Tour d'Europe 2004 (5433 km) acheter le livre

Blesle-les vans

Blesle - Les vans

le 20/06/2004

  • nombre de km prévus : 200
  • nombre km effectifs : 216
  • temps prévu : 8h30
  • temps effectif : 9h20

Blesle-les vans

 Il est 6 heures. On est réveillé par le chant du coq de notre téléphone. Pas le temps de flémarder, on a 200 bornes à faire aujourd’hui !! La soirée a un peu durée hier avec le concert. Je me suis couché à 1 heure, et Fabien à 3 heures, le temps de ranger la salle. Eh oui, l’avantage de notre binôme ; c’est qu’il y en a un qui travaille plus que l’autre les soirs ! Bon, le désavantage est que l’autre sue plus le jour… chacun son boulot donc.

On prend un p’tit dèj costaud, on se prépare et on part… à 7h15 pour une dure journée. Je pars donc devant en direction de l’Ardèche. On traverse ce beau pays auvergnat, que l’on va quitter pour plus d’un mois… Ca fait bizarre. On ne se sent pas encore à 100% dans le Tour. On est encore chez nous, et à la fois déjà de l’autre côté de la frontière. Je prends donc le temps d’apprécier ces derniers moments passés dans notre région. Bizarre… les collègues ne me reconnaîtraient pas. Toute l’année à courir à longueur de journée, et aujourd’hui, enfin, on prend son temps. Je me surprend même à ne pas pédaler dans les descentes… Prendre son temps. Ca faisait longtemps, c’est trop bon !! On a bossé comme des dingues pendant dix mois, pour monter un projet béton. Ce Tour est l’aboutissement d’un gros travail et de nombreux sacrifices, et là ça y est, on y est. Alors on le déguste ! L’itinéraire que nous avons choisi est constitué principalement de petites routes, pour éviter les grosses circulations. La petite route qui rejoint Saint-Just à Villeneuve d’Allier est vraiment splendide. C’est là que Fabien et moi arrivons à 9h30. Première pause au bout de 50 bornes. Les jambes tournent bien. Fabien est encore fatigué. Avec seulement trois heures de sommeil, et toutes la pression qui s’évacue, c’est on ne peu plus normal !

Un bref ravitaillement et on est reparti. On longe les magnifiques gorges de l’Allier. Vous pouvez découvrir ces paysages en moto ou en vélo (c’est le mieux), en voiture (c’est moins bien ;-)), ou en train, grâce au train touristique. D’ailleurs nous vous conseillons d’y aller cet été car les hôtesses y sont très charmantes !

Nous continuons notre itinéraire vers Langeac, où nous rencontrons un cycliste intrigué par notre équipage, puis allons à Saint Arcons d’Allier, où le premier problème technique apparaît. En fait il y a eu une petite incompréhension sur l’itinéraire à suivre, et on s’est perdu de vue. Et forcément dans ces cas là, le portable ne passe pas ! Pour assaisonner le tout, Fabien a été à la limite de la panne d’essence… Pas cool au fin fond de la Haute-Loire ! On s’est finalement retrouvé 1 heure plus tard. On s’en tire avec une bonne angoisse. Des détails à régler impérativement avant de se retrouver au fin fond des pays de l’est !

La suite du parcours se déroule sans soucis, même si les jambes ont du mal à tourner après 100 bornes. Finalement on quitte la Haute-Loire pour la Lozère. Cela nous a permis de tester la fiabilité des pneus de nos deux montures. S’ils résistent aux routes lozériennes, alors ils peuvent faire le tour du monde !! Le barrage de Naussac nous indique que le parcours touche bientôt à sa fin… Encore 60 kilomètres tout de même. Alors on roule jusqu’à celui de Villefort, beaucoup plus sympathique, à seulement 25 kilomètres de l’arrivée. L’Ardèche est à nous !! Le dernier col (le col du mas de l’Ayre) se fait tranquillement, malgré la fatigue (déjà 190 km dans les jambes). Mon ventre me parle durant toute la montée. Je m’imagine un bon plat de pâtes. On trouvera ça au restaurant du domaine des chênes, où la famille Goblet nous accueille à bras ouverts. Après 216 kilomètres et 9h20 de selle (étape parcourue à 23 km/h de moyenne), le repas est on ne peu plus réparateur. Jérémie nous a concocté une magnifique salade, un plat de pâtes à faire jalouser les Italiens et un Tiramisu pour caller le tout.

Physiquement, eh bien cette étape est plutôt rassurante. C’est vrai que j’ai puisé dans les réserves pour les 60 derniers kilomètres, mais ça ne m’inquiète pas. On va rentrer dans le rythme petit à petit. Du côté des tendons (ah, ces tendons… !) eh bien ça a l’air d’aller. Ils ne se sont pas manifestés aujourd’hui. A voir demain matin si tout va bien. Si c’est le cas, alors prévoyez le champagne pour le 1er août !! Par contre Fabien s’est foulé le pied gauche en faisant demi tour avec la bécane. Mais rien de bien grave. Le temps a été très clément avec nous. Des nuages ont tapissé le ciel toute la journée, ce qui nous a permis d’être au frais.

Nous avons effectué 304 kilomètres depuis le départ, en 13h35 de vélo. Demain on part pour la même journée qu’aujourd’hui, pour rejoindre Laragne Montéglin. Suivant la forme, peut-être que nous raccourcirons l’étape. Nous avons le temps avant Turin.

A demain pour la suite des aventures.

Julien