Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

Faux depart

Belgrade photos de cette étape

le 09/07/2007

  • nombre de km prévus : 81
  • temps prévu : 4h30
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Faux depart

Merci d'être là à lire ces quelques lignes. Votre présence m'encourage dans cette démarche. Je tenterai de faire de mon mieux pour vous conter l'aventure et pour répondre à vos questions. A ce propos, le forum a changé depuis l'an passé. Ainsi, tous ceux qui étaient déjà enregistrés l'an passé doivent le refaire maintenant. Je laisse le soin aux plus timides (Albert je pense à toi notamment !) à y laisser leur trace !
Pour ce qui est de l'actualisation, il est possible que j'ai plus de difficultés que les années précédentes à ajouter des photos, car j'ai du changer d'appareil photo et mon nouveau est bien moins pratique. Nous verrons à l'usage...
Pour ceux qui ne se sont pas procurés le dernier livre " Ballade cyclobalkanique", faites le avant de débuter ce tour !! Ma maman s'occupe des commandes, elle peut vous l'envoyer sans problème et dans le meilleur des délais ! Vous n'aurez ainsi rien loupé de toute l'aventure balkanique !
Enfin pour les anglophones, sachez que l'équipe de traducteurs s'est élargit à 7 membres actifs. Les traductions seront donc, comme les années précédentes, effectuées avec le plus grand soin et rapidement, pour que vous ne soyez pas trop en différé !

Dimanche 8 juillet

Faisons un voyage dans le temps

Il y a un an et deux jours. J'arrivai à Belgrade pour la première fois, déjà séduit par la Serbie après mon accueil très chaleureux à Novi Sad. Je fêtais ici mon anniversaire, un verre de vin croate à la main, trinquant avec Marija dans la cour de l'hôtel "Le Petit Piaf".

Il y a un an, je buvais quelques bières offertes avec grand coeur par Bane et sa bande de motards à Valjevo. Le coeur s'ouvrait, les sourires pleuvaient, l'amitié se liait. Le tout très simplement, sans ambiguïté, sans retenue ni crante. En toute franchise.

Il y a dix mois, le tour des Balkans se terminait à Ljubljana. 5300 kilomètres de bonheur à vadrouiller en Slovénie, Bosnie, Croatie, Serbie et Monténégro. Le lendemain, je prenais du service en tant qu'Assistant d'Education (pion) au collège Albert Camus, à Clermont-Ferrand. Deux classes de ce collège avaient suivi mon périple en Nouvelle-Zélande l'année avant et avaient écrit un carnet de voyage sur le mois et demi de vélo passé à découvrir ce pays du bout du monde. Etre surveillant dans ce collège a été une expérience très riche et forte. J'ai pu m'attacher avec certains élèves, comme ceux arrivant tout juste en France et ne sachant pas encore parler français, ou encore ceux qui savent vous dire "Merci" et "Bonjour" avec un sourire que seuls les enfants peuvent vous faire. "Merci", "bonjour", deux mots si simples qui pourtant semblent disparaître peu à peu de leur langage. Après tout, pourquoi rallonger inutilement les phrases dans un monde que l'on compose de SMS et de MSN ?
Mais aussi, arrivé avec plein de bons sentiments, j'ai rapidement été désemparé et maladroit devant des gosses (une minorité certes, mais cependant très présente et visible) ayant de gros manques de repères et/ou d'éducation. Certains m'ont d'ailleurs appris que le racisme n'a pas d'âge ni de couleur. Si, dans notre pays, il n'est reconnu que dans un sens, il existe bien sous plusieurs aspects. Etranger dans son propre pays, un comble pour un voyageur ! Je me force à croire que ce n'est qu'un défaut de jeunesse, que ces petites têtes brunes croisées dans les couloirs apprendront plus tard ce qu'est le respect de l'autre, la fraternité et la tolérance.
Une expérience riche et forte donc, tellement contrastée avec ce que je peux vivre sur mon vélo.

Il y a un mois, j'arpentais avec David Génestal et Amélie Lesaffre les Hautes terres du Cézallier. Tout au long de l'année, j'ai développé un club "vélo environnement" au collège pour tenter d'inculquer aux enfants quelques notions essentielles de respect de la nature. Ce club était orienté sur les déchets laissés sur les bords de route par les automobilistes irrespectueux. Cette activité s'est clôturée avec une semaine de vélo sur le Cézallier (dont une journée avec les élèves du collège A. Camus). Une semaine fabuleuse sur ce site exceptionnel (voir résumé sur http://j.leblay.free.fr. Une bonne mise en jambe avec 300 kilomètres effectués dans la semaine. Après dix mois d'abstinence, mes jambes ont enfin pu s'exprimer comme bon leur semblait. Les voilà déjà rendues en ex-Yougoslavie ! Ma tête les a suivi. Le retour au collège se fait sans d'autre envie que celle de repartir, vite ! Je me détache alors peu à peu des murs du collège et de tout ce qu'ils peuvent renfermer. Je redeviens misanthrope, à dose modérée mais suffisante. Sans doute une façon de se protéger de la solitude à venir.

Il y a huit jours, je rends les clefs de mon appartement. Me voilà de nouveau SDF. Enfin !

Il y a cinq jours. France 3 me contact pour faire un reportage. Je dois donc me présenter avec mon vélo (Teresa !) et mes bagages. Je jubile de le voir ainsi chargé, près à partir ! Ces bagages me font souvent pester dans une de ces nombreuses montées que je gravis, accablé par la chaleur, durant mes voyages. Mais là le plaisir est immense, car ils annoncent le départ, le vrai.

Il y a quatre jours, j'achète chez mon primeur mes premières pêches. Geste innoncent. A peine mes dents plantées dans la chair tendre, je me souviens. Je me souviens des routes de Slovénie ou de Bosnie, des haltes à l'ombre des arbres, des cueillettes sauvages, des abris de bois et des orages qui passent, de pont de Visegrad ou de la cathédrale de Zadar. Ca y est, mon estomac et mes papilles gustatives sont elles aussi rendues en Serbie ! Et pour confirmer cela, j'ai bu le même soir une pinte de bière de Maredsous (bière d'Abbaye belge qui, pour l'anecdote, est fabriquée là où j'ai rencontré deux semaines auparavant Son Altesse Royale la princesse Astrid lors de la journée mondiale du don du sang). Pêche et pivo (bière), gourmandise et ivresse : me voilà définitivement rendu dans les Balkans !

Il y a deux jours, j'ai fêté mon anniversaire. 26 ans. Cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas fait en France. Comme cadeau, je quitte mes collègues de bureau. La liberté, je la trouve en m'enfuyant en train à Paris où je retrouve ma soeur. Nous fêtons ensemble l'évènement en dégustant des oeufs de caille venus tout droit de Slovénie. Ca change du champagne !

Ce matin, j'ai pris l'avion à Paris Charles de Gaulle. A midi, j'étais à Turin. J'y ai retrouvé Sophie.Sophie était il y a quelques mois la comptable de la librairie de voyage " Raconte moi la terre" à Lyon. Cette librairie m'avait invité pour présenter mes voyages au salon de Mahana. J'avais alors trouvé cette comptable fort charmante. Elle a bien voulu se laisser séduire et la voilà donc prête à décoller pour Belgrade. Avant cela nous attendons notre avion en regardant la television : au programme, un test crash d'un avion militaire... C'est bien le moment !
Arrive a Belgrade : mauvaise surprise : le velo n'a pas suivi, et personne ne sait ou il se trouve. Nous devons donc patienter et regagnons l'Hotel Le petit Piaf ou Aleksandra, du Rotary club nous accuille. La, nous retrouvons Milan qui nous apporte le velo de Sophie. La veinarde ! Ana et Marija, qui m'avaient heberge l'an passe, nous rejoignent pour la fin de soire autour d'une biere. Le depart est donc retarde, esperant que le velo arrivera rapidement...

A bientôt

Julien