Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

En pleine forêt en Roumanie.

Poiana Horea - Garda de Sus photos de cette étape

le 20/08/2007

  • nombre de km prévus : 50
  • nombre km effectifs : 71
  • temps prévu : 3h00
  • temps effectif : 6h15
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En pleine forêt en Roumanie.

Le climat est doux ce matin. Je traverse Poiana Horea avec calme alors que ce petit village se réveille en douceur. Sur ma carte, la route quitte la rivière au niveau de ce village. Alors je fais de même et bifurque à gauche dans une longue montée. Durant les 7 km de piste, je me demande si je suis sur la bonne route. La réponse se trouve en haut, lorsque le chemin s'arrête dans une clairière. Apparemment non ! A ma gauche une petite piste. Je l'empreinte. Elle semble girmper au sommet de la montagne, et la bonne route doit être de l'autre côté. Après un peu de marche à pied, je retrouve un chemin plus large, 4 caches, une bouteille en plastique et une boite de pâte. Pas de doute je suis sur la bonne route, celle de l'humanité ! Quoi que plus large, la piste n'en est pas plus praticable. Je vois à ma droite, sur l'autre montagne, quelques maisons. Leur présence me rassure, tout comme la tronçonneuse que j'entends a ma gauche dans la vallée. On n'est jamais réellement perdu en Roumanie, il y a toujours quelques hommes autour de nous. Je continue d'avancer, sans savoir ou je suis ni où je vais... Après plus d'une heure de vagabondage, je retrouve enfin une piste plus large, carrossable. Je descends et traverse une village de Tsiganes, reconnaissable par les cabanes en plastique. On y respire la misère la plus totale. Je m'y arrête pour demander mon chemin. Albac ? Tout droit me dit-on. Je poursuis. Plus loin des maisons en bois, toujours sans électricité. Je croise alors des bucherons et plusieurs voitures. Tous ont l'air bien surpris de voir un cyclovoyageur sur cette piste. Alors que j'ai déjà éffectué 35 km, un bucheron m'annonce Albac à 13 km. C'est beaucoup !Je m'enfonce encore plus dans cette forêt de pins. A un de ses nombreux sommets, je la découvre d'en haut. Immense et vallonnée, elle est clairsemée par quelques clairières ou sont implantées des maisons. Comment ces gens vivent ils ici ? L'accès en été y est déjà difficle. Qu'en est -il de l'hiver ?! Les gens qui y habitent sont rudes mais souriants. Cette montagne me plait et me fascine, ses occupants encore plus !

Teresa n'est pas du même avis. Mon vélo est en mauvais état. La béquille ne tient plus en place, le porte bagge arrière perd des boulons, celui a l'avant fait des bonds à chaque caillou rencontré, la chaine est encombrée de graviers et les freins sont rongés. Mais il resiste. Qu'en est-il du cycliste ? Les 10 km de descente sur un chemin raviné ont raison de moi. Je frémis à chaque secousse. Mon épaule est douloureuse, mon poignet droit peine à freiner, mes reins ne me permettent plus de m'asseoir, ni de me lever. Mes côtés vibrent et mon dos a bien du mal a assembler le tout. Mais je résiste. C'est en grimacant que nous descendons.

Au fil des km, la forêt disparait peu à peu. Les prés se font plus larges, les tas de foin plus nombreux. Puis l'électricité réapparait, alors les maisons foisonnent sur ces fortes pentes. Et puis vient enfin le goudron. Après 45 km et 5 heures de vélo, j'arrive sur la route entre Horea et Albac. Un panneau m'avait pourtant annoncé une distance de 26 km ce matin.. Bon, j'avoue, je me suis un peu égaré !

Je longe alors une vallée très peuplée. Impossible de trouver un endroit ou camper. Finalement je tente ma chance dans un camping. En fait, un pré ou sont installées des tentes. Je demande à un Roumain s'il est possible de camper ici. Oui me dit il, sans problème. UNe vieille femme viendra plus tard te demander 5 Lei. Aie, c'est là mon problème. Je n'ai plus que 7 Lei sur moi et aucun distributeur dans les 100 prochains kilometres. Il m'est donc impossible de payer 5 Lei si je veux avoir à manger pour les deux prochains jours. Et pourtant, 5 Lei, c'est à peine 2 euros, une misère ! Marius, le roumain s'interroge, me les offre sans problème ! Me voilà donc invité dans ce camping ! Je passerai le reste de mon temps entre Teresa (réparation et nettoyage), la cuisine et ce groupe de 4 roumains. C'est alors qu'un autre roumain vient à moi et m'invite à manger avec lui et sa famille. Soit, me voilà invité à manger, de la cuisine roumaine s'il vous plait ! Le repas est constitue de pommes de terre, tomates, poivrons et de cochon grillé. et le tout mélangé avec du riz préparé par mes soins, un vrai régal. C'est Alexandru qui m'a invité. Il est accompagné de sa femme Adina et de ses parents Vlad et Lidia. Nous passerons le reste de la soirée ensemble, à discuter de tout et de rien, mais surtout de politique autour de bière et de vin. Alexandru me fait également don de 60 Lei pour aller ainsi jusqu'au prochain distributeur d'argent ! De quoi vivre pendant 4 jours !

Cette étape fut merveilleuse. J'ai découvert une montagne tout à fait atypique ou des bucherons vivent dans des conditions hallucinantes. Puis j'ai enfin pu goûter à l'accueil chaleureux des Roumains, qui vous réchauffe le coeur et le corps !