De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

A vélo ou en stop, on avance !

Home Hill - Kyogle photos de cette étape

du 04/08/2011 au 20/08/2011

  • nombre de km prévus : 2000
  • nombre km effectifs : 974
  • temps prévu : 63h00
  • temps effectif : Du 4 au 20 aout 2011
Over sizeUn petit tour en camion qui nous sauve d'un vent de face terribleIMG_0008nos hôtes d'un soirIMG_0013IMG_0014IMG_0016

A vélo ou en stop, on avance !

Oui, oui, je sais : cela fait bien longtemps que nous n'avons pas donné de nouvelle. Cela est d'autant plus embêtant que nous traversons une période où rien ne se passe en France puisque la libido de Strauss Kahn est revenue à la normale et que Sarkozy ne peut mettre Carla enceinte une seconde fois. Heureusement, Gérard Depardieu est là. Nous l'avons vu il y a quelques jours à la télévision australienne, ivre, pissant devant les caméras et le public. Mais que fait Zizou ? Lui seul semble être capable de rehausser l'image de la France à l'étranger... Du coup, nous imaginons la France entière tournée vers les Voyageurs au grand Coeur, espérant ainsi avoir quelques nouvelles croustillantes à se mettre sous la dent. A défaut de la France, ce sont au moins notre famille et nos proches qui s'enquièrent de notre situation. Nous prenons donc une journée de repos bien méritée pour actualiser le site.

Méritée, elle l'est, cette journée de repos. Depuis notre dernière actualisation, qui date de Home Hill, nous avons parcouru pas moins de 1700 km. En 16 jours, pas mal ! Certes, 770 kilomètres ont été parcourus à bord de véhicules motorisés. Mais ne croyez pas que faire du stop avec deux vélos et leur chargement est de tout repos.

Nous avons donc quitté Home Hill à vélo. Cette région est grande productrice de sucre. Autant dire que les paysages que nous traversons ne sont pas des plus palpitants, les champs de canne à sucre se succédant les uns aux autres, entrecoupés ici ou là de lignes de chemin de fer permettant le transport des récoltes jusqu'aux usines de transformation. Le vent n'arrange en rien la situation. Il nous vient encore de face et nous fait courber l'échine. Après quelques dizaines de kilomètres nous tendons le pouce. C'est d'abord Reg qui s'arrête et nous aide à charger les vélos à bord de son van. Il est artisan peintre et s'en va peindre des maisons à quelques kilomètres de là. Il nous dépose à un hameau et nous poursuivons la route à vélo après avoir traversé le village en long et en travers à sa recherche avec sa roue de secours sur le porte-bagages (il avait oublié de la remettre dans son van après avoir déchargé toutes nos affaires). Dix kilomètres plus loin, nous nous jetons sur une camionnette arrêtée à une station service. Son conducteur nous dépose 40 kilomètres plus loin et nous indique un endroit où dormir, à 10 kilomètres de là. Lorsque nous y arrivons, c'est un panneau d'interdiction de camper qui nous accueille. Or, en Australie, les amendes s'élèvent à 200 dollars par personne en cas de mauvaise rencontre avec les rangers. Nous nous dirigeons alors vers une autre camionnette stationnée non loin de là. Jim n'a pas l'habitude de prendre des auto-stoppeurs, mais notre réponse l'amuse lorsqu'on lui dit qu'on veut bien qu'il nous dépose à Sydney (à 2000 km de là). Il ne se rend qu'à Mackay, 180 kilomètres plus au sud, mais les deux heures passées en sa compagnie sont des plus plaisantes. Il nous explique qu'il était pépiniériste, puis est devenu gérant d'une exploitation agricole à l'ouest du pays. Il cultivait du coton mais avait aussi 3000 vaches à viande sur une surface avoisinant les 7000 hectares. Une exploitation de taille moyenne précise-t-il. Finalement il travaille maintenant dans la sécurité des chantiers. Il fait nuit lorsque nous arrivons chez lui. Il nous invite alors à dîner puis à dormir chez lui. Nous goûtons une fois de plus à la délicieuse hospitalité australienne.

 

Sarina n'est qu'à 40 kilomètres de Mackay. Nous y arrivons le lendemain en fin d'après-midi après avoir une nouvelle fois lutté contre le vent. Nous sommes vendredi, et la fête se prépare. Autos tamponneuses, barbes à papa, tire à la carabine, grande roue, tout est près pour amuser les petits comme les grands le temps d'un week-end. Mais le clou du spectacle, c'est le rodéo. Le samedi soir, alors que la nuit tombe, 8000 personnes sont amassées autour d'un parterre barricadé pour assister au spectacle. Les taureaux sont gros et agressifs, les cow-boys petits et malléables. Pendant plus d'une heure nous regardons ces hommes coiffés de chapeaux ou de casques de hockey se faire démonter par des taureaux capricieux qui, non contents de les avoir éjectés de leur dos, se jettent ensuite sur eux à grands coups de cornes. Le but du jeu est de tenir 8 secondes sur un taureau une fois que celui-ci est libéré de sa cage. Certains n'ont pas le temps de dire « yiiihaaa » qu'ils sont déjà par terre, une paire de cornes à leur trousse. D'autres se débrouillent mieux et résistent le temps qu'il faut avant de se libérer et de courir jusqu'à la barrière. Dans tous les cas, les taureaux sont toujours vainqueurs, au grand damne de certains cow-boys repartant clopin-clopant, la tête basse. Pendant toute la durée du spectacle, nous nous posons cette question : pourquoi font-ils cela ? La réponse nous est donnée le lendemain par James qui nous aide sur 8 kilomètres. Lorsque nous lui disons avoir assisté à un rodéo la veille, et avoir été impressionné par ces « crazy cow boys », il nous dit avec un sourire narquois :

- No Brain (pas de cerveau).

En effet, il ne faut pas avoir beaucoup de jugeote pour comprendre qu'en montant sur un de ces taureaux on risque d'avoir des problèmes...

De là, nous repartons à vélo jusqu'à Yeepon. Il nous faudra trois jours de pédalage acharné, à peine aidé par quelques kilomètres de stop, pour arriver à destination. Le dernier coup de pouce que nous recevons, c'est Dave qui nous le donne. Nous arrivons à l'épicerie de Yambaa au moment où il en sort. Nous n'avons pas le temps d'acheter un magnum chocolat durement gagné que Dave nous invite à charger nos deux vélos sur son camion « over size ». Dave habite Brisbane et transporte partout en Australie les bateaux fabriqués dans la capitale du Queensland. Il emploie cinq chauffeurs de camion qui parcourent chaque semaine plusieurs milliers de kilomètres. Arrivés au croisement allant à Yeppoon, Dave nous aide à décharger les vélos en nous disant que dans deux jours il a un camion qui se dirigera vers le sud et pourra nous donner un autre coup de pouce. Nous gardons précieusement son numéro de téléphone et nous dirigeons à Yeppoon, à 30 kilomètres de là. Arrivés en ville, c'est un kiwi (néo-zélandais) qui nous accoste. Jovial, il nous accueille chez lui pour la nuit. Nous partageons avec sa famille XXL quelques grillades et des chamalos. L'accueil kiwi vaut celui des australiens.

Nous avons juste le temps de faire une virée aux « great Keppel Island ». Nous longeons encore la grande barrière de corail, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et nous tenions à aller sur une des nombreuses îles pour voir de nos yeux la beauté des lieux. Mais voilà, en Australie, le moindre petit rien coûte une fortune, et cette excursion apparaît comme la solution à moindre frais. Enfin, 40 dollars pour une nuit de camping, on ne nous avait pas fait ça depuis la Suisse ! L'île n'en reste pas moins un petit coin de paradis. Les plages de sable blanc s'étendent à perte de vue et plongent dans une eau au bleu chatoyant. Malheureusement nous sommes en hiver, et bien plus au sud que la Thaïlande ou que l'Indonésie. L'eau ne dépasse pas les 18°C et la baignade est une vraie torture. Nous ne verrons donc que quelques raies et des coraux rendus bien pâles par les dernières intempéries.

Jim est un employé de Dave. Il est au rendez-vous à notre retour à Rockampton et nous chargeons les vélos entre deux voitures qu'il doit remettre à une casse. Nous passons 5 heures en sa compagnie, le temps de parcourir les 400 kilomètres séparant Rockapton à Maryborough. Perchés dans sa cabine, nous apprécions la vue, certes, mais aussi l'aspect sécurisant du camion. Car ce même camion est notre ennemi numéro un depuis notre arrivée en Australie. Très nombreux, très volumineux et très rapides, ils sont sources de frayeurs et d'embardées sur les bas côtés. Pour sûr, nous préférons être à l'intérieur qu'en face, surtout là où la route devient étroite et sinueuse.

C'était notre dernier coup de pouce. A présent que nous ne sommes qu'à 1300 kilomètres de Sydney, nous avons le temps de parcourir la distance à vélo. C'est donc avec gratitude et soulagement que nous quittons Jim et reprenons nos vélos, pour de bon cette fois-ci. La route qui suit s'annonçait palpitante. C'est en réalité une longue route plate traversant des plantations de pins qui nous attend. Finalement nous gagnons la côte au niveau de Noosa et sommes hébergés à Colum Beach par un couple de retraités rencontré deux jours plus tôt. Le repas agrémenté de vin australien est des plus apprécié, tout autant que la douche.

Deux jours plus tard, nous arrivons enfin à Brisbane. Nous traversons au plus vite cette ville qui s'avère être assez vallonnée et gagnons Logan, quelques 30 kilomètres plus au sud. En nous quittant près de Yeppoon, Dave nous avait également invité à dormir chez lui. Sa femme Chris et lui nous accueillent donc dans leur propriété, un havre de paix au milieu de la forêt, où kangourous et oiseaux de toute sorte s'en donnent à coeur joie. Malheureusement nos hôtes doivent partir le lendemain chez des amis, et nous ne pouvons profiter davantage de leur hospitalité, à notre grand regret à tous.

Nous attendrons encore deux jours avant de nous reposer une journée. Avant cela, il nous faut traverser la frontière entre l'Etat du Queensland et celui de New South Wales. Cela se fait en longeant le parc national de Lamington, sur une route qui reste jusque là la plus belle parcourue en Australie, mais aussi la plus difficile. Aux longues portions de plat succèdent des pentes à 19%, qui permettent tantôt d'avoir une belle vue sur les prairies avoisinantes, tantôt de plonger au coeur de la forêt primaire d'où s'élèvent de majestueux arbres. C'est éreintés que nous arrivons à Kyogle, où un repos tant attendu nous attend.

Nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite. Moins de 700 kilomètres nous séparent de Sydney d'où nous nous envolerons pour la Nouvelle-Zélande. Le vent qui nous vient de face depuis plusieurs jours nous apporte les effluves de la Nouvelle-Zélande. Nous languissions ce moment et pourtant, parfois, nous avons du mal à réaliser que cela fait 14 mois que nous sommes sur la route. La barre des 17.000 kilomètres a été dépassée, celle des 18.000 approche à grande vitesse. Et le compte à rebours est lancé : dans deux semaines, nous arriverons au pays du long nuage blanc...

 





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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