De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Bali la touristique

Permutaren - Ubud photos de cette étape

du 14/07/2011 au 22/07/2011

  • nombre de km prévus : 200
  • nombre km effectifs : 188
  • temps prévu : 13 heures
  • temps effectif : Du 14 au 22 juillet
réparations de fortune sur le derry...IMG_4118IMG_4121Plage du côté de Amedpetite lessive...IMG_4128Nouvelle plage près de Amed

Bali la touristique

Bali est notre dernière étape asiatique. Nous y allons avec un esprit partagé entre la joie d'y
retrouver des amis et l'anxiété de se trouver dans un lieu prisé par les touristes occidentaux.
Etant donné que nous sommes en pleines vacances scolaires en Europe, nous sommes ici en
pleine saison touristique. Après une traversée en ferry du détroit de Bali, nous longeons la
côte nord de l'île, allant de plage en plage, d'étape en étape. L'île nous déçoit, ou du moins ses
habitants. Que l'on soit à Permutaren, à Lovina ou plus à l'est sur la péninsule d'Amet, nous
ne trouvons aucune tranquillité et sommes considérés comme des distributeurs automatiques
de billets, des sacs de dollars ambulants, sans aucun autre intérêt que la richesse que nous
représentons. Nous regrettons de voir que partout, aucun balinais ne vient à notre rencontre
sans avoir pour but de nous soutirer de l'argent d'une manière ou d'une autre. Vendeurs
de montres, de lunettes de soleil, de massages, de fruits, de bracelets, de tours en bateau,
d'équipement de snorkeling. Tout y passe.

A Lipah, nous logeons dans une belle chambre à l'écart de la route qui, même si elle est petite
et sinueuse n'en reste pas moins bruyante et encombrée. Le deuxième soir, la patronne des
lieux qui passait par là pour aller nourrir son temple d'offrandes nous demande avec un large
sourire si nous sommes confortablement installés chez elle. Ce à quoi nous répondons que
l'endroit est parfait et reposant, chose rare en Indonésie. Nous pensons entamer une discussion
sur la pluie et le beau temps, la culture balinaise, la fragilité des coraux situés tout près de la
plage. Bref, échanger des propos entre hôtes et invités. Au lieu de cela notre dame souriante
poursuit la discussion ainsi :

- Peut-être voudrez-vous un massage ?

Rémunéré, bien entendu.

- Non merci, ça va pour nous.

- Ok, bonne soirée alors.

Pas d'argent à dépenser : fin de la discussion.

Le lendemain matin, alors que nous sortons de l'eau après une petite séance de snorkeling, un
jeune homme avenant vient à notre rencontre, les dents blanches éclatantes au soleil. Il me
tend la main en s'approchant de nous. Méfiant, je demande à Marion ce qu'il veut bien nous
vendre.

- Je m'appelle Yoman.

- Enchanté... Moi c'est Julien, et voici Marion.

- Nice to meet you.

-…

- Vous voulez faire un tour en bateau ?

J'éclate de rire. Il ne comprend pas alors je lui explique que, dès qu'il m'a tendu la main, je me
demandais ce qu'il avait à vendre, car ainsi en est-il des relations entre touristes et balinais sur
cette île.

- Non, c'est juste que nous sommes des gens sympas à Bali, et qu'on veut sympathiser avec les
touristes.

- Et leur vendre quelque chose. C'est systématique, symptomatique même ! Tu sais, si on a
besoin de faire un tour en bateau ou quoi que ce soit d'autre, on est assez grand pour venir
demander où on peut trouver de l'aide. On n'a pas besoin qu'on vienne nous déranger toutes
les cinq minutes.

Mais non, l'argent vient en second. D'abord l'amitié, me répond-il, un peu pris au
dépourvu.



Bien, alors résumons. Les balinais nous disent vouloir sympathiser. D'où le hello, les dents
blanches, la poignée de main, les « what is your name » et « nice to meet you » d'usage. Nous
voilà maintenant copains comme cochon, pas besoin d'aller plus loin dans ces banalités.
Ensuite vient le business. Bateau ? Montres ? Snorkeling ? Fruits ? Taxi ? Là ils sont plus
bavards. Mais alors mon pote, pourquoi nous vends-tu toutes ces choses trois fois leur prix ?
Je croyais qu'on était ami ? Tu nous a dit que tu étais quelqu'un de sympa ? Et tu passes ton
temps à escroquer tous ces gens à qui tu souris, nous les premiers. Pour sûr, je n'aimerais
pas compter dans mes amis des balinais, à moins de vouloir être dépouillé de mes fonds en
seulement quelques jours d'amitié. Car il semble que plus l'argent est dépensé (de la part
de l'étranger), plus l'amitié est forte (de la part du balinais). Et le plus désopilant dans cette
relation étranger-balinais, c'est de constater que les hôtes se foutent éperdument de la figure
de leurs invités. Dès que nous sortons des billets pour payer un met ou un service, nous
sentons le regard moqueur de celui qui le reçoit et de son entourage.

Quand ce n'est pas la moquerie, c'est le mépris. A Tulamben, une petite bourgade très
touristique, nous nous restaurons dans un des nombreux restaurants pour touristes. Les
prix y sont plus élevés que dans la rue et ne correspondent plus vraiment à notre budget de
voyageurs au long cours. Le serveur sert avec le dîner un sourire hypocrite à un couple de
touristes allemands commandant entrée-plat-dessert-vin. Nous qui ne commandons que le
plat le moins cher, un mie goreng (pates fries), nous avons à peine droit à un regard, et nous
sentons celui-ci plein de mépris. La preuve en est que l'argent prime avant tout. Est bien
accueilli celui qui dépense suffisamment d'argent. Pour les autres, les gueux comme nous, on
les sert comme on donne la pâtée aux chiens.

Alors, la situation n'est pas très confortable pour nous, et nous fuyons plus que jamais le
contact avec les locaux. D'ailleurs qu'ont-ils à échanger puisque leur seul intérêt est de
soutirer de l'argent aux occidentaux et de se moquer d'eux. Ils peuvent sortir l'argument
de la découverte de beaux paysages, de l'échange culturel ou autre. En réalité tout cela
ils s'en moquent. Lorsqu'ils terminent leur journée, ils doivent se plaire à raconter à leurs
amis (balinais) comment ils ont escroqué tel ou tel touriste, sans même se soucier d'où ils
viennent ni de leurs aspirations. De notre côté, nous faisons le bilan de nos journées en
faisant les comptes, en nous disant qu'un tel nous a bien eu, que nous avons bien esquivé les
effronteries d'un autre. Parfois nous rencontrons d'autres touristes et comparons le prix de nos
chambres, identiques : ils varient du simple au double, sans aucune autre explication que la
malhonnêteté. Que c'est beau l'amitié balinaise !

Pourtant, l'île est belle sur bien des aspects. Permutaren est réputée pour ses
coraux « artificiels » ainsi que son accès aux îles Manjangan, réputées comme le lieu où
les fonds sous marins sont les plus beaux de l'île. Nous n'y sommes pas allés et la mer était
démontée sur les plages de Permutaren. Plus loin, même si Lovina est un endroit fade sans
aucun intérêt, l'épave échouée à quelques mètres des côtes de Tulamben est tout autre. Un lieu
magique où il est permis à tout un chacun de nager au dessus de l'épave entourée de bancs
de thons et de poissons de toute beauté. Nombreux sont ceux qui plongent dans les entrailles
de l'épave et en ressortent enchantés. Puis la péninsule d'Amed, et plus particulièrement les
coraux de Lipah, sont également de toute beauté et méritent un détour. Ces différentes étapes
nous ont donc plu pour la découverte, justement, des fonds sous-marins. Par contre, comme
vous l'avez compris, la côte nous a fortement déplu pour ses habitants peu sympathiques.
Sans aucune hésitation, l'île de Ko Tao en Thaïlande était nettement plus paisible, chaleureuse
et accueillante que Bali. Sans parler du problème environnemental. Comme les Balinais
exploitent les touristes sans se soucier de leur confort, ils font de même avec les coraux.
Aucun panneau n'est là pour indiquer aux visiteurs de faire attention à cet écosystème fragile,
aucune personne ne les reprend lorsque certains se perchent debout sur les coraux; Pourquoi
les autochtones diraient-ils quelque chose aux touristes puisqu’ils font de même. Alors il est
à parier, pour notre plus grand malheur à tous, que ces coraux viennent à disparaître. Alors la
côte balinaise perdra le seul intérêt qu'elle a, et les habitants regretteront amèrement ce temps
où l'argent coulait à flot, dans la plus grande insouciance.

Nous quittons la côte pour notre dernière étape de vélo en Asie. Les 85 kilomètres sont
un peu à l'image de l'Asie : bruyants. Le flot incessant de voitures, motos et camions nous
accompagne jusqu'à Ubud. Là, nous nous arrêtons dans un endroit sympathique en marge de
la rue principale. Notre hôte est souriant, mais derrière ses dents blanches nous ne discernons
pas l'hypocrisie que nous avons vue chez tous ses concitoyens jusqu'ici. Le thé nous est offert
à notre arrivée, on s'enquiert de notre confort, l'endroit est calme. C'est donc ici que nous
attendrons nos amis Aurélie et Lionel qui nous viennent tout droit de Corrèze. Nous passerons
avec eux nos trois derniers jours sur le continent asiatique.



Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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