Cordillère des Andes 2007 (11200 km) acheter le livre

Arrivée en Amerique latine

Lima photos de cette étape

le 11/09/2007

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Arrivée en Amerique latine

Lima, 11 septembre, 22h45. Après douze heures de vol je suis en Amérique latine, près pour un nouveau voyage. Le carnet est blanc. Je dois coucher les premiers mots. Le moment est très émouvant car la première lettre signifie le départ. L.
L comme je me sens pousser des AILES. Des ailes pour survoler la Cordillère des Andes.
L comme ELLE, justement, la Cordillère des Andes, cette énorme montagne qui me fait rêver depuis deux ans. Car en effet, c’est bien plus qu’un voyage qui débute, mais un rêve qui se réalise. Un rêve grand comme une montagne qui s’appelle la Cordillère des Andes et qui longe tout un continent. Un rêve qui s’est murit lentement, qui s’est renforcé avec le temps et les voyages vécus. Un rêve né d’une rencontre, celle avec Christophe Vuillot à Auckland. En plein Tour du monde, Christophe revenait de six mois de voyage à vélo en Amérique Latine lorsque nous avons déjeuné ensemble sur le port d’Auckland. Rarement je n’ai vu des yeux aussi beaux que les siens. Un regard rempli de bonheur, qui en disait long sur le bonheur vécu le long de la Cordillère des Andes. Trois semaines plus tard je rencontrais Caroline à Gisborne. Elle revenait de un an et demi de vélo en Amérique Latine. Elle avait les mêmes yeux que Christophe, qu’elle avait d’ailleurs croisé quelque part en Argentine. Dès lors la jalousie me ronge : je veux les mêmes, j’irai en Amérique latine à vélo !

Evidemment, il n’était pas question pour moi d’y aller seul. Pas assez fou pensais-je ! Mais finalement, voyages après voyages, l’expérience augmente, le désir de solitude aussi. Deux ans après, je suis suffisamment fou pour partir seul, c’est mon désir le plus profond. J’ai donc quitté amis et famille après une semaine très courte et agitée passée sur les contreforts du Cézallier, entre coups de téléphone, rendez-vous et soirées arrosées.

Le trajet pour venir jusqu’ici a été mouvementé. J’ai dans un premier temps été conduit le 9 septembre par ma mère jusqu’à Béziers. Le lendemain, j’ai pris le train pour Madrid. En montant une femme m’insulte en me disant que je prends trop de place avec mon carton du vélo qui, calé dans un coin du train, ne dérange absolument personne. Madame, en regardant avec soin votre corpulence, mon vélo est en réalité bien moins encombrant que vous… A Perpignan, les contrôleurs me virent avec courtoisie, m’affirmant que leurs collègues espagnols ne me laisseront jamais continuer le voyage. A ma mère de rapatrier en voiture et de m’accompagner jusqu’à Madrid. Nous y arrivons le lendemain cinq heures avant le départ de l’avion. Alors que mon précédent voyage avec Alitalia avait été chaotique, celui avec Air Comet s’est très bien déroulé. Le vélo est embarqué pour seulement trente euros, et je retrouve tous mes bagages à l’arrivée.

A Lima, Rossana et sa sœur Esther m’accueillent. Ce sont les sœurs de Virginia, une péruvienne rencontrée sur internet et habitant maintenant aux Etats-Unis. Nous chargeons Teresa (mon vélo pour rappel !) sur le taxi d’Emmanuel et partons chez elles. Cette famille habite tout près de l’aéroport, dans la ville de Callao. Nous y sommes à minuit. Le trajet est terminé, je peux m’endormir tranquille. Enfin, presque. Deux heures plus tard alors que je m’apprête à aller dormir, épuisé par la longue route et par de longues conversations en espagnol, que je me rend compte de la perte de mon passeport. Ca commence bien ! Les appels au taxi et à l’aéroport restent stériles. Il me faudra aller à l’ambassade dès demain…

Autant dire que la nuit a été courte et mauvaise. La bonne nouvelle arrive entre une gorgée de yaourt et une bouchée de gâteau, à 10 heures du matin. Finalement le taxi a retrouvé mon passeport. Il me l’apportera lorsqu’il viendra me conduire pour ma prochaine demeure. Je quitte donc la famille de Virginia pour aller à la maison du Volontariat ou un groupe de jeunes français m’attend. Rossana m’accompagne jusqu’à eux. Sur le trajet je découvre un autre monde, celui de Lima, cette ville de 8 millions d’habitants en pleine effervescence. Les voitures, combis, bus ou camions crachent une pollution gigantesque. Ca pue, l’air est irrespirable. Les habitations marron s’épanchent sur les collines avoisinantes dans le plus beau des désordres. Le ciel est gris, dû à la pollution et à la situation côtière. Il est toujours gris m’explique Rossana, mais il ne pleut jamais. Quand a-t-il plu la dernière fois lui demandais-je ? En 1974 me répond-elle ! Je jubile. Tout est tellement différent de ce que j’ai pu voir jusqu’ici. Loin de l’Europe, des Balkans ou de la Nouvelle-Zélande, j’ai laissé derrière moi tous mes repères et je suis ici tel un gosse, à découvrir émerveillé l’environnement dans lequel j’évolue.

Pauline, Clément, Maxence, Victor et Clément me reçoivent à la maison du volontariat. Rossana m’abandonne ici. Cette première rencontre avec le Pérou et ses habitants a été très chaleureuse et instructive. Cette famille s’est occupée de moi et de mon passeport avec beaucoup d’énergie et de cœur.

Etudiants à Lyon, ils sont en stage ici dans la Congrégation du bon Pasteur. Cette congrégation, tenue par des religieuses souriantes, gère un foyer pour enfants, un centre de jeunes délinquants, un centre de jeunes mères et un orphelinat de séropositifs. Les stagiaires sont ici pour aider les jeunes à faire leurs devoirs l’après midi en attendant le retour de leurs parents. Ils ont trouvé ce stage par l’intermédiaire de marsha Brunelle, présidente de l’association « Pasaporte » qui a pour but d’aider les enfants d’Amérique latine. J’avais rencontré Marsha à Lyon lors d’un salon de voyage où elle m’a présenté son association.
La congrégation se situe dans le quartier « Serro del Pino », un des plus pauvres de Lima. Le bidonville s’étend sur les collines. Les maisons sont faites d’un peu de tout, mais surtout de rien. Au foyer, les enfants arborent un magnifique sourire. Très entreprenants et curieux, tous ses jettent sur nous avec entrain et joie. Brian me fait une visite du foyer. Sur la terrasse au troisième étage je découvre son quartier. Les plantes ne sont pas vertes mais marron, recouvertes par une quantité impressionnante de poussière.

La fin de journée se déroulera à l’Alliance française. Je dois y donner une conférence à 19h30. A 20h00 il n’y a toujours personne. Je m’en vais penaud et déçu…

Voilà en très résumé comment s’est déroulée ma première journée à Lima. Je vais rester ici quelques jours avant de pédaler. Teresa est prête. Elle a très bien supporté le voyage et languit de grimper à La Oroya. Dès la semaine prochaine les choses sérieuses commencent. Je dois grimper à La Oroya. Pour ce faire un premier col m’attend. Le Col de Anticona, à 4818 mètres, voilà la plus grosse incertitude de ce voyage. Comment vais-je réagir à l’altitude ? Je ne suis jamais monté plus haut que 2600 mètres, au col du Galibier, dans les Alpes françaises. Alors je me suis réservé une semaine pour y aller, le temps de m’acclimater en douceur pour ne pas souffir du mal d’altitude.

Je ne sais pas quand je vous réécrirai la prochaine fois. Peut être avant le départ, ou alors à la Oroya. Je n’ai plus qu’à vous souhaiter un bon voyage ! A ce propos, cette fois ci le voyage sera suivi de près par l'école primaire de Blesle, le collège Albert Camus à Clermont Ferrand et le Lycée agricole de Brioude Bonnefont. L'échange entre tout ce beau monde se fera sur le forum. Une raison de plus pour vous y inscrire et pour participer de manière active et intéractive à ce voyage !

Julien


 
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Prix public : 18 euros.
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