De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Enfin à l'étranger !

Servoz - Lausanne photos de cette étape

du 19/07/2010 au 21/07/2010

  • nombre km effectifs : 114
  • temps prévu : 100
  • temps effectif : 8h30
Merci Annette pour le massage, merci Pierre pour la bière !Amis de Proludic, fermez les yeux......c'est pourtant un camping en franceIMG_5901IMG_5902IMG_5903Essais des vélos par l'équipe d' Hi-Tec, noter partenaire chaussures

Enfin à l'étranger !

Le lendemain, jour de repos. Nous peinons à nous déplacer, les jambes endolories par les courbatures et les chaussures. Les parents de Marion ayant approché les vélos à Servoz, nous y restons la journée. L'occasion pour nous de les remercier une nouvelle fois. Nous avions à l'origine prévu de repartir à vélo dès le lendemain de l'ascension. Nous nous rendons compte aujourd'hui que ce fut mission impossible.
Nous restons une journée au camping avant de repartir pour la Suisse. Du camping, nous observons le Mont Blanc tranchant avec le ciel bleu. Hier nous étions là-haut, nous avons encore du mal à le réaliser.

A Sallanches, nous nous arretons chez l'entreprise Hi-Tec. Benoit Dauverne et son équipe nosu recoivent avec beaucoup de chaleur et d'enthousiasme. J'avais rencontré Benoit lors d'une conférence faite ' Chambery, et il m'avait proposé de nous sponsoriser pour notre voyage en nosu offrant des chaussures. Nous avions accepté, à une seule condition : elles doivent pouvoir faire les 27000 km ! Le défi a été lancé, et nosu sommes chaussés par Hi Tec. Nous faisons un premier debriefing sur les sandales et chaussures dont nous nous sommes très bien accomodés. Les prochains milliers de kilomètres nous en diront plus, mais nous sommes confiants !
 
Thomas, le médecin de l'EFS qui a fait l'ascension avec nous, nous avait dit qu'il fallait attendre deux ou trois jours pour apprécier la performance ; d'abord l'esprit est encombré par la douleur et les courbatures. C'est bien notre cas. Marion s'en tire avec une entorse, couplée d'une allergie aux soins pratiqués pour la soigner. Sa cheville gauche a doublé de volume, elle suppure et oscille entre les couleurs rouge - bleu - jaune. Alors que nous traversons une pont étroit, je m'arrête brusquement pour laisser passer un bus et Marion, un peu tête en l'air, me rentre dedans et chute. Cela n'arrange rien, les larmes coulent, l'énervement monte. Conscients que Marion est a bout physiquement et moralement, je m'attends à ce qu'elle veuille en terminer avec ce voyage. J'élabore alors des stratagèmes pour la persuader de continuer, au moins jusqu'à Lausanne ou nous pourrons nous reposer convenablement. Elle m'avouera par la suite qu'elle n'a jamais songé à arrêter. Les larmes coulent facilement sur ses joues, mais le moral reprend très vite le dessus. C'est comme cela, il faudra que je m'y fasse !

 
 
Nous traversons la frontière sans grande excitation, trop préoccupés par notre état. Les douaniers, une bonne dizaine, bras croisés ou mains dans les poches, nous laissent passer sans nous arrêter ni nous questionner. Pas sur que toutes les frontières soient si faciles à traverser !
 
Marion parvient à pédaler jusqu'a Genève ou nous sommes accueillis par Claude Marthaler et son amie. Claude est un cyclonomade suisse de renom, et être accueilli chez lui est un grand bonheur (voir son site http://www.yaksite.org/). Nous passons la soirée avec nos hôtes et nous sommes rejoints par Brooks, notre ami États-unien rencontré sur la ruta40 en Argentine. Il travaille à Genève depuis un an après avoir passé un an à Clermont-Ferrand.
 
Après une nuit passée dans la cuisine de Claude, nous reprenons les vélos pour Lausanne. Mais très vite nous abdiquons et faisons demi tour pour prendre le train à Genève. Le parcours s'avère ainsi plus reposant et plus rapide.
A Lausanne, nous avions rendez-vous avec le service de transfusion qui avait pour trois jours un bus au centre de la ville. La transfusion en Suisse est plus ou moins calquée sur la transfusion en France, les mêmes règles y sont appliquées dans grande particularité. Sur le bus est écrit que chaque jour le pays a besoin de 1254 dons. Le responsable de la transfusion dans la région nous explique que le mondial du foot a occasionné une chute de 15% de dons, les gens préférant regarder leur télévision plutôt que d'aller donner leur sang. Lors de la coupe du monde de 2006, ils avaient observé une chute de 30%... Le foot perd de l'intérêt à en croire le service de transfusion Suisse !
 
Après une petite escale à l'hôpital ou les médecins prescrivent une ordonnance pour une pommade moyennant 50 euros de consultation (une somme à vous rendre malade !), nous nous installons au camping ou nous resterons deux nuits moyennant 25 euros par nuit (de quoi faire une rechute). Depuis le départ, nous n'avons pas passé une journée seuls sans rendez-vous ni amis autour de nous. Nous sommes heureux de ce départ qui s'est fait en douceur et bien entouré. Mais il est temps pour nous de nous retrouver tous les deux, pour commencer enfin notre voyage en amoureux. Ces quelques jours à pédaler nous ont permis de nous tester physiquement. Malgré la cheville de Marion, le test a été concluant. Nous avons effectué 800 kilomètres a vélo sans grand peine malgré la très forte chaleur. Nous avons gravi le Mont Blanc sans grande difficulté non plus.
Maintenant, nous devons apprendre à être à deux, à vivre en autonomie, en faisant attention à l'autre, à être à son écoute. Un repos à Lausanne nous permettra d'effectuer cette transition.
 
Demain nous repartons en direction de Fiesch, ou nous pensons arriver dimanche pour une petite balade au pied du plus grand glacier d'Europe.
A suivre !
 
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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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