Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

Après la forêt, le vignoble... puis la forêt.

Vinica - Novo Mesto photos de cette étape

le 21/06/2006

  • nombre de km prévus : 86
  • nombre km effectifs : 75
  • temps prévu : 5h30
  • temps effectif : 5h30
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Après la forêt, le vignoble... puis la forêt.

La première partie de cette nouvelle étape se déroule au coeur du vignoble slovène, où se produit un vin d'excellent qualité. La balade est exquise malgré le relief encore une fois très accidenté. Des petites maisons carrées, isolées par des vignes d'un vert très clair, le tout dans une pentre très forte. Le mélange est une vraie réussite ! Mais encore une fois le soleil tape très fort et me fait pencher la tête sur le guidon et me fait suer à grosses gouttes; Quand est-ce qu'il pleut ?!

A Crnomelj je rencontre une couple de cyclos suisses. Petite discussion sur le matériel, les routes empruntées, les lieux à voir. Puis on se quitte avec des grands gestes amicaux, signe de bienveillance. Nous allons au même endroit mais je ne prendrai pas la même route qu'eux. Je décide de visiter la fameuse "Baza 20", en pleine montagne, tout prèt de Kocevski Rog. Une longue montée m'y conduit, que j'effecuerai en grande partie à pied. Après deux heures de route, dans la forêt, me voilà enfin arrivé.

Baza 20 fut construit durant la deuxième guerre mondiale, en 1943. Il s'agit d'un haut lieu de la résistance slovène face à l'ennemi italien.Les premiers résistants y habitèrent dès le 17 avril 1943. Le nombre d'habitants augmenta et le vilalge se contruisit peu à peu. En automne 1944, on comptait plus de 140 personnes et 26 maisons.On trouvait ici une école, un hopital et plusieurs batiments servait pour la propagande résitante. Des journaux y étaient imprimés. Baza 20 à servit jusqu'en décembre 1944, jusqu'à ce que le leader de la résitance déménagea à Crnomelj. Grace à la sécurité mise en oeuvre ainsi qu'au camouflage, ce village de résistants ne fut jamais découvert, et il remprésente un site important pour la Slovénie. Il s'agit d'un site classé monument culturel, dès 1952.

Ce village se situe au bout d'un petit chemin. Après une dizaine de minutes, on découvre des premiers toits, puis les maisons, disséminées ici ou là, dans un creux ou derrière des rochers. En effet, le camouflage est optimal. La sensation est très étrange, d'autant plus que je suis seul. J'ai juste croisé sur le chemin un couple belge sur le retour. Avant de venir ici, certains slovènes me disaient qu'il n'y avait rien, juste quelques maisons. C'est vrai, il n'y a que quelques maisons, dont certaines sont ouvertes et forment un petit musée. Mais c'est bien plus que cela. En restant quelques minutes ici, en ouvrant une porte, on replonge avec vivacité dans les films de guerre où les documentaires montrant la vie des résistants. S'imaginer que plus de 100 personnes ont vécues ici, cachées, pendant plus d'une année sans être jamais découvert, et tout en faisant une résistance très active contre l'oprésseur, cela me donne des frissons.L'angoisse est palpable dans tous les coins de maisons, dans le grincement des planchers, à travers les fenêtres ou derrière les rochers de calcaire... Je quitte ce lieu en gardant le silence, imprégné de l'ambiance qu'il y régnait il y a 60 ans, à une époque où il fallait être le plus discret possible.

Le couple belge rencontré juste avant avait trouvé la pente très raide pour venir jusqu'ici. Ils étaient venus à vélo de Dolenjske Toplice. Tant mieux, cela m'annonce une belle descente ! Arrivé en bas, la fraicheur de la forêt n'est qu'un caste souvenir. La chaleur et l'humidité reprennent le dessus. A l'office du tourisme, le rsponsable me demande si j'ai vu des ours. Toujours pas, quelle déception ! Il me donne alors les directives en cas de rencontre avec cet animal. Surtout ne pas fuir, ou alors à rouler à plus de 70 km/h (vitesse de pointe de l'ours affamé). Tout ce qui court apparaît à l'ours comme un repas intéressant. Bin, je tacherai de m'en souvenir ! Cela dit, il m'annonce qu'en SLovénie, on dénombre environ 800 ours, et que les accidents avec les hommes ou les brebis sont très rares. Il ne comprend pas pourquoi les français sont si effrayés par l'importation de quelques malheureux ours slovènes dans les Pyrénées...

Plus loin, à Jursko Vas (Vas = village), je m'octroie une petite pause apéro en compagnie de Jana, Ida et Marjan. Ida et Marjan sont les parents de Katja, qui m'avait hébergé une nuit à Ljubljana. Jana est sa soeur.Toutes deux sont musiciennes et ont remporté l'an passé les championnats du monde avec leur orchestre... Belle performance, qui est, me dit-elle, passée inaperçue dans leur pays, pourtant si petit.

Cette petite pause se veut très rafraichissante. Vers d'eau pour commencer, melon et cerises pour continuer.L'eau est délicatement remplacée par un Sauvignon Blanc de Maribor. Pour terminer, deux belles parts de Studelj, gâteau à base de cerises. Puis vient le temps de prendre une bonne douche, que j'apprécie très fortement. Je dois refuser très poliment le litre de Sauvignon qu'ils veulent m'offir avant de partir, faute de place sur mon vélo. Je repartirai quand même avec un demi litre et deux parts de Studelj ! Leur maison (voir photo) est très typique des maisons slovènes : grande, rectangulaire, blanche et fleurie.

Me voilà reparti, en direction de Novo Mesto, une bonne heure après. Merci pour cet accueil de bord de route, très sympathique ! J'aurai même pu voir trois buts de la coupe du monde de football. Lorsque je repars, le Portugal mène deux buts à 1 face au Mexique ! Un kilomères plus loin, je susi déjà en eau. La chaleur est tenace et humide. Je reconnais cette portion de route que nous avions empruntée Fabien et moi lors de notre Tour d'Europe de 2004. Sur le petit chemin à droite, nous nous étions fait dévorer par les moustiques ! Un peu plus loin, je reconnais le pont en bois traversant la rivière...

A Novo Mesto c'est un français, Benoit, qui m'accueille. Benoit est tombé sur notre site internet par hasard en cherchant des billets de train pour Zagreb (allez comprendre la magie du référencement internet...). Il s'est proposé de m'héberger. J'ai volontier accepté. Il travail à l'usine Renault, pour fabirquer la fameuse Clio que l'on trouve partout sur les routes ici. Renault est une des plus grandes entreprises des pays dits de l'Est. C'est dans cette usine que travaillait mon cousin Riwall que nous avions vu en 2004. Benoit le connait bien, puisqu'il vit maintenant dans ce qui fut son appartement ! Le monde est petit ! Me voilà donc chez Benoit, à l'endroit même où il y a deux ans j'étais chez mon cousin ! Pour la douche et les toilettes, pas de problème, je connais le chemin !

Nous passerons la soirée en compagnie d'autres français qui fêtent la fin de leur stage ici. Après deux mois, ils quittent la Slovénie, qu'ils ont beaucoup aimé. Malheureusement ce soir nous arrivons un peu tard et l'alcool a déjà fait son effet, certains d'entre eux n'ont plus beaucoup de conversation...!

Demain est organisée une journée médiatique à l'hopital. Je dois m'y rendre à 9h30. C'est Katja (qui m'a hébergée à Ljublajan et dont la maman fait de très bons Studelj) qui a organisé tout cela. Nous verrons cela !

Reposez vous bien, on rattaque dans deux jours avec une longue étape pour rejoindre Celje...

Julien

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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