Tour d'Europe 2004 (5433 km) acheter le livre

Journée casse pattes dans les vallées alpines

Rémuzat - Briançon

le 22/06/2004

  • nombre de km prévus : 143
  • nombre km effectifs : 167
  • temps prévu : 6h15
  • temps effectif : 7h45

Journée casse pattes dans les vallées alpines

 

Aujourd’hui, c’est le bruit de la pluie sur la tente qui nous réveille. Journée pas très ensoleillée en perspective. On se prépare donc pour le départ de la quatrième étape : bas et veste en Gore Tex, k-way et motivation. Finalement la pluie cesse assez rapidement, mais les nuages couvrent tous les pics censés nous surveiller. On se faufile alors dans les gorges de l’Eygues jusqu’à Rosans. A partir de là, nous longeons le ruisseau de Blème, jusqu’à Serres, puis le Petit Buëch pour rejoindre Gap (photo 3 et 4). Le parcours est vraiment casse patte, avec une succession de petites montées et de trop petites descentes. Les paysages ne sont pas des plus transcendants, ce qui rend le trajet encore plus long. Nous nous arrêtons à Gap, préfecture des Hautes Alpes, à 12H30. Les 85 kilomètres parcourus ont été très fatigants. Comme d’habitude, nous prenons un petit sandwich pour caller l’estomac et reprendre des forces. Nous ne mangeons pas beaucoup le midi pour faciliter la digestion et soigner notre porte monnaie. Le repas du soir étant en revanche plus copieux.

Nous quittons cette petite ville sympathique à 13h30, sous le soleil. Direction Briançon. Nous arrivons au bout de 20 kilomètres à Chorges (photo 5). Dès lors, le décor est à la hauteur de nos attentes. Les Alpes dans toutes leurs splendeurs ! Nous retrouvons une vieille connaissance avec le lac de Serre Ponton (photo 6 à 9), qui s’étale jusqu’à Embrun. Deux cyclistes hollandais m’accompagnent pendant une dizaine de kilomètres jusqu’à Savines le lac. Ca fait du bien de s’abriter derrière des roues ! Eux sont à Embrun et sont venus ici pour monter plusieurs cols, comme l’Izoard. Je leur explique que nous faisons le Tour d’Europe, et que nous serons chez eux à la fin du mois de juillet. J’ai le plaisir de voir qu’ils parlent bien français. Si c’est le cas pour tous les hollandais, ça nous arrangerai ! Ils sont surpris de voir que je n’ai pas de valises sur le vélo. Un seul maillot pour tout le Tour ?! Eh non, j’ai mon ami qui me suit en moto !! Ils ne verront pas Fabien qui est parti de Gap une heure après moi, le temps d’actualiser le site, pour nos concitoyens impatients d’avoir de nos nouvelles ! Nous nous retrouvons à Embrun, où nous nous étions arrêté camper l’an dernier dans notre Tour des Alpes. Pour les sportifs de très haut niveau, cette petite ville est connue pour son triathlon marathon, qui se déroule chaque année le 15 août. Au programme : 3 kilomètres de natation pour s’échauffer, 180 kilomètres à vélo (dont la montée de l’Izoard par le côté le plus dur) pour se sécher, et un petit marathon pour bien dormir. Les participants démarrent à 7 heures le matin. Les premiers arrivent aux alentours de 16h, après 9 heures d’effort. Les derniers, quand les conditions climatiques le permettent, arrivent à 11 heures-minuit… Avis aux amateurs ! Pour moi ça ira ! Je préfère profiter du cadre resplendissant de cette ville, qui se situe un peu entre monts et mer…veilles, avec d’un côté le grand lac bleu Azure, et de l’autre les Ecrins où nous apercevons les premières glaciers de notre voyage. Ces derniers ont beaucoup soufferts l’an dernier à cause de la canicule. Nous suivons donc la Durance. Nous laissons à notre droite Guillestre, qui se trouve au pied de l’Izoard. Ce col mythique était au programme de notre Tour. Nous avons préféré l’esquiver pour regagner l’Italie sans encombre. Et puis de toutes façons, il est encombré par les nuages, alors nous n’avons rien loupé à le contourner par la vallée de la Durance, qui offre des vues magnifiques. Le parcours est cependant toujours aussi casse patte. A 15 kilomètres de Briançon, je me dis que on a fini l’étape, et que demain on est en Italie. C’est sans compter une dernière ascension juste après L’Argentière. J’l’avais pas vue sur la carte celle là !

Finalement nous nous arrêtons à 18h30 dans un camping, à 7 kilomètres de Briançon. Nous avons parcouru 167 kilomètres aujourd’hui, en 7h45. Le gérant nous demande notre nom : « Les Voyageurs au Grand Cœur ». Avec un beau nom comme celui-ci, ça vous fera 50% de réduction alors !!! Alors ça c’est cool ! Alors on remercie le patron du camping de l’Isle de Prelles et on va s’installer. Nous allons nous ravitailler à Briançon. Nous grimpons (en moto !) jusqu’à la cité Vauban. Nous choisissons une crêperie pour ce soir. « L’instant Gourmand » nous paraît faire l’affaire. Nous faisons connaissance avec les deux patrons, Emilie et Fabrice (photo 14), deux frères et sœurs de notre âge. La rencontre a été vraiment très sympathique et les crêpes très bonnes et consistantes ! Une bonne soirée quoi. Ca fait du bien lorsqu’après une journée de galère, on rencontre des gens de ce style, ouverts et conviviaux. Si vous allez à Briançon et que vous avez une petite faim gourmande, alors allez leur rendre visite dans la rue du Temple, juste à côté de la Collégiale Notre Dame, classée monument historique (photos 15 à 17).

Un dernier bain de pied pour soigner les tendons (qui se portent presque à merveille à présent !) et puis on va se coucher. Un dernier détail. Après les tendinites et la chute, aujourd’hui, c’est au tour des ampoules de m’embêter. A chaque journée ses douleurs. Mais celle là est plutôt sage. En revanche Fabien a toujours mal à son pied. Il prendra la temps de s’en occuper à Turin si tout va bien. Nous avons une petite étape de prévue pour demain (120 kilomètres), avec tout de même deux grosses ascensions (col du Montgenèvre (1854m) et montée sur Sestrières (environs 2000 mètres)… La descente sur l’Italie sera d’autant meilleure ! D’autant plus qu’un beau lit nous attend, réservé pour nous dans un bel hôtel par le Club Rotarien de Turin 45 parallèle… Ca va changer du sol caillouteux des campings !!

Petits détails techniques : nous n’avons pas toujours le temps de mettre le résumé de l’étape chaque soir. Nous aurions du embarquer Gérard Holtz pour cela, mais y avons pensé trop tard. Du coup ne vous inquiétez pas si les soirs à minuit vous n’avez toujours pas de nouvelles de nous. On a bien arrêté de pédaler, mais on dort ! De même pour les photos, elles peuvent arriver en retard par rapport au texte (comme c’était le cas pour l’étape d’hier). Surveillez tout ça de prêt pour ne rien louper ! Nous espérons que le voyage à travers notre périple vous est agréable. Nous essayons de concilier à la fois le côté « découverte » et également le côté « défi physique et équipage ». Ce n’est pas toujours facile de faire un mélange harmonieux, surtout après une dure journée de vélo (vous avez déjà vu un cycliste intelligent ?!!), mais on fait de notre mieux ! Dans tous les cas, continuez à nous écrire, ça fait super plaisir. Nous ne pouvons pas vous répondre pour l’instant car nous n’avons pas le temps, mais la journée de repos à Turin devrait nous le permettre !

A demain en Italie !!

Depuis le départ, nous avons parcouru 614 kilomètres en 27 heures et 50 minutes.