Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

De retour en Bosnie-Herzégovine.

Dubrovnik - Stolac photos de cette étape

le 23/07/2006

  • nombre de km prévus : 75
  • nombre km effectifs : 125
  • temps prévu : 4h30
  • temps effectif : 6h45
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De retour en Bosnie-Herzégovine.

Je quitte le camping a 5h00, dans la penombre. Il fait deja chaud sur la cote croate. La route s'eleve en direction de la Croatie. La meme route que jávais descendu quelques jours plus tot. 5h45. Lendemain de cuite au poste croate. Lófficier debraille et mal rase a la flemme de se lever. De mon cote, je nái pas envie de me soumettre aux humeurs de son mauvais reveil. Je sors mon passeport láir de lui dire "si tu le veux, faudra te bouger". Il ne bouge pas et me fait signe de lui apporter le passeport. Je le regarde d'un air abruti et mexecute en faisant des signes d'incomprehension de la tete. Finalement il me met un tampon sur mon passeport comme il trinquerait avec son camarade officier apres une diziane de biere : d'un geste imprecis et violent. Decidemment, les corates au reveil, c'est vraiment pas genial...

Je rentre en Bosnie, pour la quatrieme fois depuis le depart de mon tour. Je suis dans la montagne, plus fraiche que la cote. J'apprecie le vent frais sur ma peau. Cela faisait bien longtemps ! Je traverse Trebinje a 6h45 et continue ma route. Je grimpe le long de la montagne qui domine cette ville. Vu d'en haut, cetet ville me donne encore plus l'impression d'etre implantee dans un desert. La montagne que je gravis est abrupte et chaotique. Quelques bergers gardent des brebis cherchant l'herbe rase et seche entre les rochers.

L'arrivee a Bileca est annoncee avec le lac de Bilecko. Je pensais m'arreter ici pour la nuit. Mais il n'est que 9h00 et cette ville ne me plait guere. Mauvaise ambiance. Je continue alors ma route avec une nouvelle montee. Au sommet, me voila sur un vaste plateau envahit par des petits arbres ne depassant pas les 4 metres de haut. Ici la route est plus tranquille et j'arrive a aprpecier le decor malgre la chaleur naissante. La journee s'annonce encore une fois tres chaude. Plus loin, les arbres laissent place a une vaste plaine agricole, coincee entre les montagnes. Mais sur cette route, il n'y a personne. Toutes les maisons que jevois sont detruites. maisons sans toit ni feneters. Je rencontrerai par chance un couple de paysans qui me rempliront mes gourdes desesperement vides, ainsi qu'un verre de coca. On a beau faire, meme au milieu de nul part, on trouvera toujours du coca. Cela dit en Bosnie j'eprouve de grandes difficultes a me ravitailelr en eau alors que jusqu'ici cela n'avait pas ete un probleme majeur.

Le reste du parcours est tranquille cote relief, mais de plus en plus chaud cote temperature. Dans la derniere descente dans les gorges de Bregava, la chaleur me brule litteralement le visage. Je m'arreterait faire quelques courses a Stolac. Nous sommes dimanche mais, comme dans tous ces pays, il y a toujours un petit magasin ouvert pour se ravitailler. Chose faite, je me dirige de nouveau dans les gorges de Bregava. En effet, tout le monde semble s'y baigner, et j'ai une furieuse envie de faire de meme. Je suis brulant, il me faut de la fraicheur !`

Une plage est remplie de monde. Je m'y dirige avec mon velo, me disant que ce sera un endroit ideal pour planter ma tente. Mais j'ai le temps, il n'est que 13h00. Arrive sur la plage, 2, 4, 8, puis 16 gamins s'attroupent autour de moi et mon velo. Leurs mains sont partout sur Teressa, j'ai peur de laisser des plumes dans la bataille. Ils posent plein de questions. Deux d'entre eux parlent anglais, a leur grand desespoir. Les voila traducteurs de questions aussi stupides les unes que les autres ! Mais tout cela se fait dans la bonne humeur. Je mettrai une demi heure avant de leur faire comprendre que j'aimerai qu'ils me laissent tranquille au moins 1 minute, le temps que je me change. Pas question de me changer dans toute cette agitation. L'un d'entre eux pourrait partir avec ma serviette nouee autour de la taille avant meme que j'ai le temps de mettre mon calecon ! Je terminerai l'apres midi avec ces gamins, et notemment deux d'entre eux qui parlent anglais et francais. Ils sont partis durant la guerre en France ou au Pays de Galle et reviennent ici pour les vacances. Leurs parents sont Bosniens mais ne sont pas revenus ici pour travailler apres la guerre. Mais comme beaucoup de bosniens, ils sont partis avec leurs enfants pour rester en vie.

Finalement je les quitterai. Pas question de dormir ici. Je remonterai la riviere et m'installerai 4 kilometres plus haut dans un petit paradis, sur une berge enherbee. Accable par la chaleur, je n'avais pas prete attention a la baeute de cette vallee. En fait, elle m'etait apaprue tres pale du fait de la tres forte chaleur. Mais en cette fin de journee, elle est tout autre. Au sommet, les derniers rayons du jour eclairent seulement les quelques rochers nus, leur donnant une couleur rosee. Plus bas, la verdure prend du relief et apaprait avec plusieurs nuances de couleurs. Enfin en bas, la riviere est d'un bleu magnifique dans ses endroits les plus profonds. Cette derniere regorge d'ecrevisses. Jamais je n'en ai vu autant. Si je ne me trompe pas, cela est signe d'une escellente qualite. Je m'amuserai a en pecher quelques unes. Mais ne sachant pas si cette espece est protegee, ni comment les cuisiner, je les relacherai pour leur plus grand bonheur. Je terminerai ma journee par un bon bain frais dans cet endroit magnifique. Avant de me coucher, je me dirai que oui, definitivement, la vie cyclopedique est pleine de plaisirs simples qui, les uns assembles aux autres, permettent de passer les nuits les plus paisibles qu'ils soit. La vie est belle a dormir au pied du lit de la Bregava.

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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