Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

Macédoine agricole

Skopje - Kocani photos de cette étape

le 27/07/2007

  • nombre de km prévus : 102
  • nombre km effectifs : 144
  • temps prévu : 6h00
  • temps effectif : 8h00
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Macédoine agricole

Après près de trois semaines de vélo, Skopje symbolise la première journée de repos, de vrai, sans avoir à plier ses bagages pour faire une poignée ou une centaine de kilomètres. Une journée sans non plus avoir a courir à droite ou à gauche pour des interviews ou des évènements paticuliers pour le don du sang. En effet, rien n'a pu être organise en Macedoine, par manque de temps our de perspicacité, et je ne rencontrerai donc pas la croix rouge de Macedoine.

Jordanka habite dans un quartier albanais à dix minutes à vélo du centre de Skopje. Après avoir pris un café au septième étage d'un hôtel de luxe de Skopje, nous visitons un "An". Celui-ci a été construit au 16e siecle et servait de relais etape aux caravanes de commercants. Au rez de chaussée étaient installés les chaises et tables pour le repas des voyageurs, au premier étage les chambres (une soixantaine ici), Une cour extérieure permettait de garder les chevaux pour la nuit. Celui de Skopje est très important de part sa taille, ce qui montre l'importance du commerce dans cette ville a cette époque.

Autour de ce "An", le quartier albanais est composé de petites ruelles. Nous entendons un forgeron s'activer avec fracas sur de la ferraille. Les murs de son atelier sont eux mêmes en tôles, fait maison certainement. Un boiteux fait la manche. Des femmes voilées marchent sans s'arrêter, leurs enfants dans les bras. Les hommes boivent le thé ou le café, assis dans les bars et jouant aux dominos. Les chats, squelettiques, errent a la recherche d'un peu de nourriture ou de fraicheur. Enfin, le grand bazarre avec un amoncellement incroyable d'objets, de tissus ou autre. Ce quartier (hormis son An et son bazarre) ressemble beaucoup au quartier turc de Sarajevo. L'atmosphère y est cependant différente. Sarajevo a un aspect beaucoup plus ordonné, propre, rangé. Ici le désordre règne et il fait bon déambuler ici. La rue semble faire part des habitations des albanais. Qu'il est bon de circuler ainsi librement dans leur maison !
Jordanka nous expliquait que les albanais présents en Macédoine sont tous musulmans (les musulmans de Macédoine étant eux soit albanais, soit turcs). Ils sont plus conservateurs que leurs voisins bosniens par exemple, ce qui explique notamment le port du voile, que l'on ne peut pas voir autant dans les autres pays.

Le reste de la journée sera partagé entre sieste et ravitaillement. Nous avons également fait une petite visite de la ville. Elle fut détruite en 1963 par un terrible tremblement de terre. Un des symboles de ce désastre est l'horloge sur l'ancienne gare routière. Elle est arretée depuis plus de 40 ans à 5h15, a l'heure a laquelle le seisme a eu lieu. Skopje est également le lieu de naissance de Mère teresa. Mais attention, elle est Macédonienne, bien sûr, mais surtout albanaise. C'est pour cela qu'une rue principale de Pristina (Kosovo) est dénommée "Mère Teresa" et que les Albanais sont très fiers d'elle, plus encore que les Macédoniens. Comme dans tous les Balkans, quand on habite un pays on vient toujours du pays voisin ! Enfin, vous pouvez voir près de l'ancienne gare routière une magasin a l'éffigie de Tito...
Nous cherchons désespérement à vendre le vélo acheté à Belgrade. Mais aucun vendeur n'en veut. A 20h00 nous allons voir une exposition de photo au musée de Skopje (anciennement gare routiere). Là nous rencontrons des amis de Jordanka et eux sont intéressés par le vélo. Quelle chance et quel bonheur. Voilà comment le vélo de Sophie, appelé par elle même "Roberto" se voit dans les mains d'une nouvelle cavalière !

Ainsi s'est passé la journée, calmement et librement. Je recois beaucoup de message de francais s'inquiétant de la chaleur ici, et des incendies, de plus en plus nombreux. Ma mère m'a même annoncé 15 morts en Roumanie à cause de la chaleur. Je confirme encore que oui, il fait extremement chaud. 46 degrés il y a deux jours ici. Pédaler après 13h00 est de la folie suicidaire, tant la chaleur est étouffante. C'est pourquoi je me lève toujours très tôt et que je termine tard le soir. L'après-midi ne consistant qu'a se reposer auprès d'une rivière ou dans un café. Donc ne vous inquiétez pas pour le cycliste roulant sous des chaleurs étouffantes, je prends toutes les précautions nécessaires pour, justement, ne pas avoir à pédaler lorsqu'il fait trop chaud.

Je dois vous laisser, Jordanka a besoin de l'ordinatuer qu'elle m'a généreusement prêté pendant beaucoup de temps ! Je vous laisse et vous dis a bientot !

julien

Aujourd'hui : Macedoinde agricole

Je suis à 5h00 sur le vélo. L'objectif étant de rejoindre Stip à 100 km de là avant midi. Alors que le soleil est encore rougit par une longue nuit, je croise de nombreux paysans en tracteur tirant une remorque remplie de pastèques. Ce sont des tonnes de pastèques qui se dirigent ainsi vers la capitale macédonienne. Les paysans forment ainsi un convoi exceptionnel, une caravane de pastèques ! Et, a l'image de leurs consommateurs, elles sont d'une taille impressionnante!

La route est plane jusqu'à Katlanovo, puis s'élève dans une forêt. Cette dernière était certainement fort jolie, avant que les incendies, ceux qui frappent avec force l'Europe de l'est depuis de nombreux jours, ne la transforme en cendres et piquets noircis. Troncs dénudés de toute vie. L'odeur est tenace et fraiche, Comme d'habitude, la nature subit la maladresse, la folie ou l'inconscience humaine. Mais un jour elle nous le rendra, c'est évident...

Après Veles je passe devant une décharge. Beaucoup sont sauvages en Macédoine, pas celle ci. Des employés communaux (certainement) y emmenent par camion les ordures collectées. Sur place, d'autres employés les brûlent à l'air libre. C'est désolant de voir se terminer ainsi nos ordures, liberant dans un ciel déjà trop chargé leurs toxines mortelles. En Macédoine la collecte des déchets est mieux organisée qu'en Albanie ou que dans le sud de la Serbie, mais il faudrait s'interroger sur le devenir de ces déchets...

J'évolue maintenant dans un vaste espace agricole. Loin des petits carrés de mais et des chevaux tirant une charrette, ici de vastes parcelles de plusieurs dizaines d'hectares s'épanchent devant moi en d' amples ondulations. Le paysage est jauni. La moisson a eu lieu, les bottes sont assemblées en de gigantesques monticules au bout des champs. Plus loin, des camions viennent les chercher pour les transporter plus loin. Les tracteurs de plus de cent chevaux s'activent à retourner la terre. Plus loin, ce sont des dizaines d'hectares de vignes qui s'alignent à ma gauche, puis des mais. Bref, nous sommes ici dans ce qui doit être la région la plus productive de Macédoine.

Cette plaine pourrait m'ennuyer. Mais au contraie, je suis heureux d'être là, à pédaler avec vivacité pour rejoindre Stip. Heureux d'être seul, de ne partager mes pensées qu'avec le vent et la chaleur, de laisser s'exprimer mes jambes comme elles l'entendent, de me laisser porter par mes envies. Enfin seul pour profiter des sourires des jeunes gens qui me servent des fruits à 40 km de Stip. Ils ne parlent pas très bien anglais mais peu importe, nous arrivons a plaisanter et a nous sourire, ce qui est bien là l'essentiel. Souvent on pense que ne pas parler la langue est un problème. Il l'est lorsque quelqu'un la parle à votre place, alors vous êtes rapidement écartés des discutions. Mais dans ce cas précis aucun problème, les sourires et gestes pallient à l'incompréhension.

J'arrive ainsi à Stip à 11h00. La journée a été assez facile avec seulement deux montées et dix kilomètres de route défoncée. Pour le reste, je n'ai eu qu'a me pencher sur le guidon et a appuyer sur les pédales. Je passe mon apres midi a Stip. On ne retrouve pas le cote orientel des autres villes de l'ouest macedonien du fait qu'il n'y a pas d'albanais ici. Ainsi, les femmes ne sont pas voilees et partagent les tables des messieurs dans les cafes, habillees en short et debardeurs. Personne ne joue aux dominos. Ici, les taxis aussi sont differents. Ce sont de toutes petites voitures au format de la fiat uno, dont beaucoup sont peintes en violet. Ce sont d;ailleurs les voitures les plus petites de la ville, mis a part deux trois autres vieilles carcasses.

Je quitte lq ville pour planter ma tente plus loin. Apres vingt kiklometres, un macedonien m'indique la presence d'un lac a Kocani. Un endroit ideal pour dormir. Je poursuis donc ma route sur encore vingt kilometres. Une fois arrive, un cycliste m'interpelle. Pance a 23 ans et vit ici. Il m';invite a boire un verre chez lui. Je le suis avec plaisir. Sa soeu nous sert un jus de pgrenadine et quelques morceaux de pasteques, puis ils m'invitent a prendre une douche. Pance a ete champion de triathlon de macedoine en 2003. Je lui demande alors s'il ne connait pas Jordanka, quiest egalement une triathlete. Evidemment si ! Entre champions, ils se connaissent bien. Car il m'explique que Jordanka a ete championne de macedoinde en triathlon il y a 7 ou 8 ans. Elle nous avait cache ca !

Il me demande ou je me rends. Je lui explique que j'ai l';intention d'alelr planter ma tente au lac. Il maccompage avec un de ses amis et trois bieres. La tente plantee, nous nous delalterrons sur les berges du lac artificiel. Reflexion faite, Pance souhaite que je plie ma tente car il prefererai que je dorme chez lui, ce sera nettement plus confortable. Qu'a cela ne tienne. La biere ingurgitee, je demonte la tente en moins de temps qu'il ne fait pour le dire et nous redesncedons a Kocani. Nous en profitons pour nous balader dans les rues, ou de nombreux jeunes se baladent, boivent et ecoutent de la musique. Ambiance tres festivqa dans cette ville de 40000 habitants. Finalement a minuit la journee se terminem et je m'effondre sur le lit de Pance alors que lui a investi d'autres lieux.

Il s'agissait donc de ma premiere journee seul, et je la termine en de tres bonne compagnie. Cela confirme mes dires : voyager seul permet d'eviter la solitude !

A bientôt, ce sera en Bulgarie ! Je rentre dans l'union européene dès demain !