De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Longues étapes jusqu'à Hyderabad

Hampi - Hyderabad photos de cette étape

du 01/02/2011 au 04/02/2011

  • nombre de km prévus : 400
  • nombre km effectifs : 432
  • temps prévu : 27 heures
  • temps effectif : Du 1er au 4 fevrier
Accueil par le rotary de bellaryIMG_0001La lutte contre la polio est la principale activite du rotary de par le mondeIMG_0003Nous visitons un centre de transfusionIMG_0005Ces deux indiens resterons a nous regarder sans rien dire pendant 20 minutes

Longues étapes jusqu'à Hyderabad

NB : Petit message sonore en haut, à droite de la photo...
Pour voir la carte, suivez le lien : http://maps.google.com/maps/ms?ie=UTF8&hl=es&msa=0&msid=209786014935558512814.000490290bc0de7e83815&t=p&z=4

Nous avons profité de l'accueil chaleureux du Rotary club de Bellary pour nous reposer des longs kilomètres parcourus depuis Chennai. Maintenant nous nous dirigeons vers Hampi, un lieu hautement touristique réputé pour le films « Hanuman » qui y fut tourné ainsi que pour ses 400 temples disséminés dans une région aux paysages enchanteresses. Nous traversons rapidement Hampi sans vraiment nous y arrêter. Julien et Stéphanie sont deux cyclotouristes français partis de Bruxelles il y a 15 mois (http://www.lemicronomade.jimdo.com). Après quelques échanges de mails, ils nous avaient conseillé une petite auberge loin de l'agitation touristique, au village d'Hanuman justement. Le message datant de près de deux semaines, nous ne pensions pas les voir encore lézarder dans les hamacs de l'auberge. Notre surprise fut grande lorsque un groupe de Suisses nous confirme leur présence dans le coin. Pour que deux cyclotouristes restent deux semaines au même endroit, c'est que le lieu doit être agréable ! La « guest house » de Chandru est effectivement agréable. Lovée dans la vallée, entre la rivière qui nous sépare d'Hampi et des rizières miroir, c'est un véritable havre de paix. Nous faisons dans un premier temps connaissance avec Stéphanie et Julien, qui après avoir traversé l'Europe, le Moyen Orient et l'Asie centrale, effectuent leurs derniers mois de voyage avant de revenir en France. Nous nous délectons de cette rencontre pendant deux jours avant qu'ils ne reprennent la route, enfin, pour le sud.

Nous faisons également connaissance avec Anne Noushka et Frédéric, un couple installé ici depuis quelques mois. Séduits par la région et par notre hôte, ils ont décidé d'aider Chandru dans son projet agricole. Propriétaire de rizières, il souhaite les échanger contre des terres sèches et monter une ferme biologique expérimentale (http://sosruralindia.wordpress.com).

 

Ces rencontres sont complétées par un groupe de motards français venus passer une nuit chez Chandru. Le monde étant petit, un des voyageurs est un ami de Jean Marc, notre ami vidéaste et journaliste rencontre du côté de Nique nique, au Monténégro. Bref, au final nous nous plaisons bien à Hanuman et décidons d'y rester quelques jours. Nous avons bien fait une excursion à Hampi, là où les auberges et restaurants sont alignées les unes à côté des autres ,et où les touristes étrangers comme indiens affluent en masse. Cela nous a permis de voir combien le tourisme peut avoir des côtés négatifs, pervers en réalité. La police a placardé des affiches demandant aux occidentales de s'habiller décemment, c'est à dire en ne montrant pas leurs cuisses ni leur poitrine. Pourtant, nous voyons dans les ruelles poussiéreuses de la ville quantité de jupes relativement courtes, de décolletés dignes des plus profondes vallées du pays, ainsi que des pantalons transparents et j'en passe. Bref, les Indiens sont aux anges, et nous les voyons accoster les occidentales avec quelques idées derrière la tête, et parfois aussi beaucoup de vulgarité. C'est comme cela que je m'arrête auprès d'un Indien ayant lancé un « Sexy girl » déplacé à Marion. Il ne s'est pas démonté lorsque je lui expliquais mon mécontentement et on aurait pu en venir aux mains si, par chance, un musulman au visage d'ange n'était pas intervenu. En dehors de ce manque de respect envers la femme occidentale, qui s'explique par la négligence de nombreuses touristes, il semblerait aussi que les jeunes indiens aiment interpeller les touristes dans le simple but de se moquer d'eux. Durant les trois heures que nous passons dans les temples d'Hampi, nous avons été constamment hélé par des adolescents, apparemment encore loin de l'âge de raison, voulant nous prendre en photo, ce que nous avons refusé après que le premier groupe avec qui nous avons posé se soit ouvertement moqué de nous. Quand ils ne se moquent pas de la tête des touristes, ils les insultent. C'est comme cela que nous nous prenons un bras d'honneur par un petit con sans que l'on en sache la raison. Bref, ce lieu qui mériterait largement une semaine d'exploration est gâché par la présence des Indiens. Peut-être aurions nous du attendre la fin du festival pour nous y rendre. En effet durant trois jours la ville et les temples vibrent au rythme de la musique et de la fête, et ils viennent par milliers pour assister aux festivités. Nous qui aimons la tranquillité, c'est plutôt mal tombé. Les étrangers ne sont pas les seuls à se plaindre des Indiens. Si Chandru annonce un prix de 350 roupies par nuit aux occidentaux, il demande 800 roupies pour les Indiens, « pour être sûr qu'ils ne viennent pas » nous dit-il. Le restaurant situé à quelques mètres de là a doublé ses prix par rapport à l'an passé nous dit Frédéric. Ce n'est pas plus pour escroquer les touristes occidentaux que pour éloigner les touristes Indiens. Bref, Hampi est un bon exemple des lieux touristiques devenus insupportables, sans compter les arnaques pour occidentaux. La plus flagrante fut pour traverser la rivière. Un jeune homme âgé de 15 ans nous demande 150 roupies par personne, alors que le prix est de 10 roupies par indien. Nous parvenons finalement à traverser pour 20 roupies chacun. Plus tard, lorsque nous devons retraverser la rivière, un autre indien nous demande 50 roupies chacun. Nous lui demandons pourquoi le prix est si élevé pour les étrangers. « Les Indiens viennent plus nombreux, alors ils paient moins ».

 

Lorsque nous regagnons la rive d'Hanuman, nous sommes soulagés de retrouver le calme de la guesthouse de Chandru, et nous nous promettons de ne plus remettre les pieds à Hampi. Cinq jours plus tard nous reprenons les vélos, en direction de Raichur.

 

Comme nous avons voulu profiter pleinement d'Hanuman, il nous faut maintenant pédaler davantage. En effet, le Rotary club de Raichur a prévu une collecte de sang le 2 février en notre présence. Nous avons donc une journée pour rallier cette ville. 152 kilomètres plus tard une voiture nous double. Il s'agit de Ramu, le président du club. Il nous escorte jusqu'à l'hôtel situé trois kilomètres plus loin. Voilà comment nous avons effectué, entre Hanuman et Raichur, la plus longue étape du voyage. Record à battre, 155 Km !

 

Nous avons donc participé à une collecte de sang effectuée dans un hôpital public. En réalité, comme souvent en Inde, les rotariens vont donner leur sang une fois par an environ. C'est le cas à Bellary, et ici aussi. Profitant de notre présence, 10 rotariens sont venus donner leur sang aujourd'hui. Ils ont également amenés avec eux trois nouveaux donneurs, membres de leur famille. Nous avons pu parler un peu plus du don du sang. A l'hôpital public de Raichur, chaque personne qui a besoin d'une transfusion doit trouver des donneurs en compensation. Cela est du à un stock très faible (106 poches aujourd'hui). Pour ce stock, l'hôpital effectue deux fois par mois des collectes de sang dans des villages avoisinants. En plus de devoir trouver des donneurs, le patient devra débourser 350 roupies par poche pour payer les coûts liés à la poche elle-même et aux différents tests (VIH, hépatites, etc). La somme est doublée si le patient se trouve dans un autre hôpital. Les tests effectués sont faits très rapidement. En cas d'urgence, le sang d'un donneur peut être donné à un patient en moins de deux heures, ce qui fait poser des questions sur la sécurité. De même, il n'y a pas d'entretien personnel avec un médecin. Le donneur de sang rempli un questionnaire et va donner son sang dans la foulée. La poche de sang remplit (350 millilitres), le médecin la récupère et traverse tout le couloir, l'aiguille en l'air et à l'air libre, pour la mettre en lieu sûr.

 

Après Raichur, nous roulons deux grosses journées (115 et 125 kilomètres) pour rejoindre Hyderabad où nous attendent des amis franco-hispaniques. Vincent et Viki travaillent dans un centre de recherche à quelques kilomètres de cette grande ville de 10 millions d'habitants. Ils vivent ainsi un peu à l'écart de « l'Inde », dans un campus où vivent quantité d'expatriés. Le lieu est au calme, loin de l'agitation alentour. Nous y restons trois jours, le temps de fêter les 5 ans de leur troisième fille et de nous repaître de bons produits français (charcuterie, fromage et vin). Ce campus, parfaitement artificiel, est en réalité un véritable havre de paix. Nous sommes dans une période de notre voyage en Inde où la densité de population nous fatigue considérablement et où nous commençons à perdre patience. Comme nous l'avons dit précédemment, la curiosité des Indiens commence à nous énerver. Même s'ils ne nous veulent aucun mal il devient très pénible de devoir répondre aux mêmes questions cinquante fois par jour, le tout en pédalant et en évitant les pièges liés à la route et à la circulation. Nous allons donc maintenant filer un peu plus au nord est, pour gagner la région de l'Andhra Pradesh réputée pour son calme, tout relatif.





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
Visualisez la bande annonce