De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Vacances familiales

Chennai - Kerala photos de cette étape

du 27/12/2010 au 14/01/2011

Visite du centre de don du sang cree par le RotaryIMG_1122Rue de ChennaiRetrouvailles familiales et des bons produits auvergnatsC'est parti pour 15 jours de voitureArbre dont les branches tombent et prennent racinesAuroville

Vacances familiales

En près de trois semaines, nous avons parcouru plusieurs centaines de kilomètres entre la région du Tamil Nadu et celle de Kerala. Ces premiers jours en terre indienne nous ont permis de percevoir les premières senteurs de ce pays gigantesque.   

Ce qui nous a d'abord frappé, c'est la richesse de l'Inde, ce pays pourtant réputé si pauvre. Bananiers, palmiers de dattes et noix de coco, ananas, goyave... Ces fruits poussent à profusion dans les forêts tropicales que nous avons pu traverser du côté de Kumely et Munnar et aux alentours. Les rizières s'étendent à l'infini vers Allepey, les plantations de thé recouvrent des montagnes entières vers Munnar, le chocolat et le café y poussent aussi très bien. La forêt offre également du teck, un bois précieux, ainsi que des hévéas. Dans ces écosystèmes variés vivent éléphants, crocodiles et oiseaux sans oublier vaches, chèvres et moutons. L'Inde possède une biodiversité incroyable à des proportions tout aussi surprenantes. Cela a été d'autant plus marquant pour nous que cette profusion de végétation est un parfait contraste avec nos derniers mois de voyage. Depuis l'Anatolie, nous n'avons pas vraiment vu de forêts, et la traversée de l'Iran a été plutôt marquée par les déserts, tout aussi nombreux et variés que les forêts tropicales en Inde. Ces premiers jours en Inde nous ont donc permis de faire le plein de verdure et nous en avions grand besoin. Qu'il est bon de voir la nature se déployer ainsi, exprimer tout son potentiel de production dans de si beaux espaces.   

L'Inde que nous avons vue ici est belle. Des montagnes aux rizières, la route nous a offert de superbes paysages qui nous font apprécier ce pays. En dehors de cela, nous avons également pu apprécier quelques joyaux architecturaux en visitant des temples hindous aussi majestueux que colorés (mis à part ceux consacrés à Shiva, qui se distinguent plus dans la qualité des sculptures que dans les couleurs). Nataraj, Gganagakondaicholapuram, Aairavateshevara sont quelques exemples parmi les beautés architecturales que possède le sud de l'Inde. Si ceux-ci symbolisent avec grandeur la religion hindou, majoritaire, l'Eglise et l'Islam sont également visibles au travers des églises et chapelles pour la première, des mosquées et voiles pour la deuxième.  

Si l'Inde est belle, c'est aussi parce qu'elle est colorée. Aux forêts et campagnes verdoyantes, il convient d'ajouter les saris des femmes, les façades des maisons parfois peintes de façon très vive. Malheureusement, tout cela contraste énormément avec la crasse ambiante. A Colchin, nous avons retrouvé Sam, notre ami de Dubai. Il nous disait qu'après avoir vécu 30 ans à Dubai, il ne reviendrait pas vivre en Inde en grande partie à cause de la saleté. Il est surprenant de voir d'aussi belles femmes, vêtues de si beaux habits, déambuler dans des rues si sales, où animaux et hommes défèquent, où la pollution règne, où les déchets sont amoncelés. De toutes les villes traversées, Madras est sans aucun doute la plus sale, mais aussi la moins touristique. Il existe sûrement un lien de cause à effet entre ces deux facteurs.   

Les camions et Rickshaws sont eux aussi très colorés. Par contre ces derniers, aidés par les bus et les voitures, rendent l'Inde bruyante. Il apparaît que le klaxon est l'élément le plus important pour tout véhicule roulant sur les routes d'Inde, bien plus que la pédale de frein ou le clignotant. Le code de conduite informelle demande à ce que chaque véhicule s'approchant d'un confrère doit se présenter par un signal sonore. Nous pouvons même lire à l'arrière des camions ou camionnettes « Sound horn Please » (Klaxonnez s'il vous plaît). Cela est d'autant plus important que, mis à part cette règle, les indiens ne semblent pas en respecter d'autres sur la route. Les véhicules arrivent aussi bien par la droite que par la gauche, le clignotant n'est pas d'usage mais est remplacé parfois par un bras tendu à travers la vitre, les distances de sécurité ne sont évidemment pas respectées. Mais pourtant, en observant cette circulation chaotique, nous avons trouvé les indiens beaucoup plus disciplinés que les iraniens par exemple. En trois semaines nous n'avons constaté aucun accident, les carrefours ne sont pas encombrés de voitures arrivant de toute part, les policiers en charge de la circulation, pourtant armés d'un simple bâton, se font très facilement respecter. Sur la route, chacun respecte l'autre et cède sa place ou double selon ses humeurs et ses capacités. Ainsi, nous ne nous sentons pas du tout en danger sur la route. Bien sûr, il y a des exceptions. Les chauffeurs de bus, comme dans tout pays, sont parfaitement irrespectueux et sont les rois sur la route. Ils semblent les seuls capables de nous écraser sans scrupule.  

En allant de site touristique en site touristique comme nous l'avons fait, nous avons rencontré  un tourisme agressif très déplaisant. Là où nous avions mis deux jours à acheter notre tapis en Iran, ici il aurait fallut l'acheter en deux minutes. Pourtant, le marchandage consiste à satisfaire les deux parties. Or ici, il s'agit le plus souvent d'escroquerie, puisque la seule satisfaction du vendeur est de soutirer de l'argent au touriste sans se préoccuper de savoir s'il est content de son achat. Certes, tous ne sont pas comme cela. Ceux qui ont montré plus de courtoisie et moins d'empressement ont alors pu voir la couleur de nos roupies, en échange de leurs produits et de leur gentillesse. Bien sûr il est difficile de comparer l'Inde à l'Iran du fait de la différence de qualité de vie de ses habitants. Cela dit, je ne suis pas sûr que le marchand de tapis de Colchin, celui qui nous a attiré dans sa boutique par un procédé peu catholique, soit plus dans le besoin que le petit mécanicien à Chennai qui nous a donné un coup de main pour réparer nos vélos. Le premier n'a pas vu un de nos roupies et était furieux ; le deuxième a refusé les roupies qu'on lui tendait et nous a gratifié d'un généreux sourire. Tout n'est donc pas lié au niveau de vie. Ce circuit dans le sud de l'Inde nous a donné envie de nous éloigner autant que possible des grands sites touristiques du pays. Nous en visiterons pourtant quelques uns. Il serait dommage de passer à côté de joyaux naturels ou culturels à cause d'une population locale plus intéressée par les dollars des touristes que par la mise en valeur de leur patrimoine.   

A côté de ces lieux touristiques, nous avons rencontré une population indienne avenante et souriante. Les enfants tendent les bras pour nous saluer de « hi » enthousiastes, les passants nous sourient lorsque nous les saluons. A Allepey, alors que nous remercions un indien qui nous cède sa place devant l'unique poste internet, il rétorque : « c'est moi qui vous remercie de venir visiter mon pays ». A Munnar, Marion connaît sa première mauvaise expérience avec la gente masculine. Alors qu'elle est absorbée dans la contemplation d'un ananas, son attention est soudainement détournée par une main d'homme posée fermement sur ses fesses. Pas démontée pour autant, elle le poursuit,   lui donne une grande tape dans le dos et lui demande des explications. Un homme qui a vu la scène se charge de le sermonner, et un autre de lui donner une claque. L'explication a duré plusieurs minutes durant laquelle le fautif pris en flagrant délit n'a su dire mot pour sa défense. Il s'en est allé penaud et honteux, alors que les autres hommes présents s'excusaient platement devant Marion. Cette anecdote montre deux choses : la bêtise des hommes existe en Inde comme partout. Mais un homme qui ne respecte pas une femme est très vite remis à sa place par ses confrères. De ce fait, Marion se sent très bien vis-à-vis des hommes, même si elle devra tout de même couvrir ses jambes (plus par respect de la culture que par obligation) et surveiller quelque peu ses arrières.  

Voilà ce que nous avons pu voir en quinze jours de voiture. Il est temps maintenant de découvrir l'Inde plus lentement pour se faire une idée différente, confronter ou conforter nos premières impressions de touristes confortablement assis dans une chevrolet à celles de cyclonomades crasseux et fatigués.  


Circuit Inde
Voyage Maldives




Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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