De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Istanbul

Istanbul photos de cette étape

du 21/09/2010 au 26/09/2010

  • temps prévu : Du 21/09 au 26/09/2010
Soirée avec le Rotary d'EdirneGuest house du Rotary où nous logeons quelques jours

Istanbul


Le soir, pour arroser cette belle journée ainsi que les 52 ans du président du club, les membres sont conviés à un repas dans un restaurant d'Edirne. Nous leur avions parlé un peu de la rakia serbe en leur disant que le thé turque nous convenait parfaitement. Vraiment ? Il vous faut tout de même goûter notre raki à nous ! Les bouteilles ont une bonne place sur la table, et chacun se fait servir des doses copieuses de cette liqueur anisée proche du pastis français. Mis à part que, à degré égale, les doses sont bien plus élevées que chez nos amis du sud. Pour une dose de raki, on ajoute une dose ou sa moitié d'eau. Nous tenons à nos origines françaises et demandons une dose "française", plus facile à assimiler pour nos organismes fatigués. En fin de soirée, les hommes laissent le volant à leurs femmes, plus sobres et plus prudentes que leurs maris. Ainsi en est-il de cette partie de la Turquie, où peu de femmes portent le voile, où la prière est effectuée par une petite moitié de croyants et où la raki coule à flots.

La communication est complétée le lendemain lorsque nous nous rendons en camionnette à Kirklareli où la même opération est effectuée. Là, des militaires font le déplacement ainsi que quelques badauds. Nous n'avons pas saisi toutes les subtilités du don du sang en Turquie, mais voilà en résumé ce que nous avons compris. Il y a environ 900 personnes par an qui se déplacent à la croix rouge pour donner leur sang. A priori, il existe également d'autres moyens de donner son sang (d'autres lieux de prélévements), mais nous n'avons pas vraiment compris. Au total, il y aurait 1800 donneurs par an (pour une population de 70 millions d'habitants). Comme il n'y a pas beaucoup de donneurs, ils font parfois appel à la famille des receveurs. D'ailleurs, un rotarien qui en voulait à Sarkozy nous a expliqué qu'un de ses amis avait reçu du sang donné par des roms, ce qui montrait que cette population ne méritait pas les propos très durs tenus par notre président. Mais peut-être que, comme en Bulgarie, ces roms ont-ils reçu de l'argent en compensation, non pas de la croix rouge puisque le don est bénévole, mais de la part des familles de receveurs.
Le croissant rouge travaille de plus en plus en relation avec les universités et entreprises en allant collecter le sang directement sur place comme cela se pratique dans beaucoup de pays.

Nous quittons Kirklareli en bus. N'ayant qu'un mois à passer en Turquie, nous n'avons pas le temps de tout traverser à vélo. Nous avons donc choisi de parcourir quelques parties en bus, et la Thrace en fait partie. Nous quittons donc nos hôtes rotariens avec un pincement au coeur. Guzin a été notre maman pendant ces quelques jours passés dans sa ville. En saluant Marion, elle lui dit d'ailleurs de bien faire attention à elle et de lui écrire. "Tu es un peu comme ma fille tu sais, tu as le même âge". Nous lui écrirons, promis, et penserons très souvent à elle.


Devant nous défile un plateau ondulé relativement insipide vue du bus, qui ne nous fait pas regretter notre choix. Découpé par de nombreuses rivières, il offre un relief peu apprécié par les cyclotouristes, et nous sommes heureux de voir défiler les kilomètres avec autant de facilité.
Les rotariens d'Edirne ont contacté leurs amis d'Istanbul, et un chauffeur vient nous cueillir à la gare routière. Une aubaine alors que la nuit tombe et que la circulation d'Istanbul est digne d'une capitale européenne, et peut-être même asiatique.
C'est ainsi que nous sommes parachutés dans le quartier de Sultanahmet, le coeur de la ville où déambulent par milliers les touristes venus du monde entier pour un voyage à Istanbul, pour  apprécier l'architecture unique de cette ville millénaire. Nous faisons de même et visitons tout à tour le grand bazar, la mosquée bleue, Sainte Sophie, etc. Trop pressés de quitter le continent européen, ou du moins trop anxieux à l'idée de traverser l'Asie, nous faisons une petite excursion sur le bosphore pour gagner le quartier d'Uskudar, situé sur la partie asiatique de la ville. Nous flanons dans ses rues et humons l'ambiance qui y règne. Les foulards sont plus nombreux, cachant aussi bien les cheveux blancs que bruns. Les vieillards discutent sur les bancs publics autour des mosquées, buvant le thé que des serveurs leurs portent sur des plateaux argentés. Les cireurs de chaussures ne chaument pas et font briller les pompes de leurs clients, qui semblent autant apprécier la qualité du travail que le repos offert par cette pratique. Ici, peu de touristes comparé au quartier de la mosquée bleue. En observant les rues pavées et les étales en tous genres, l'excitation monte d'un cran. Qu'il serait bon d'être ici avec nos deux vélos, nous arrêtant devant un marchand pour lui demander dans un turque hésitant : "fiati ne kadar ?" (combien ça coûte ?).
Mais aujourd'hui nous ne sommes que des piétons, et reprenons le bateau avec une pointe de regret. A nouveau sur le Bosphore, nous faisons face  à Istanbul, dont les immeubles et les minarets cachent l'Europe. Il y a quelques semaines, nous étions sur le toit de l'Europe et observions avec inquiétude et excitation le continent se déployer sous nos pieds. Aujourd'hui nous sommes arrivés à son extrémité est observons la tâche accomplie avec satisfaction. Un autre continent nous attend, le dernier à traverser avant d'arriver en Océanie.

Nous devons encore rester deux jours à Istanbul avant de reprendre un ferry pour Bursa. De là commencera l'aventure asiatique.


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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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