Cordillère des Andes 2007 (11200 km) acheter le livre

Le champ de glaciers Hielo Sur

El Calafate - Puerto Natales photos de cette étape

du 05/03/2008 au 13/03/2008

  • nombre de km prévus : 190
  • nombre km effectifs : 444
  • temps effectif : 27h00
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Le champ de glaciers Hielo Sur

Lundi 10 mars à 13h30, ne pas louper le magazine de la santé sur France 5. On y parlera de sites internet de voyages en lien avec la santé, et celui des voyageurs au grand coeur devrait y figurer.

Nous profitons d'une journée de repos complet à El calafate pour manger et dormir, actualiser le site, prendre des nouvelles du pays et des amis. Avant de retrouver le camping en soirée, nous croisons Waiki, un péruvien en vadrouille qui nous dit être Chaman. Le personnage est atypique, fascinant. Il vient s'installer au camping avec nous et nous évoquer sa mission. Apprendre aux hommes le temps naturel et le temps artificiel. Il nous explique les bases du calendrier Maya, identique à celui des Incas, et s'apprête a nous dicter notre horoscope Inca. Il ne peut malheureusement le faire que pour Ethan, car il ne dispose pas d'informations pour Brook et moi. Il lui faut aller voir sur Internet (le chaman post modern nous dit-il avec son sourire si caractéristique !). Mais avant cela il doit retrouver une touriste israélite rencontrée au supermarché. Il nous paraît bien excité,lui qui pourtant nous avait dit ne pas aimer rencontrer de demoiselles en voyage car cela lui fait perdre trop d'énergie. Il nous abandonne alors que nous trois allons nous divertir autour d'un billard.

Il est 1h00 du matin lorsque nous rentrons. Notre ami n'est toujours pas la. Et à 10h00 non plus lorsque nous nous réveillons. Nous craignons alors qu'il ai perdu beaucoup d'énergie durant la nuit. A minuit nous sommes dans un ténédor libre repéré la veille. Commence alors un long repas. Il nous faudra assiettes chacun plus deux autres de dessert avant que nous tombions les armes. Nous allons ensuite digérer, allongés sur les gazons de la ville. Puis nous nous rendons à la boulangerie Don Luis qui fait les plus merveilleux facturas jamais mangés jusqu'ici. Nous nous y rendons accompagnés du couple de cyclistes sud africains. Lorsque nous nous séparons d'eux, nous sommes enfin prêts a nous rendre au parc national des glaciers. Prêts à voir la grande star locale : le glacier Périto Moreno.

Il est 20h00 lorsque nous enfourchons nos montures en direction de l'ouest. Encore une fois le vent ne s'est pas levé, alors la route se fait facilement, Nous quittons rapidement El Calafate, petite oasis de 20 000 habitants qui s'étend au rythme du tourisme, pour retrouver des grands espaces pelés. En face de nous le soleil se couche derrière les montagnes recouvertes de glaciers. Il est minuit lorsque nous franchissons l'entrée du parc. Il fait nuit depuis longtemps, tout le monde dort. L'entrée est alors gratuite pour les vaillants cyclovoyageurs de nuit. Mais il nous faut encore plus de deux heures pour arriver au glacier. Dans la nuit, on va l'apercevoir, au loin, à 10 km de nous. Petite tache claire dans l'obscurité. Il nous attend, impassible. Plus près, dans la dernière montée,on a pu l'entendre grogner. Un gros bruit dans l'eau. Un morceau de glace qui a du s'effondrer. Puis le silence, entrecoupé de claquements plus ou moins forts. Le monstre vit, bouge, se déforme. Les morceaux de glace cassent sous la pression, s'entrechoquent, s'effondrent pour former des icebergs dérivant sur le lac Argentino. Enfin nous y sommes. Arrivés au parking, alors désert, nous enlevons les sacoches des vélos et descendons quelques escaliers. Il y a trois niveaux d'observation du glacier, nous choisissons l'intermédiaire. Les lumières éteintes, nous pouvons le deviner, juste devant nous, sans toutefois pouvoir mesurer sa dimension. Il est 2h30 et cette fois ci c'est moi qui m'effondre de fatigue alors que mes compagnons dégustent du pain au dulce de leche et des facturas. Durant la nuit, mon sommeil sera à peine perturbé par les grincements du glacier. Et à 8h00. alors que le soleil s'apprête a se lever, nous nous retrouvons nez à nez avec un glaçon gigantesque. Cette fois ci nous pouvons le voir, presque le toucher. A quelques mètres de nous le glacier Périto Moreno se dresse avec magnificence.

Ce glacier est un des plus réputés au monde car son accès est très facile. De plus, il s'agissait du dernier glacier a encore avancer, jusqu'à il y a quelques années où il régresse comme tous ceux de la région. Cette faculté a avancer lui est due a la forte pente de la montagne d'où il descend. Le poids du a la neige accumulée aux sommets, qui se transforme en glace a partir d'une certaine épaisseur (50 centimètres) pousse le glacier vers le bas,vers le lac Argentino. D'où nous sommes, nous pouvons voir une énorme langue de glace de 14 km de long et 4 de large. Il vient butter contre la péninsule où nous sommes, et un petit chemin, interdit d'accès, permet de le toucher. A l'endroit où il touche la terre, il ferme un bras du lac. L'eau ainsi emprisonnée se stocke dans un petit lac qui voit sa surface augmenter. Lorsque la pression est trop grande, alors l'eau se fraye un chemin de force en s'infiltrant dans le glacier, en le creusant et en le faisant éclater. Le phénomène est assez rare mais spectaculaire.

Le soleil effleure les sommets des montagnes. Nous avons grand peine a nous réveiller, mais nous sommes aidés pour cela par des touristes israéliens, que l'on peut reconnaitre du fait de leur manque de discrétion. Eux sont venus de bonne heure pour ne pas avoir a payer l'entrée non plus, mais en voiture. Nous nous habituons peu a peu a leur présence et préparons notre petit déjeuner, sous l'oeil du glacier qui s'éclaire peu à peu. Un touriste israélien a peine arrivé sur les lieux nous demande de ranger nos affaires car il veut prendre une photo.
- Ce n'est pas un camping ici. J'aimerai prendre une photo du glacier mais sans vos affaires. J'aimerai la faire maintenant, dans 5 minutes au plus tard, le temps pour vous de ranger tout ça. Nous avons du mal à comprendre la brutalité de ce réveil, alors que la nuit en tête à tête avec le glacier avait été des plus paisible. Pourquoi cet homme est-il si pressé et si peu avenant ? Je le regarde embêté avec tout le mépris que j'ai envers lui. Nous nous exécutons avec peine puis descendons au troisième étage pour nous rapprocher du glacier. Après 40 minutes, le touriste n'a toujours pas pris sa photo. Je sens Brook contrarié, dérangé. Il boue intérieurement,et se décide a aller voir ce touriste pour lui expliquer sa façon de penser. C'est alors que ce dernier lui explique qu'il trouvait notre présence en contradiction parfaite avec les lieux. Nous avions seulement trois petits matelas, nos sacs et nos sacs de couchage. Il trouve cela "moche" dans un tel endroit. Selon lui notre présence gâche le lieu. Mais pourtant est-ce nous qui nous nous ébruitons avec fracas comme le font ses concitoyens, que ce soit ici ou dans le camping où nous étions la veille ? Est-ce nous qui laissons quantité de détritus derrière nous, a même le sol, comme le font nombreux de ses concitoyens déjà croisés ? Nous sommes venus ici avec modestie, à la force de nos mollets et nous nous sommes installés avec la plus grande discrétion sur une de ces passerelles en bois faite pour l'observation du glacier. Notre passage nocturne ne laisse aucune trace, nous n'avons dérangé personne, si ce n'est cette personne irrespectueuse au possible qui, finalement, ne prendra pas de photo. Brook terminera la discussion en lui disant simplement que l'image qu'il renvoie de son pays n'est pas forcément la meilleure. Le voila soulagé, mais nous aurions souhaité un réveil plus clément.

Le soleil s'élève dans le ciel, et le glacier se voit briller de plus en plus fort. Parfois, de grands blocs de glace se détachent et s'effondrent avec fracas dans le lac. Le spectacle est grandiose, magique, terrifiant à la fois. A observer cette masse volumineuse dévaler avec sensualité la montagne,je prends encore une fois conscience de la force de la nature. La force tranquille cette fois ci, qui sans laisser paraître transporter des blocs de pierre gigantesques, racle le socle avec force, bouge et avance sans avoir aucune barrière. Mais aussi une représentation de la beauté parfaite. Selon la densité de la glace, la couleur varie du blanc au bleu. Bleu étincelant, translucide. 14km plus haut le glacier se perd dans une vallée qu'il façonne depuis des millénaires. Il continue sa route pendant encore 14 autres kilomètres.

Un groupe de français prend une photo devant le glacier. J'interpelle la guide. Elle a un peu de temps devant elle, le temnps que son groupe fasse connaissance avec le Périto Moreno. Nous allons boire un maté au parking. Le choc est grand. La où nous avons posé nos vélos durant la nuit, sont maintenant entassés quantité de voitures et de bus. Certains klaxonnent, mécontents, toujours trop pressés d'être en vacances. Cela nous est insupportable, bien plus que le réveil pourtant très agressif que nous avons eu par les israéliens. Alors Stella nous invite a la suivre sur l'île. Petit morceau de terre coincé entre deux routes. Certes, on a fait plus romantique mais difficile de trouver mieux ici. Assis autour de notre déjeuner, Stella nous prépare le meilleur des matés. Cette jeune femme de 27 ans est souriante. Brook lui demande le classement des pires touristes. Il se réjouit de savoir que nos amis du matin sont bien placés,juste derrière les chinois et ... les argentins.

Stella nous quitte après plus d'une heure en notre compagnie. Heure pour nous de reprendre nos bicyclettes pour retourner à El Calafate. Nous découvrons alors la route empruntée la veille. Elle est en construction. L'asphalte devrait arriver au niveau du glacier l'an prochain. Elle borde le bras du lac bloqué par le glacier. Bleu turquoise, ses berges montrent la trace de son niveau maximum. Il a encore de la marge avant de faire céder le glacier. 30 kilomètres après nous sortons du parc. Il est finalement 19h00 lorsque nous arrivons à El Calafate. Nous en avons terminé avec une expédition de 24 heures et 160 kilomètres pour le Périto Moreno.

Nous allons nous installer dans le jardin de Stella. Elle nous invite à passer la nuit chez elle (bon, on s'est un peu invité aussi...). Elle vit en colocation avec Laura,fantastique cuisinière. Tous les 5 nous partagerons un repas de roi soigneusement préparé et arrosé. Il est 23h00. Avant de venir ici j'ai croisé Waiki dans la rue, jouant de sa flutte pour collecter quelques sous. Nous nous sommes donnés rendez vous à 23h15.Il est a l'heure. Il m'explique comment il a passe une journée entière au commissariat ,depuis la nuit où nous nous étions inquiétés de savoir où il était jusqu'à 22h00 le lendemain matin. Il nous conduit à un cyber café où nous continuons la lecture de notre horoscope. Il me révèle que j'apprends beaucoup de la terre, de la nature, et que je suis une personne qui va au bout des choses,qui termine ce qu'il a commencé. Ma dualité, c'est la domination et la soumission. Brook quant à lui est un transformateur. Et il vit pour toujours apprendre plus. Waiki est heureux de voir que Brook a le même Kin que lui,et donc la même personnalité, la même destiné peut être. Cette perspective n'enchante pas mon ami! Nous quittons notre voyageur chaman à 1h00 du matin, alors que nous sommes terrassés par la fatigue. Je ne pense pas qu'il s'agisse vraiment d'un chaman. Juste un homme un peu fou, gai, voyageur vivant de peu et artiste. Mais son sourire est une leçon de vie, et sa rencontre a été marquante, plaisante et tout de même intéressante.

Stella me réveille à 7h00 du matin pour me donner le reste de pâtes de la veille. Notre déjeuner pour la journée. Nous nous levons bien plus tard et quittons ce petit coin de paradis à midi. Cette rencontre avec Stella a été très charmante et bienfaisante, nous repartons les batteries rechargées. Une fois de plus nous ne rencontrons pas le vent attendu. Que se passe t-il en Patagonie pour que ce vent si violent ne soit plus qu'une brise ? Après 50 kilomètres nous débutons une longue montée. Je souhaite manger les pâtes avant,car c'est moi qui les porte. Eux ne veulent pas , craignant de tout vomir avec l'effort. Et voila comment je dois porter deux kilos de pâtes sur 10 kilomètres de montée. Au sommet, Brook et Ethan m'attendent depuis plus de 40 minutes lorsque je leur tends la casserole que j'ai entamée en cours de route. La vue sur la plaine sortant du lac Argentine est grandiose. Le rio Santa Cruz dessine de larges méandres à la sortie du lac Argentine, alors qu'au loin le Fitz Roy s'extirpe des nuages avec difficulté. Les pâtes sont avalées avec voracité par mes deux compagnons, et la digestion est aidée par un maté offert par Stella. De retour de la frontière chilienne où elle a conduit le groupe de français, elle s'arrête en nous voyant. Nous profitons une dernière fois de sa bonté et de son sourire.

Nous arrivons alors sur une autre plaine, plus haute que la précédente. Elle s'étend a perte de vue. Les herbes sèches et les nuages s'étendent à l'infini. Ici l'horizon n'a pas de limite, l'immensité prend toute sa démesure. Le paysage pourrait paraître monotone, mais il n'en est rien. Car le ciel est un magicien. Il se transforme au grés des nuages et apporte chaque minute une dimension nouvelle à ces terres plates et mornes. Ils donnent tout le volume à cet espace sans relief. Le vent nous apparaît enfin. Mais il nous vient de face alors que nous l'espérions comme ami. il est fort, mais pas démesuré. Et lui aussi ajoute une touche de magie au décor. Tout reste immuable. La végétation trop rase, tout comme les nuages, ne bronchent pas face au souffle du vent. Celui ci transperce alors cette plaine sans paraître la toucher. Seuls les cyclovoyageurs sont soumis a ses humeurs. Etrangers,intrus sur cette plaine située en dehors du temps.

Nous nous arrêtons après 100 km au poste Cerrito. Ici,seulement une petite maison et une autre en construction. Il s'agit d'un poste de sécurité, endroit où les routiers s'arrêtent tout comme les personnes étant en panne dans ces grandes étendues. Un point rassurant face a la démesure. Les ouvrières nous invitent a nous installer à l'abri entre les murs de la maison en construction à l'abri du vent devenu bien plus présent. Mais c'est après avoir mangé qu'il se tait. La campagne est alors orpheline de cette toute puissance, seulement perturbée par le bruit du générateur d'électricité du poste de sécurité. Nous décidons de rester ici pour dormir, pourtant très tentés de poursuivre notre route pour profiter de l'accalmie.

C'est à trois heures du matin que le vent réapparaît, agitant nos tentes avec violence. Le voilà ce vent, tant redouté, celui dont j'entends parler depuis des mois, celui qui impressionne tous les cyclovoyageurs de passage en Patagonie du sud. Nous traînons à partir, peu motivés à l'affronter. Mais finalement une fois sur les vélos il nous aide plus qu'il nous décourage. En direction vers le sud, nous empruntons la route 40 sur une portion qui nous était jusque la incertaine. Le raccourci que nous empruntons nous a été tour a tour conseillé et déconseillé par d'autres cyclsites. On nous avait parlé d'un ripio de très mauvaise qualité. Au fil des kilomètres nous sommes agréablement surpris par la qualité du revêtement et avançons rapidement. Après 55 kilomètres, alors que le vent s'était calmé, il redouble de violence subitement et nous vient de face. Nous abdiquons après 5 kilomètres et nous nous abritons derrière un tas de graviers. Il est 18h00. Ethan en profite pour réparer trois de ses rayons cassés depuis ce matin. Après 2h00 nous décidons de repartir. Je laisse mes compagnons réparer une nouvelle crevaison d'Ethan et part affronterle vent. Celui ci me semble moins fort qu'il y a deux heures, a moins que ce sois moi qui me soit bien revigoré. Il nous faut finalement 5 petits kilomètres pour retrouver l'asphalte. Ici se trouve un poste de police, une station essence et un poste de sécurité. Nous nous abritons sous un hangar pour manger et dormir. Mais alors que la nuit tombe le vent se tait. Il est 23h00 lorsque je décide de poursuivre ma route. Brook et Ethan restent dormir. Si je décide de partir maintenant c'est parce que la route se dirige plein ouest, vers les vents dominants. Et comme demain est un autre jour, il est possible que le vent vienne puiser dans nos énergies et nous empêche d'avancer. Alors je préfère lutter contre le sommeil que contre le vent. Une fois de plus, je m'enfonce dans la nuit, seul, dans une pampa que je ne peux plus voir. Sur ma tête les nuages se transforment en des masses sombres, cachant les étoiles par petites tâches. Des voitures me doublent. Je les regarde se perdre au loin. Il leur faut souvent plusieurs miunutes avant de disparaître de mon champ de vision. Elles me permettent alors de deviner la route qui s'étend devant moi. Je la garde en mémoire le temps de la parcourir. Route sinueuse, rectiligne, légères montées ou descentes. Toutes ces indications me sont données par ce petit point rouge qui file vers l'ouest. Je m'arrête une fois arrivé au changement de direction. A présent la route file vers le sud, et le vent, s'il y a, sera moins redoutable. Il est 2h00 du matin lorsque je plante ma tente sur le bord de la route, a l'abri d'une barrière de sécurité.

Je repars à 9h30.Une demi heure après le vent se remet à souffler. Il m'aide à arriver en vue de Rio Turbio, le point final de la journée. A seulement 250 kilomètres d'El Calafate, cette ville marque un énorme contraste. Il s'agit d'une ville minière où on y extrait du charbon. Pour entrer en ville il me faut traverser une zone industrielle. D'énormes bâtiments laissent cracher une poussière noire immédiatement soufflée par le vent. Vent de face, poussière dans la figure, dans les yeux et les narines. Bien loin du tourisme de masse d'El Calafatee, nous sommes ici dans une ville animée par le travail de la mine. 13000 personnes vivent ici, toutes en lien direct avec le minerai qui rempli avec peine leur porte monnaie et encrasse leurs poumons. Brook et Ethan me retrouvent ici. Ils me content qu'ils n'ont pas eu de vent jusqu'au changement de direction. Mon escapade nocturne était donc inutile, mais préventive...

Nous dormirons a un kilomètre de la ville au bord de la route. Il pleut toute la nuit,ainsi qu'au réveil. On tarde a partir et un groupe de jeunes viennent nous tenir compagnie à 10h00. Les deux jeunes hommes sont sortis de la mine à 6h00 et sont allés chercher leur amie. Depuis ils boivent du Fernet, une boisson très alcoolisée... Il est finalement 11h00 lorsqu'ils prennent congés. Brook et Ethan étant peu motivés pour sortir sous la pluie, je les abandonne. On se donne rendez vous à Puerto Natales chez mes hôtes. La frontière me demande deux bonnes heures, car je suis passé juste après un bus. J'y retrouve avec surprise David, le cycliste américain. Il est en bus, sa roue est cassée.

A Puerto Natales c'est Neslon qui m'accueille. Il fait partie du rotary club et m'invite chez lui pour le temps de mon séjour ici. il a organisé une médiatisation, ce sera pour lundi. Brook et Ethan me rejoingent et sont finalement invités eux aussi a passer leur séjour avec cette famille (Eva la maman et Fernanda la dernière fille de la maison). Le lendemain nous visitons les grottes du Milodon, un animal préhistorique ayant vécu dans la région. Cette famille est à l'image du Rotary club, à savoir accueillante et généreuse, cultivée, curieuse et intéressante. Un vrai plaisir de passer quelques jours en leur compagnie. Les actions du rotary club ici sont principalement la prévention contre les incendies qui ravagent les forêts alentours. Ils mettent également à disposition des chaises roulantes pour les handicapés. Enfin, ils se chargent de mon accueil ici et de toute la médiatisation de mon passage.

Demain lundi a donc lieu la journée médiatique. Je partirai ensuite en direction de Punta Arenas puis la Terre de feu. Il me reste encore 700 km avant Ushuaia. 700 km alors que plus de 10 000 ont déjà été effectués. L'avoir écrit me donne la chair de poule !

A bientôt et ne loupez pas l'émission sur France 5 lundi à 13h30 !

Julien
 

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Cap sur Ushuaia, Julien Leblay, 2009.

Prix public : 18 euros.
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