Tour d'Europe 2004 (5433 km) acheter le livre

Arrivederci Francia, buongiorno Italia !!

Briançon - Turin photos de cette étape

le 23/06/2004

  • nombre de km prévus : 117
  • nombre km effectifs : 151
  • temps prévu : 5h30
  • temps effectif : 6h30
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Arrivederci Francia, buongiorno Italia !!

 

 

Cette cinquième étape a été marquée par notre arrivée en Italie ! Nous pensions avoir une petite étape aujourd’hui (environs 120 km) alors nous sommes partis de Briançon à 10 heures, après la pluie. Nous avons donc gravi le dernier col français : le col de Montgenèvre (photos 1 à 4). Ce col nous emmène donc tranquillement en Italie, laissant derrière nous les Alpes françaises et la Collégiale de Briançon (photo 4). Dans la descente de Clavières, le spectacle des Alpes italiennes est saisissant ! (photos 5 à 9). Ce sont des gorges profondes qui se dessinent devant nous, rien à voir avec le côté français. Fabien et moi sommes réellement médusés par ces paysages énormes. La route qui nous emmène à Cesana longe donc ces falaises. Nous nous arrêtons plusieurs fois dans la descente pour profiter du spectacle. En contrebas de la route, on distingue le ruisseau et des carcasses de voitures ayant loupé un virage… La descente est vraiment très dangereuse, et il n’est pas question de louper un virage… Pas de soucis, nos patins de freins sont neufs !

Arrivé à Cesana, petit ravitaillement. Comme nous sommes en Italie, nous optons donc pour… une pizza, bien sûr ! (photo 10). Bon, c’est vrai que ce n’est pas l’idéal pour les sportifs, mais bon, c’est pas comme si on faisait le Tour de France… ! Fabien doit donc se dépatouiller avec son italien et son anglais. Mais en fait, le français est encore très bien parlé (tout comme l’italien est parlé à Briançon : la majorité des pancartes y sont traduites en italien). On remercie Gégé qui nous a préparé un petit dictionnaire multi linguiste avec les mots de base. Ca peut toujours servir, même si l’anglais sera notre langue privilégiée.

Ravitaillement effectué ; nous nous dirigeons maintenant vers Sestrières. Là, la montée est nettement plus raide, mais elle se déroule bien. Nous quittons les Alpes hostiles d’avant (photo 11 : col de Montgenèvre) pour retrouver les Alpages (photo 12 et 13) parsemés de troupeaux de vaches ou de brebis venu ici pour l’été. Un petit vent de dos nos pousse au sommet et nous fait parvenir le son des sonnailles. Le décor est donc là encore magnifique. Nous en profitons un maximum car ensuite, c’est la longue descente sur Turin (Torino) (photo 14 et 15) et la plaine du Pô. Fabien rencontre des ardéchois à Sestrières, et leur expose notre projet. Un petit prospectus pour information !

Turin se prépare à recevoir les jeux Olympiques d’hiver en 2006. Une grosse partie se déroulera à Sestrières. De ce fait, toute la ville est en travaux et les routes y allant sont encombrées par des pelles et des camions. Une Italie en chantier. Apparemment ils s’y sont pris un peu plus tôt que les Grecs ! Nous passons devant le tremplin pour le saut en longueur (photo 16). Et dire qu’il y a des types qui vont sauter de tout là haut pour arriver tout en bas… impressionnant.

La descente dans la vallée del chisone dure 40 kilomètres. 40 kilomètres de bonheur pour les jambes ! Mais à Perosa, il nous reste encore 50 kilomètres pour arriver à Turin. Il n’y a pas encore trop de monde sur la route jusqu’à Pinerolo. Par contre ensuite, c’est la galère ! Il y a trop de monde sur ces routes et les cyclistes ne sont apparemment pas les bienvenus sur ces routes ! Alors je roule tête baissée sur la ligne blanche du bord droit, et je pédale. Cette partie a été très ennuyeuse. Les champs de maïs se succèdent les uns aux autres. De grandes lignes droites de plusieurs kilomètres à avaler… bienvenue dans la grande plaine du Pô (photos 17 et 18). Turin nous paraît très loin ! Les voitures et camion me frôlent souvent, manquant de me faire tomber. Alors je reste hyper concentré sur cette ligne blanche, que je ne dois pas quitter…stressant.

A 17h30, nous arrivons enfin à Turin, qui n’a rien de très joli, surtout lorsque le temps est voilé comme aujourd’hui. Là, le président du Rotary Club de Turin 45 Parallèle, Fabrizio Rapelli, nous appelle. Ils nous ont réservé une chambre dans un hôtel, et voudrait « have a drink with us before diner ». Il m’indique où se trouve l’hôtel pour qu’on s’y retrouve. C’est là que mon anglais me fait défaut ! C’aurait été dans une petite ville, on aurait trouvé, mais dans Turin… Finalement on chope un italien qui appelle notre président pour lui expliquer où on se trouve, dans cette grande ville, et l’attendons pour qu’il vienne nous expliquer où se trouve cet hôtel. M Rapelli est un homme sympathique. Le Rotary Club de Clermont et celui-ci sont très amis, et nous sommes sûr d’être parfaitement bien accueillis ! Par contre l’hôtel se trouve à l’autre bout de la ville, à 15 kilomètres d’ici !!! La galère continue !! Finalement, après 1h30 à vadrouiller dans cette jungle, nous retrouvons notre hôtel, à 20 heures. Un hôtel trois étoiles, une chambre de 20m², une hôtesse très charmante ! Nous allons dormir ici pour deux nuits ! (photo 19 et 20 ; dernière photo : le matin au camping : contraste !!). Que du bonheur ! Nous nous ravitaillons avec des Lasagnes. Je pensais mettre à jour le site ce soir, après la digestion. Finalement je me suis endormi comme une masse sous la fatigue. Fabien bricole ses images vidéo. Le DVD risque d’être vraiment très sympa !

Cette journée a été très contrastée, avec la vision sublime des Alpes italiennes et le stress et la longueur de la plaine du Pô, que nous allons traverser dans toute sa longueur. Fabien et moi sommes très fatigués. Ce Tour est éprouvant pour tous les deux. Fabien fait un boulot énorme depuis le début. Il a un gros chargement sur la moto (qui attire tous les regards des passants, automobilistes ou motards : marrant!!) ce qui rend les manœuvres difficiles et parfois hasardeuses ; il s’occupe de toute la bouffe, le ravitaillement en eau, les affaires au camping ou à l’hôtel, l’itinéraire… et en plus il supporte mes humeurs pas toujours drôles ! Il est clair que sans une assistance de cette qualité, je ne pourrai pas faire autant de kilomètres dans la journée. Quand je vois son état de fatigue à la fin de la journée, je me dis qu’il me fait gagner une énergie immense ! Beaucoup de personnes nous disaient avant de partir, et nous le disent encore, que Fabien serait cool pendant ce voyage. Eh bien croyez moi, ce n’est vraiment pas le cas. Nous sommes deux à faire ce Tour, et nous sommes autant fatigué l’un que l’autre à la fin de la journée. Cette journée de repos à Turin sera donc très appréciée pour tous les deux !

Nous avons parcouru 151 kilomètres aujourd’hui, en 6h30. Les deux prochaines étapes seront beaucoup plus roulantes. Si le temps et le vent sont favorables, alors peut-être réussirons nous à boucler Turin Mantova (300 km) en une journée… Affaire à suivre !

Nous vous laissons donc pour une journée. On se retrouve après demain pour la suite du Tour D’Europe !

A bientôt.

Petite remarque pour répondre à certains lecteurs concernant le site internet. Avant le départ, nous avions fixé le rôle de chacun dans ce Tour. Nous avions donc décidé que je me chargerai du carnet de bord, et que Fab filmerai et prendrai les photos. Nous sommes donc bien tous les deux acteurs de ce site. Sans les photos de Fab, mes récits seraient tristes ; à contrari, sans les textes, les photos n’auraient pas de sens.

Depuis le départ, nous avons parcouru 765 km en 34h20 minutes.


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