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Journée orageuse en Hongrie.

Keszthely - kapuvar photos de cette étape

le 05/07/2004

  • nombre de km prévus : 150
  • nombre km effectifs : 139
  • temps prévu : 6h30
  • temps effectif : 5h00

Journée orageuse en Hongrie.

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Nous sommes parti du camping de Keszthely à 11 heures ce matin. Il y a des jours où on a du mal à démarrer! Nous prenons la direction de Zalaszentgrot. On vous donne quelques petits noms sympas à lire. Pour la prononciation, on laisse votre imagination vagabonder. Dans ces pays de l’est, ce serait intéressant de savoir comment ils comptent les points au scrabble. Les z ou les y doivent compter pour un petit point seulement contre 1à chez nous ! Trop facile de les caser ! A voir. Mais pour l’instant, on n’a pas trop eu le temps de jouer aux jeux de société.

Nous avons donc traversé la plaine hongroise. D’un point de vue paysager, l’empreinte du communisme est très présente. Des parcelles immenses, de plusieurs dizaines d’hectares, s’étendent de part et d’autre des routes rectilignes à n’en plus finir (photo 3 à 5; 11 et 12). Nous avons également traversée de grandes futaies de charmes et de chênes. Nous sommes à l’opposé de l’habitat très diffus de la Slovénie. Ici, toutes les maisons sont rassemblées dans des petits villages, autour d’une église. Toutes les habitations se ressemblent étrangement (photo 10). Elles sont assez tristes, carrées avec des toits en tuile. On trouve également souvent d’immenses bâtiments qui tombent en ruine. Ici, les agriculteurs ont longtemps travaillé pour l’Etat communiste à qui tout appartenait. Tout a été regroupé : parcelles et habitations pour obtenir ces immenses exploitations. Elles n’ont jamais été très productives alors que le potentiel est grand. Mais des agriculteurs fonctionnaires, ça ne peut pas marcher. Ce métier demande beaucoup plus que 35 heures par semaine et nécessite une grande flexibilité dans les horaires. De ce fait, la Hongrie, comme de nombreux anciens pays communistes, a pris beaucoup de retard en agriculture. La chute du communisme (comme dirait les inconnus : « c’est pas une vie » (courage Alex ;-)) a rendu les paysans propriétaires. Malheureusement, on se retrouve avec des petits paysans, qui trimballent du foin en charrettes tirées par deux chevaux, et des parcelles allant souvent jusqu’à cent hectares, ainsi que des bâtiments immenses. Le regroupement des habitations n’arrange en rien la situation : les paysans ont beaucoup de distance à faire contrairement à chez nous où la plupart du temps la ferme se trouve au centre de l’exploitation. Alors ces grands espaces agricoles sont convoités par les industriels qui y développent «l’agrobusiness». Ces exploitations sont achetées pour y produire du maïs et des céréales. A côté de cela, le petit paysan est dans la misère. Voici en gros quelques précisions sur ces grandes plaines. Peut-être ais je dit des bêtises. Je compte sur mes collègues géographes ou profs pour me corriger ! Je n’ai pas pris mes cours avec moi, et comme je ne retiens pas tout…

A propos de correction ; rien à voir avec la Hongrie. Nous vous avions parlé du Pont des Soupirs de Venise. My sister m’a dit qu’en fait, il s’agissait du passage entre le tribunal et la prison (et non pas entre la prison et le lieu d’exécution). Et donc les personnes qui venaient d’apprendre leur condamnation, poussaient des soupirs (normal) sur ce pont. Voilà. Donc merci à la frangine pour cette petite précision, et également pour ses traductions (je sais, je l’ai déjà dit, mais bon, elle fait vraiment un boulot énorme, alors dès que je peux, un petit merci, ça fait pas de mal !!).

Pour revenir à l’étape du jour, eh bien nous avons rejoint Kapuvar, au sud est du « Neusiedler See (grand lac qui s’étend en Autriche et en Hongrie). Nous sommes allé plus haut que prévu. On en a marre des moustiques alors on pédale vite pour y échapper. On a donc fait 139 kilomètres en 5 heures de vélo. Du coup, demain on a à peine 30 bornes à faire pour s’approcher de la frontière autrichienne. On ira sûrement s’installer à Sopron, pour visiter Vienne l’après-midi. Le temps était très lourd toute la journée. Du coup, on n’y a pas échappé, on s’est pris des seaux d’eau sur la tête à seulement 5 kilomètres de l’arrivée (photos 11 et 12)! Il pleut tout de suite, du coup on a pris une caravane. Les patrons sont vraiment sympas. D’une part parce que c’est vraiment pas cher (mais ça, c’est parce qu’on est en Hongrie). Pour 20 euros, on a la caravane, avec l’électricité et deux petits lits. Très appréciable quand on voit le temps qu’il fait (PS : à Venise, à ce prix là, tu as le droit de déplier ta tente et tu galère pour l’électricité !). Ils nous ont payé un coup à notre arrivée et la fille, Monica (photo 13), nous a prêté son ordinateur pour internet. A propos d’Internet, on a pris un forfait à Wanadoo. Ils ont une option qui s’appelle « Grand Voyageur ». Avec un nom pareil, c’est un truc pour nous ! Théoriquement ça te permet de te connecter partout en Europe. Eh bien depuis qu’on est en Italie, ça n’a jamais marché… Donc merci Wanadoo, trop cool votre option ! Donc c’est pour ça qu’on galère pour mettre à jour notre site. C’est vraiment râlant. On a toujours à disposition une prise téléphone, mais on ne peut jamais s’en servir. Voilà, c’était juste un petit détail pour les futurs voyageurs internautes : assurez vous que ça va marcher avant de partir !

La journée a été plutôt cool. On est arrivé vers 17 heures. Les jambes ont encore bien tourné aujourd’hui. C’est plutôt rassurant dans l’optique de la traversée de l’Allemagne, qui va être la partie la plus dure du parcours (mais on n’en est pas encore là !). On s’est fait bouffer par les moustiques qui sont en quantité phénoménale et qui ont faim de touristes. Les insectes sont impressionnants. Fabien a croisé un Lucane Cerf-volant (photo 1) d’au moins 10 centimètres ! Enorme ! Et puis il y en a partout. La visière de la moto a stoppé le vol de nombreux individus volants.

Demain donc, c’est quasiment repos, avec 30 bornes à faire. Une grosse heure et c’est fait ! Nous avons une bonne semaine de repos qui s’annonce, puisque après-demain nous ne faisons rien. Ensuite nous rejoindrons Bratislava où nous poserons les valises pour 3 jours. Le bonheur !

Nous vous disons donc à demain pour une toute petite étape. Bonne nuit à vous. Nous on va manger un morceau puis aller se coucher.

Depuis le départ, nous avons parcouru 2109 kilomètres, en 87h05 minutes.