Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Vent+pluie+froid = Journée galère !

Dannevirke - Eketahuna photos de cette étape

le 22/09/2005

  • nombre de km prévus : 123
  • nombre km effectifs : 75
  • temps prévu : 6h15
  • temps effectif : 4h30
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Vent+pluie+froid = Journée galère !

En se levant ce matin, la première chose que nous faisons est de regarder par la fenêtre pour voir le temps qu'il fait... Ca ne donne pas envie...! La journée s'annonce mal. Avant de partir, nous discutons un peu avec une Kiwi qui dort ici aussi.
- Vous pédalez dans toute la Nouvelle-Zélande ?
- Yep yep !
- Et vous allez pédaler aujourd'hui, avec ce temps ?
- Ben oui, on n'a pas trop le choix...!
On enfourche nos deux bolides alors qu'elle va se mettre au chaud dans le backpacker. Il nous faut pédaler maintenant, pour nous réchauffer alors qu'il doit faire entre 6 et 7 degrés...

Après quelques kilomètres, je crevé de nouveau. Je crois que c'est ma quatrième crevaison depuis le début... Je me pose sur le bas-côté, entre une canette de coca et une autre canette de bière, plus deux ou trois emballages divers (la routine quoi). J'extrais de mon pneu un joli morceau de verre provenant certainement d'une bouteille de bière. Preuve encore que alcool et sport ne font pas bon ménage !

L'incident réparé, nous continuons notre route pour nous arrêter à Woodville, qui est située au pied d'une colline (comme beaucoup de villes en Nouvelle-Zélande !!) où surgissent de nombreuses éoliennes. Ce sont les premières éoliennes que je vois dans ce pays. Personnellement j'adore ça ! Je trouve ces monuments très beaux lorsqu'ils sont placés dans des endroits appropriés, et ce mode d'énergie est on ne peut plus propre. Et dans un pays comme celui-ci, où il y a tant de vent, vous comprendrez que c'est très bien approprié. Mais la Nouvelle-Zélande n'en est qu'à ses premières éoliennes. La plupart de l'énergie est produite par l'eau. L'hydro-électricité représente environ 40% de la production d'électricité en Nouvelle-Zélande. S'en suit ensuite l'électricité thermale (produite par la chaleur du sol). On trouve une grosse station à Taupo ainsi qu'à Rotorua. Les éoliennes ne représentent qu'environ 3-4% de la production, mais ce chiffre va augmenter dans les prochaines années. Il y en a une centaine autour de Woodville. Ca donne un peu plus de valeur esthétique à cette montagne qui n'a rien d'extraordinaire ici.

Après la pause déjeuner effectuée à Woodville, les conditions climatiques s'améliorent nettement. La pluie est restée accrochée aux éoliennes ; seul le vent et le froid nous accompagnent maintenant. C'est nettement mieux...! Alors les 40 kilomètres sont d'une monotonie déconcertante. Nous évoluons laborieusement dans une plaine ennuyeuse où les lignes droites semblent interminables. Et même pas une petite crevaison pour se changer les idées ! Pour terminer cette journée au plus vite, nous décidons de rester sur la route numéro 2 ; nous ne prendrons pas les petites routes où la circulation est moins importante. Aujourd'hui, il nous s'agit juste d'avancer, de pédaler, rien d'autre...

Alors, dans ce cas là, notre esprit tente de se détacher du corps qui lutte pour rester sur le vélo. Je pense beaucoup pour ne pas penser à ces longs kilomètres qu'il nous reste encore à parcourir aujourd'hui. Je pense à toutes ces choses déjà vues ici, depuis 5 mois passés en Nouvelle-Zélande. Je pense à ce Tour, où j'ai déjà effectué plus de 1000 kilomètres et vu tant de belles choses. Quelle chance d'être ici, de découvrir ce pays ainsi ! Je pense à du chocolat (c'est mon côté féminin qui ressort!), au sourire des françaises (ça c'est mon côté masculin...), à la France que je retrouverai dans seulement trois semaines (trois petites semaines, mais trois semaines qui s'annoncent intenses, autant que les 3 précédentes), à mon rapport de stage, que je dois soutenir dans trois semaines aussi... (alors ça ce n'est vraiment pas marrant, dur retour à la réalité !!)... Enfin voilà, je pense à plein de trucs pour essayer de me détacher de mon compteur qui ne défile pas bien vite...

C'est avec une grande joie que nous arrivons au camping de Eketahuna où nous resterons au chaud dans une petite cabine superbe : Deux lits, le chauffage, un toit étanche, une cuisine et des toilettes propres. Que demander de mieux ? Nous avons effectué 75 kilomètres aujourd'hui, et pédale 4h30, mais c'est largement suffisant vu les conditions climatiques. C'était juste une mauvaise journée passée à pédaler en Nouvelle-Zélande. Mais cette cabine est un petit paradis après cette journée, un petit paradis à 10$ chacun !

En cherchant mon couteau dans mes bagages, je retrouve par hasard une petite enveloppe que m'avait donnée la famille qui tient un petit magasin de vélo à Whenuapai (Auckland).Ils étaient venu pédaler pour les premiers kilomètres du départ, et m'avaient laissé ça. Je n'avais pas eu le temps de l'ouvrir et l'avais oublié. Ce soir je prends le temps de l'ouvrir, et ait la surprise d'y découvrir 100 $NZ...! Une fortune ! Je crois que ça résume assez bien la générosité des kiwis ! Brian et Rachel m'avaient aussi laissé une enveloppe du même genre avant de me quitter dans le Coromandel. Alors un grand merci, merci pour cette fortune qui me permettra de vivre au moins jusqu'à Wanganui, vu que je suis accueilli à Wellington et Palmerston North (eh oui, encore la générosité des kiwis !). J'ai été hébergé presque à toutes les étapes ici, j'ai rencontré des gens fabuleux et généreux. Les kiwis ont une grande qualité, c'est leur générosité, parole d'Auvergnat (pour ce qui ne le savent pas, les auvergnats ont la réputation d'être radins !!).

Du coup je vais me coucher plus riche que je ne l'étais ce matin, alors que dehors il pleut des sceaux d'eau. Nous espérons qu'il pleuve toute la nuit pour que la journée de demain soit plus sèche. Mais ici, il peut pleuvoir des journées entières d'affilé... Nous verrons ce que le temps nous réserve...!
 


 
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