De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Compagnie suisse et accueil turque

Istanbul - Urgup photos de cette étape

le 26/09/2010

  • nombre de km prévus : 800
  • nombre km effectifs : 856
  • temps prévu : Du 26 septembre au 6 octobre 2010
  • temps effectif : 53h30
D'Istanbul nous prenons le ferry pour BursaIMG_8124Le Rotary nous invite dans un hôtel 5 étoiles !IMG_8129Le traditionnel tchaï......et le café turcNotre guide à BursaCourse cycliste organisée par le Rotary

Compagnie suisse et accueil turque

D'Istanbul nous prenons le ferry pour Bursa où nous sommes accueillis par le rotary club dans un hôtel luxueux, avec bain turc et piscine agréable.

Le lendemain de notre arrivée est organisée une petite balade avec 200 cyclistes pour montrer l'importance du sport et inciter les turques, surtout les jeunes, à abandonner leur ordinateur pour le plein air. Le rotary a tenu à ce que l'on soit leurs invités d'honneur pour cette boucle à vélo. Nous pensions faire une vingtaine de kilomètres... nous nous en tirons avec plus de 60. On peut faire mieux pour une journée de repos !

Avant de regagner notre hôtel, nous nous hissons dans l'appartement de Mehmet (un des participants) et de sa famille. Âgé de plus de 45 ans (comme le démontre son diplôme de participation aux championnats du monde d'athlétisme vétérans), il a 5 enfants et une femme bien en chair, que l'on croit un moment être enceinte. En réalité, elle fait à merveille les baklavas, et doit aussi en goûter quelquefois.

 

Nous languissons de repartir à vélo, sacoches amarrées sur nos portes bagages, pour retrouver notre vie de nomades qui nous a permis de venir jusqu'en Asie. Nous voulons également goûter à nouveau aux plaisirs du bivouac, à la cuisine au feu de bois, au soleil se couchant derrière notre toile de tente et nous abandonnant pour une nuit fraîche et paisible. C'est sans compter sur Mehmet et son ami, Engin, qui nous débusquent un hôtel à Inegol, offert par la municipalité cette fois-ci. Nous passerons la soirée avec ces deux cyclistes forts sympathiques.

Le lendemain, nous célébrons nos deux ans de vies commune. Le 28 septembre 2008, nous avions échangé notre premier baiser. Je revenais d'Ardèche et attendais ma future promise sur le devant de la gare. Pour cette journée exceptionnelle, nous nous offrons deux nouvelles chaînes, pour continuer à pédaler au diapason, à aller ensemble dans la même direction, à la même allure. Et puis après plus de 4500 kilomètres, il est recommandé de faire cette opération. Marion voulait aussi que je lui paye un bon resto. Malin comme un renard et économe comme un bon auvergnat, je réussis à dénicher un repas dans la caserne militaire de Bozuyuk. Servi sur un plateau de zinc, nous nous faisons offrir des pâtes collantes, un potage huileux et un gros morceau de pain sec chacun. Ce sera sans aucun doute un repas inoubliable. Joyeux anniversaire ma chérie ! Et pour couronner le tout, ils nous conseillent de planter notre tente en face de leur caserne, pour être sous leur protection. Nous nous en tirons avec un matelas crevé et deux pneus à plat au réveil. Il y avait dans les parages quelques mauvaises herbes mal intentionnées.

 

Après avoir passé une nuit près d'une base militaire, puis une autre chez le gérant d'un snack dans lequel nous avons mangé, nous retrouvons un beau matin un cyclotouriste suisse. Nous avions rencontré Arnaud à Istanbul et sa chevelure autant que son accent irrésistibles nous avaient beaucoup pluts. Nous décidons donc de pédaler quelques jours ensemble. Lui se rend au Japon, et nous ferons à peu près la même route (ou exactement, à voir) au moins jusqu'à Bandar Abbas en Iran. Nous pédalons ensemble dans la vallée phrygienne après avoir été accueilli pour notre première nuit par un baba (grand père) ayant un vocabulaire réduit à trois mots : « sex and beer ». Il nous a fallut une soirée pour comprendre que ce vieil homme nous disait en réalité qu'il avait « seksen bir » années, soit 81. Trop âgé pour s'adonner à quelconque soirée dépravée dans la vallée phrygienne. Cette vallée justement, nous la découvrons le lendemain. Autour de nous, des vestiges de cette civilisation vieille comme le monde trônent sur les bas côtés ou dans la montagne environnante. Maison troglodytiques, temples taillés dans la roche, églises creusées dans le calcaire. Nous quittons cette vallée à Ayazini, qui est un enchantement pour qui souhaite être dépaysé.

 

Nous avions prévu de rejoindre Aksaray en bus pour être au rendez-vous pour une action de promotion du don du sang organisée par le rotary quatre jours plus tard. Arnaud ne tient pas à prendre le bus mais nous dit qu'il pourrait aussi y être à la même période. Surprise, Marion ne comprend pas pourquoi un Suisse pourrait le faire à vélo alors que nous devons prendre le bus. Que cela ne tienne, nous suivons Arnaud pour ce qui sera un long marathon. Nous enchainons quatre jours de vélo non stop, pédalant plus de 100 kilomètres quotidiennement. Le relief ne nous fait pas grimper de grandes montagnes, mais les plateaux que nous traversons sont pour le moins ondulés. Au fil des soirées, nous découvrons un peu plus l'hospitalité turque, en nous faisant héberger coup sur coup par un turque vivant depuis 30 ans en Belgique avec un accent inimitable, un kurde dealer de cocaine, LSD ou haschich, puis chez Rasim, un marchand de tapis gérant d'un hôtel nous offrant un rabais digne du grand bazar d'Istanbul.

Finalement nous terminons notre course à Urgup, chez un ami de Rasim, sosie parfait de Bruno Masure. En effet, arrivés juste à l'heure à Nevsehir après avoir fait 20 kilomètres de stop dans une camionette, nous constatons avec désolation que le rotary n'avait rien organisé pour notre arrivée, alors nous nous sommes fait conduire un peu plus loin, là où la nuit était offert pour notre ami. Tous nos efforts anéantis par une incompréhension au niveau de l'organisation. Peu importe, nous sommes finalement arrivés en Capadoce et nous avons une semaine pour profiter de ce lieu magique, haut lieu du tourisme en Turquie. Mais c'est sans compter sur le temps. Depuis notre arrivée il pleut, et nous nous réfugions dans une auberge de Goreme en regardant par la fenêtre les pitons rocheux que certains décrivent comme des champignons, d'autres comme des phallus géants. Marion voit en cela de belles morilles délicieuses. Chacun ses pêchés.

 

Voilà en très résumé notre petite escapade jusqu'au milieu de la Turquie. Nous avons été surpris par l'accueil turque tout à fait incroyable qui nous arrosent de dizaines de thés par jour. Nous avons également fait connaissance avec les kangals, ces chiens de bergers féroces aux colliers de clous, qui ont le pouvoir plus que les baklavas de nous faire pédaler à vive allure. Enfin, nous avons trouvé en Arnaud un compagnon d'infortune de bonne compagnie.


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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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