Cordillère des Andes 2007 (11200 km) acheter le livre

Après l'effort, le réconfort

La oroya - Huancayo photos de cette étape

du 22/09/2007 au 24/09/2007

  • nombre de km prévus : 125
  • nombre km effectifs : 151
  • temps effectif : 7h05
DSC03574DSC03575DSC03576DSC03583DSC03584DSC03586DSC03587DSC03613

Après l'effort, le réconfort

Je me lève à 6 heures après une nuit qui fut blanche. J'ai eu le malheur de choisir une chambre près d'une boite de nuit. Ils ont du éteindre la musique après que je sois parti... La Oroya, ville polluée au possible. Ici viennent tous les métaux extraits du pays et y sont fondus. Les rejets dans l'air et dans l'eau y sont énormes. Sur la route de Huancayo, le paysage n'est fait, plus encore qu'avant, que de roc. Aucune végétation n'est visible. Alors mon regard se pose sur les lignes de sédiments. Parfaitement alignées, elles forment parfois des anticlinaux ou synclinaux intéressants.

Après plus de 20 kilomètres la montagne s'adoucit, le lit de la rivière s'élargit. La végétation reprend un peu ses droits, timidement. Une herbe rase et sèche sert de pâture aux quelques brebis ou vaches, avant d'être brûlée par écobuage. Les maisons que je peux voir aujourd'hui sont faites en terre, peu résistantes au temps qui passe apparemment...

Ainsi va cette journée, à descendre tranquillement la rivière qui quitte La Oroya pour Huancayo. Une journée un peu ennuyeuse pour tout dire. Je n'ai que trois occupations. La première est de saluer tous les gens, et surtout les enfants, qui me saluent sur le bord de route. La deuxième est de regarder soigneusement les formes géologiques de cette montagne. Et quand je m'ennuie vraiment, alors je slalom entre les plots réfléchissants collés sur le bord droit de la route...

Au déjeuner, je m'offre un Pachamanca. Plat très traditionnel du Pérou. Il est constitué de viande cuite d'une façon très particulière. En premier, creuser un trou. Y ajouter des pierres chaudes. Puis on y met la viande que l'on recouvre avec d'autres pierres chaudes. A défaut de faire un trou, il est aussi possible de construire des fours circulaires en pierre, de petite taille, pour y mettre la viande que l'on recouvre de la même manière. La viande est accompagnée de mais, pommes de terre et pois chiches cuits de la même facon. Un régal !

Jauja. Capitale de la friponnerie... Entendons par là qu'ici habitent de nombreux auteurs et comédiens, artistes de cirque. Enfin, c'est tout du moins ce que j'ai pu comprendre... J'irai dormir un peu plus loin, près d'un lac situé à 5 kilomètres de cette ville. J'ai tout juste le temps de me jeter sous ma tente que l'orage éclate. Les grondements fusent comme des coups de fusil. Puis plus rien, le calme revient. Un troupeau de vaches vient me tenir compagnie le temps que j'effectue moi aussi mon dîner. Dîner qui a failli être compromis par une panne de mon réchaud... Puis le soleil rougit. La nuit arrive. Le paysan rentre ses 15 vaches. Je regarde le troupeau passer devant ma tente, et me décide a aller saluer le paysan. Après une timide salutation, nous discutons un peu. Cet homme est beau. Il représente en ce qui est de plus beau l'humanité et la fraternité. Ses yeux me sourient alors que sa voix contraste avec les traits très marqués de son visage. Une rencontre apaisante. Nous nous quittons avec une poignée de main ferme mais sincère. Je m'en vais me coucher avec un sentiment de bonheur absolu. Pour sûr, la nuit sera bonne !

Le lendemain, je continue ma longue descente sur Huancayo. Là encore rien de sensationnel. La descente est très faible, à peine perceptible. J'arrive à Huancayo à 11h00.Sur la route je traverse un petit village ou des enfants défilent en uniforme. On fête le 40eme anniversaire de leur collège. à Huancayo, même chose. Un défilé rempli toute une avenue. On m'explique que c'est ainsi tous les dimanches. Alors je m'arrête sur la place de la cathédrale, espérant profiter du défilé. Mais là un péruvien m'accoste, tout de suite suivi par des dizaines d'autres. Nous discutons un peu, les questions fusent. Un autre péruvien sort son appareil photo. S'en suit un défilé. Je prend la pose. Jeunes filles, vieilles femmes, enfants ou adolescents, tous passent dans mes bras ou sur la selle de Teresa ! S'en suit une série de dédicaces. Certains ont developpé la photo en moins d'une minute et je dois la signer au dos. Puis la séance interview avec deux journaux locaux et une télévision. Encore quelques photos, et je finis finalement entre les mains de la police ! Ceux la m'expliquent qu'il y a deux semaines est venu un certain Cédric, cyclovoyageur français, qui s'est fait voler son appreil photo et son argent dans la même situation. Ils m'emmenent au poste, m'offrent à boire et à manger. Je dormirai chez eux ce soir. Il s'agit en fait de la police du tourisme et de l'écologie. Je m'étonne de voir ce dernier mot. L'écologie existerait donc au Pérou ? Angel m'apporte quelques précisions sur ce point. En fait, ils sont aujourd'hui impuissants, car ils ne sont pas appuyés par des lois fortes, du fait, entre autre, de la corruption. Ainsi, s'il voit une personne jeter ses poubelles dans la rue, il ne peut que le réprimender, mais pas le sanctionner. En ce qui concerne le tourisme, Angel m'explique que le nombre de touristes diminue ici, du fait,de l'insécurité. Beaucoup de délinquance m'explique t-il. Et puis Huancayo ne possède aucun site fort comme Machu Pichu, le canyon de Colca ou autres sites très prisés.

Avant de visiter la ville, je visite la petite collection présente dans les locaux de la police. On y trouve des ancondas, crocodiles, aigles ou autres tortues, tous made in Pérou. Puis je m'en vais faire une petite visite de Huancayo. Encore un défilé. Et puis le marché qui comble toute une avenue. On peut y trouver des vêtements chauds et colorés, des souvenirs en tous genres, des objets d'art. Tout est fait artisanalement, car nous sommes justement dans une région très artisanale du Pérou. San Jeronimo, le village traversé avant, est d'ailleurs la capitale artisanale du pays.

Demain je quitte Hauancayo pour Huacavelica puis Ayacucho. Je vous donnerai des nouvelles là-bas !

A bientôt !

El gringo

PS la deuxieme photo, c'est un thé à la coca (un de plus Marie) avant de dormir à La Oroya ! Je suis quand même encore assez haut, je peux me le permettre !

 

Commandez le livre relatant cette aventure
dans notre boutique.

Cap sur Ushuaia, Julien Leblay, 2009.

Prix public : 18 euros.
couverture_ushuaia.jpg