont fait douter sur notre capacité à poursuivre le voyage. Pendant de nombreuses semaines nous nous étions demandé si nous n'en avions pas assez de voyager, et voyons en nous des voyageurs éreintés, nerveux, hautins. Mais en fait les thaïlandais rendent le voyage nettement plus facile et agréable. Ils se comportent avec nous comme le font la plupart des gens, mis à part les Indiens. Alors nous nous plaisons à leur sourire, à leur parler (avec les moyens du bord, le thaïlandais étant incompréhensible et imprononçable), à répondre à leur question ou à nous faire prendre en photo. On se laisse inviter en toute innocence et partageons ainsi des vrais moments de partage, de rencontre, comme jamais, ou très rarement, l'Inde nous en a offert. C'est donc avec un grand, un immense soulagement, que nous constatons que nous sommes encore bons pour le service. Merci à tous les Thaïlandais qui nous ont souri jusque là, et aux prochains qui le feront encore !

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  Ont aidé au financement de cette étape :
Bistrot l'Ecir et l'Angélique - Brion haut - 63610 COMPAINS - http://www.ecirangelique.fr






Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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