Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Collecte de sang à Havelock North.

Havelock North - Dannevirke photos de cette étape

le 21/09/2005

  • nombre de km prévus : 115
  • nombre km effectifs : 125
  • temps prévu : 5h45
  • temps effectif : 7h30
DSC05335DSC05336DSC05337DSC05338DSC05339DSC05340DSC05342DSC05343

Collecte de sang à Havelock North.

Journée de repos à Havelock North

Après ces trois dernières difficiles étapes, la journée de repos était la bienvenue ! Je me suis dirigé avec Barry vers le lieu de collecte de sang à Hastings. Ici, nous avons fait un reportage pour la télévision locale Channel 51 (pour ce qui est de la photo, ce n'est pas moi qui suis petit, mais le journaliste qui est plutôt d'un gabarit impressionnant !) et le journal Hawke's bay Today. Le reportage TV est passé ce soir, et l'article paraitra demain. C'était marrant de se voir à la télé. Je m'aperçois que j'ai encore beaucoup de progrès à faire en anglais ! Nous espérons ainsi avoir plein de mains levées tout au long de la route !

Après ceci, Barry m'a conduit avec Alida à Te Mata Peak qui domine toute la région. La vue est splendide, et annonce également une journée ventée pour demain, en plus du froid. On a sorti la veste aujourd'hui, les températures ont nettement diminuées... Enfin, nous sommes allés à Napier, ville voisine de 55 000 habitants. Vous remarquerez que pour chaque ville, je prends à peu près les mêmes photos : vue aérienne sur une large baie qui fait rêver !

Comme c'est repos, j'en profite pour vous parler de deux petites choses qui ont alimenté les dernières étapes : les brebis et la pluie (l'eau en général).

Depuis que j'ai quitté la region laitière de Whakatane, je n'ai cessé de rencontrer des brebis, des milliers de brebis ! Et ces rencontres sont généralement accompagnées du bruit des agneaux appelant leur mère. Nous sommes en plein agnelage tout de suite (mise bas). Ainsi, vous pouvez voir des milliers de petits agneaux gambader dans le gazon néo-zélandais. Ils vont profiter de cette herbe pendant environ 4 mois. Ensuite ils partiront dans des bateaux réfrigérés, direction l'Angleterre. En effet, une grande partie de ces agneaux sont consommés chez nos voisins les anglais pour Noël (entre 20 et 25% % des exportations). Ils feront alors environ 18 kilos de carcasse, vendus entre 65 et 70 $NZ l'unité (35-40 Euros par agneau). La Nouvelle-Zélande a toujours été célèbre pour ses brebis. L'image de la Nouvelle-Zélande est toujours associé à cet animal. Cependant, jusque très récemment, ces brebis étaient principalement élevées pour la laine. Mais les prix ont considérablement diminués, et les agriculteurs se sont réorientés vers la production d'agneaux pour la viande. Ainsi, la production d'agneaux représente aux yeux des économistes le plus grand succès économique de ces dernières années, apportant des recettes bien plus supérieure que le tourisme ou le marché automobile par exemple... Le nombre de brebis diminue depuis quelques années, mais le nombre d'agneaux a très fortement augmenté depuis environ 25 ans. Une selection est opérée auprès des brebis, pour les rendre plus prolifiques. Ainsi, alors que des doubles (deux agneaux par mise bas) étaient rares il y a 20 ans, ils sont aujourd'hui très courants et les triplets (trois agneaux par mise bas) ne sont pas rares. Si l'on veut s'amuser à comparer avec la production ovine en France, alors je reprendrai l'exemple de mes parents. Ici, un agriculteur peut avoir 900 nouveaux nés en une journée, avec des troupeaux qui dépassent largement les 10 000 brebis. Avec leur 150 brebis au fin fond de l'Auvergne, il faudra à mes parents entre 4 et 5 ans pour avoir ces 900 naissances... Il n'y a pas de comparaison possible ! Les toupeaux sont tout simplement énormes, gigantesques. Les agriculteurs m'expliquent qu'ils ne reçoivent aucune aide de l'Etat ici, et du coup ils doivent avoir ces fermes gigantesques pour pouvoir vivre... Et à la vue de ces élevages (bovins ou ovins), on peut se poser des questions sur l'avenir de nos exploitations et de l'agriculture en France. Comment le paysan auvergnat avec ses 150 brebis peut-il concurrencer, sur un marché aujourd'hui mondial, ces énormes fermes de dizaines de milliers de brebis...

En quelques chiffres, la Nouvelle-Zélande ne consomme que 10 % de sa consommation de viande ovine, le reste est exporté vers l'Union Européènne (45 %), l'Amérique du Nord (14 %), Chine-Corée-Taiwan (12 %), et il s'agit du plus gros exportateur vers les pays musulmans. Dernière chose. Chaque année, la Nouvelle-Zélande subit une petite vague de froid autour du 20 septembre (tout de suite donc), en plein agnelage. Ce soir en regardant les infos on voit des milliers de cadavres d'agneaux trouvés dans les près... Les agriculteurs subissent chaque année de très grosses pertes dûes à cette période de froid, où la neige tombe alors que nous commençons le printemps... Au dernier recensement, on comptait dans les 4 millions de néo-zélandais et 35 millions de brebis...

Concernant l'eau, je parlerai de ce point car il s'agit du fil directeur du projet pédagogique de l'école de Clermont. Rappelez-vous, un canard a quitté la France avec une goutte d'eau sur le dos, et il arrivera à la mi-octobre à Auckland, dans la cour d'une autre école. L'eau est un point très important de ce pays. J'ai passé tout l'hiver à Auckland et vous avez pu voir qu'il a beaucoup beaucoup plu. En fait, pas vraiment de grandes quantités, mais tous les jours. Je crois savoir qu'il ne pleut pas plus à Auckland qu'à paris (à verifier, si quelqu'un veut se dévouer !). Mais ceci n'est pas vrai pour toute la Nouvelle-Zélande. Dans les Fjordlands du sud est de l'île du Sud, il tombe environ 6000 millimètres d'eau par an (soit 6 mètres d'eau pour ceux qui ont des difficultés avec les 0 !). Impressionnant !

Nous avons tous une image très clean de la Nouvelle-Zélande, avec un air et une eau super pure. Vision que j'ai essayé de nuancer récemment en vous parlant de ces déchets le long des routes. Lorsque je me suis arrêté camper près du lac de Rotoma, entre Rotorua et Whakatane, la gérante du camping m'a dit qu'il s'agissait du lac le moins pollué des environs. Les autres lacs autour de Rotorua subissent une très forte pollution organique, et sont en phase d'eutrophisation pour certains. L'Etat a très recemment pris les choses en main, en investissant des millions pour dépolluer les lacs... Cette pollution est dûe aux fermes environnantes, qui ne se soucient guère de l'évacuation des excréments. J'ai souvent vu, lors de mes étapes, des tourniquets qui épendent sur les prairies (et près des rivières) le lisier comme on irigue nos champs de maïs en France... Pas très écologique ni raisonné comme amendement... Du coup une partie de ces excréments ne peut pas être retenue par le sol et se retrouve lessivée dans les rivières, puis les lacs, facilitant ainsi la prolifération d'algues nuisibles. J'ai entendu beaucoup de personnes me dirent que leur rivière, qui était claire il y a quelques années, a changé de couleur du fait de la pollution. Certains se plaignent de ne plus voir de poissons dans certains cours d'eau autrefois très peuplés...

En ce qui concerne la consommation d'eau, alors qu'en Auvergne l'eau de notre robinet provient de sources drainées par les terres volcaniques, ici elle provient directement du ciel. Chaque néo-zélandais habitant dans la campagne possède son propre tanque d'eau qu'il remplit par l'eau tombant sur son toit (voir photo). Ainsi, vous entendrez souvent un kiwi vous dire qu'il est temps qu'il pleuve car son tanque se vide. Et dans un pays où l'eau vendue en supermarchés est presque deux fois plus chère que le Coca Cola, il vaut mieux remplir son tanque ainsi ! Mais en cas de pénurie, vous pouvez commander vos quelques centaines de litres d'eau à une compagnie qui viendra remplir votra tanque avec une citerne. Je ne connais pas le prix exact de l'eau vendue en vrac, si certains le savent, rendez-vous sur le forum ! Chez Barry et Alida, l'eau provient d'une nappe phréatique, comme tous ceux habitant en ville.

Voilà pour ce qui est de l'eau dans ce pays. Je vous laisse réagir sur le forum comme vous l'avez fait concernant les maories et le côté écologique de la Nouvelle-Zélande. Mais sachez juste que, encore une fois, la Nouvelle-Zélande n'est pas aussi clean que l'on se l'imagine. Les problèmes écologiques existent dans ce pays et préoccupent de plus en plus la population. A ce propos, tous les kiwis rencontrés sont d'accord avec moi pour dire que les bords de routes sont de vraies poubelles... Je rajouterai que lors de mon petit séjour de 10 jours dans l'île du sud, je n'avais pas remarqué ce problème, car j'ai voyagé en voiture. Et en voiture, ce sont des petites choses que l'on ne remarque pas...

Je vous laisse donc avec ça. Demain je reprends la route avec Caroline. J'avais prévu de partir sur la côte pacifique. Mais il est tombé de la neige sur Ruahine Range (ça caille ici tout de suite !!). Du coup nous allons nous diriger en direction de cette montagne que nous longerons jusqu'à Wellington. Si le vent nous est clément, nous devrions rejoindre Dannevirke demain, après plus de 100 kilomètres de vélo... C'est pas gagné !

Je vous dit à bientot, sûrement lors de mon arrivée à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande. J'aurai alors, je l'espère, plein de belles choses à vous dire !

13eme etape

Je quitte Hastings apres un de ces fameux petit dejeuner costaud et de grands remerciements a mes hotes, qui m'ont permis d'avoir un repos digne de ce nom. Je retrouve Caroline a Hastings, comme prevu. Les premiers kilometres se font au milieu de la vigne et des vergers. Cette region est fameuse pour ses fruits, orchidees et son vin. D'ailleurs, nous avons eu droit a une nuit tres speciale ici. Il y a eu des temeratures negatives cette nuit, qui auraient pu etredesastreuses pour les differentes cultures qui ont tout juste bourgeonnees. Du coup les producteurs ont fait appel a des helicopteres, qui ont tourne une bonne partie de la nuit au dessus des plantations pour maintenir une temperature suffisante pour ne pas endommager les bourgeons fraichement sortis, et ainsi assurer une recolte future. Du coup, ce ne sont pas moins de 180 helicopteres qui ont tourne dans la nuit ici ! Sans compter tous les feux allumes. Cette vague de froid fait la une de tous les journaux. Apparemment cette nuit a ete tres longue pour les producteurs, mais ils ont largement limites les degats ainsi. Par contre la facture risque d'etre salee...!

Apres une trentaine kilometres de plat au milieu des plantations, la route s'eleve dans un decor que j'aime beaucoup : des paturages vallonnes parcourus par des brebis. Le sommet nous offre une vue splendide sur les montagnes de Ruahine, dont les sommets (culminant aux alentours de 1700 metres) sont enneiges par les dernieres nuits plus que fraiches.Cette montagne, surplombant une grande plaine, est d'une grande beaute. Nous avons la sensation de pedaler en pleine carte postale. Les montagnes enneigees, une plaine verdoyante, un ciel d'un bleu parfait, des elevages de brebis, vaches ou cervides (tres communs en Nouvelle Zelande). Un pur bonheur de pedaler dans ce cadre magnifique ! Notre regard ne cesse de se porter sur notre droite ou le spectacle est saisissant. Il fait super beau meme si relativeent frais, ce qui nous permet de profiter pleinement de ces paysages. Caroline est aux anges, c'est le genre de paysages qu'elle affectionne, elle qui ne voit pas la neige en Australie. Ce decor la ramene a une vision du Chili. C'est tres interessant de voyager avec elle, j'ai l'impression de decouvrir l'Amerique du Sud ! Elle a toujours des petites references a des pays de ce continent que je ne connais pas. Donc aujourd'hui, c'etait le Chili !

Aujourd'hui encore le vent est tres present. Et aujourd'hui encore il nous fait plein face lorsque nous changeons de cap pres de Takapau, lorsque nous rejoignons la route numero 2 (encore elle !). Alors a seulement 20 kilometres de l'arrivee, alors que nous luttons contre ce vent, un panneau de Backpacker nous fait de l'oeil...
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- Keep going ?
- Keep going !
Ce qui est fait aujourd'hui ne sera plus a faire. Le temps nous est clement meme s'il vente et si le froid commence a venir nous chatouiller les doigts. 10 kilometres plus loin, nous nous arretons dans un motel pour connaitre le prix d'une chambre. 65 NZ$, on remonte donc sur nos montures ! Finalement nous arrivons dans un Backpaker a Dannevirke a 18h30 au moment ou la nuit prend le relai sur le jour. Nous avons alors roule pendant 7h30, pour faire 125 kilometres... Pas mal du tout ! Ce backpacker est un ancien hopital... Autant vous dire que l'ambiance n'est pas des plus chaleureuses. Nous navigons dans de longs couloirs etroit et sombres, la cuisine est insalubre... Ca ne donne pas envoe de rester ici pour plusieurs nuits.

Apres avoir avale un bon repas (ce sera 400 gramems de pattes pour moi, et une petite banane), on file au lit. Demain, une autre journee nous attend...

 


 
Commandez le livre relatant cette aventure
dans notre boutique.

Voyage du bout du monde, 2700 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2006.

Prix public : 14 euros.
couverture_nz.jpg