Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

Entrée dans la forêt du Maramures

Bistrita - Borsa photos de cette étape

le 14/08/2007

  • nombre de km prévus : 83
  • nombre km effectifs : 132
  • temps prévu : 5h00
  • temps effectif : 8h30
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Entrée dans la forêt du Maramures

A Nasaud, je rencontre David, un cycliste canadien. Très sympathique, il me convainc de prendre une petite route de montagne pour gagner le Maramures. J'éviterai ainsi le trafic. Je suivrai pendant 55 km une rivière qui dégueule une quantité incroyable de détritus. Après Sant, je m'enfonce dans la forêt constituée de gigantesques sapins. Les scieries représentent l'activité principale des derniers villages traversés.

A Rodna, deux jeunes filles tsiganes s'approchent vers moi. L'une regarde avec attention mon garde manger. Après reflexion, elle me demande un biscuit. Dans un élan de générosité, je lui en donne deux, un pour elle et un pour son amie. Ces biscuits ont beaucoup voyagés, et le chocolat inseré à l'intérieur déborde un peu. L'un des biscuits ne lui convient pas, elle le jette dans une fontaine sous mes yeux. Quelle impertinence ! J'essaye de lui reprendre l'autre biscuit mais elle s'enfuit en me narguant. Quels sont ces pauvres gens qui jettent la nourriture qu'on leur offre ? Sont -ils vraiment dans le besoin ? Je suis choqué par une telle attitude...

Valea Mare est le dernier village. Après, une piste. Je vois deux maisons coupées du monde, habitées. Comment ces gens vivent- ils ici ?! La montée qui suit s'avère difficile car la boue me fait perdre beaucoup d'énergie. Je croise des camions chargés avec des troncs d'arbres et me demande comment ils font pour rester accrochés sur la piste défoncée et boueuse, ou parfois les ponts laissent entrevoir de grosses faiblesses.

Une voiture s'arrête à mes côtés. Nous discutons. Le chauffeur n'en revient pas que je vienne d'Albanie, Macédoine, Bulgarie et que je sois maintenant en train de pédaler sur cette route forestière. Nous nous quittons après une belle poignée de main et de vifs encouragements. Je lui en donne aussi, car il me semble bien optimiste de vouloir grimper cette route avec une telle voiture !

Arrivé au sommet, c'est au tour de deux jeunes en scooter de s'arrêter à mes côtés. Après un bref échange, ils me demandent si j'ai à manger. Après l'épisode de Rodna, certainement pas ! Même si mes sacoches sont pleines de trésors, je n'ai rien pour eux. Croient -ils que je me sois forçé à grimper jusqu'ici trois kilos de nourriture pour finalement la leur laisser ?! Ils insistent, et leur regard se porte d'avantage sur mes sacoches. Généralement les roumains sont surpris de savoir que je voyage seul. C'est une question qui revient toujours, en deuxième position après savoir d'où je viens. Alors à ces deux jeunes je réponds que je n'ai pas de nourriture. C'est en réalité mon ami cyclovoyageur qui me suit quelques kilomètres plus bas qui porte tout. Il leur suffit de lui demander et il leur en donneront plein ! Du riz, des fruits, des bicuits ! Les voilà partis le sourire aux lèvres. J'espère simplement qu'aucun autre cyclovoyageur ne suit mes traces, il pourrait être surpris !

Après une courte descente je retrouve la route goudronnée. J'entre dans le Maramures. Des tsiganes sont installés ici, habitant dans des roulottes ou dans des tentes faites de bois et de plastique. Ils viennent ici pour les cueillettes (champignons, baies,framboises, mûres, fraises...).

Nouvelle montée Je m'arrête manger quelques framboises lorsque j'entends un camion avancer à faible allure. Je grimpe sur mon vélo et le suis. Il avance à 13km/h. Je tente une première fois de me saisir d'un arbre dépassant du camion, mais le chauffeur fait un brusque écart et manque de me faire tomber. Apparemment il ne souhaite pas m'aider. Alors je me cale derrière à l'abri du vent et grimpe en cadence avec lui. 3 km plus haut le chauffeur me voyant peiner me fait signe de m'accrocher à son camion. Changement d'avis ou simple incompréhension au depart ? Peu importe, me voilà accroché au camiom qui me hisse à plus de 1400 mètres d'altitude. J'ai mal au bras mais mes jambes sont soulagées. La montée se terminera avec une poignée de main chaleureuse avec le chauffeur.

Une longue descente me permet de sortir du brouillard qui recouvre le sommet des montagnes. J'arrive ainsi à la station de ski de Borsa et m'installe dans la cour d'un hôtel prévu à cet effet. Moins de dix tentes sont déjà plantées. Un couple d'allemands me prend en main Franz et Sybille habitent Furth et me donnent à manger pour ce soir. Sympathiques, nous discutons longuement avant d'aller nous coucher. Demain est un autre jour, avec la découverte du Maramures. Espérons qu'après cette journée de pluie (car il a plu toute la journée) le soleil refasse son apparition...