De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Flâneries dans le massif central - canicule en Ardèche.

Nadaillat - Valence photos de cette étape

du 04/07/2010 au 09/07/2010

  • nombre km effectifs : 458
  • temps effectif : 29h30
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Flâneries dans le massif central - canicule en Ardèche.

Le départ a été donné, enfin ! Ce dimanche 4 juillet, une centaine de personnes étaient là pour nous encourager sur la place centrale de Nadaillat, ce petit village au sud de Clermont-Ferrand qui a vu naître Marion il y a 24 ans. La famille, les voisins et les amis étaient là pour une séance forte en émotion où les larmes ont coulé à flots pendant de longues minutes.

La première étape s'est déroulée tranquillement. Une cinquantaine de cyclistes nous ont accompagnés au début, puis le peloton s'est peu à peu réduit pour se terminer à une trentaine d'éléments une fois arrivés à Autrac. Là, un petit groupe d'amis reste, rejoins par d'autres. La soirée se passe autour de franches rigolades, jusqu'au moment de dormir où les larmes sont encore perceptibles au coin des yeux. Toutes ces personnes venues nous saluer aujourd'hui, nous ne les reverrons pas avant deux ans. Mais qu'il est rassurant de savoir que lorsque nous reviendrons, elles seront là, prêtes à nous enserrer dans leurs bras une autre fois. Alors que nous allons voir tant de chose, avancer dans notre voyage chaque jour ou presque, eux sont notre repère fixe sur qui nous nous appuierons les jours de dérive, en pensant simplement à eux ou en lisant leurs nouvelles. Bien sûr certains vont beaucoup évoluer dans cet intervalle temps. Nous pensons surtout à notre petite nièce Lila, qui lorsque l’on reviendra aura presque 4 ans. Deux ans pendant lesquelles elle aura beaucoup changé, et que nous aurons loupé.

Le lendemain, seules les tandemistes Jocelyne et Simone nous ont accompagnés le long de l'Allier. Leur compagnie fut fort appréciée, car elles nous ont permis de couper le cordon en douceur, de ne pas nous retrouver seuls face à notre entreprise du jour au lendemain. Et puis ce tandem est un peu particulier, puisque Jocelyne, petite femme à l'humour très aiguisé, est non voyante. Alors elle nous donne une approche différente du voyage. L'odorat est au centre de ses préoccupations, et les roses tout comme les fleurs de Lys nécessitent un arrêt. Nous flânons le long de l'Allier le nez en l'air, à l'affut de senteurs à découvrir et approfondir. Nous arrivons finalement à Langeac où les parents de Marion nous retrouvent, car Pierre espère bien nous suivre jusqu'à Charentus le lendemain, avec son vélo électrique.
Nous sommes donc le 6 juillet, j'ai 29 ans aujourd'hui. Quel meilleur cadeau puis-je avoir que ces deux ans de voyage avec ma bien aimée ? Avec ses yeux bleus limpides elle m'offre des ans de vie commune en cohabitation avec Teresa, ma fidèle compagne peu jalouse. Deux ans de vie dont toute la suite va dépendre. Si nous revenons ensemble (ce que nous espérons fortement !) alors plus rien de pourra nous séparer. Nous en sommes convaincus et notre entourage aussi. La suite de l'aventure nous en dira plus :-)
 
Cette étape se déroule à merveille et nous arrivons à 5 chez Gisèle et Christian, des amis des parents de Marion.
 
Le quatrième jour, Simone et Jocelyne nous accompagnent encore un peu, jusqu'au bout de l'ancienne voie de chemin de fer aménagée en voie verte, de Brive à Solignac. J'en profite pour essayer le tandem. Je n'ai jamais été vraiment attiré par cet outil, qui offre à mon avis trop de proximité. Une des rares choses que j'ai d'ailleurs imposé à Marion, c'est de partir avec deux vélos. Elle se plaît à dire qu'elle avait le choix entre prendre un tandem ou prendre deux tentes !
Avec Jocelyne derrière moi, le tandem demande beaucoup de communication. Pour ce point, tandem ou pas, il nous en faudra beaucoup dans notre voyage, qui demandera beaucoup de discutions sur l'itinéraire, de compromis, etc.

Simone et Jocelyne nous quittent, nous sommes maintenant seuls sur les routes alti-ligériennes. Nos sentiments sont très bizarres à présent; Partir de chez soi est savoureux. Les amis vous accompagnent, vous êtes invités chez des parents, amis et amis des parents. Mais cela apporte aussi un sentiment bizarre, celui de ne pas vraiment avoir commencé le voyage. Nous roulons sur des routes connues, si bien que, attablés sur une palette sur le parking de l'Intermarché de Langogne, lorsque je demande à Marion ce  quoi elle pense en pédalant, elle me répond : "à ne pas faire demi tour". J'ai senti dans ces paroles peu d'humour et beaucoup de vérité... Moi même je suis partagé entre excitation du départ et nostalgie de cette région que nous aimons tellement. Après Langogne, nous pédalons en direction de la Bastide, une route que j'ai tellement parcourue à bicyclette. En terrain si connu, comment se sentir déjà parti ?
 
Fabien, le motard du Tour d'Europe vélo moto, nous attend à Pied de Borne. Un apéro-rencontre avec la population est organisé à la salle des fêtes. Puis nous regagnons sa maison, de l'autre côté de la rivière, en Ardèche. Depuis le Tour d'Europe chacun a suivi un parcours différent. Moi dans les voyages, lui dans son exploitation agricole.
 
Pendant ces quelques jours nous profitons de nos amis et du confort qu'ils nous offrent. Un bon lit, une douche chaude, une voiture parfois, pour commencer l'étape comme ce fut le cas à Charentus ou pour la terminer comme ce fut le cas à Pied de Borne. A chaque fois, dans chaque maison, on nous pose insatiablement les mêmes questions :
- Vous vous êtes entrainés ?
- Oui, depuis le jour du départ !
- Marion, tu avais l'habitude de faire du vélo ?
- Oui, j'ai toujours rêvé de faire un tour du monde à vélo, depuis mes 5 ans.
- Vous faites combien de kilomètres par jour,
- Environ 70, avec un jour de repos tous les trois jours.
- Vous avez combien de kilos ?
- Une cinquantaine chacun avec les vélos.
- Vous allez traverser l'Iran ?!
- Oui, c'est le pays que nous souhaitons découvrir le plus de tout ce voyage.
 
Et puis, à l'heure de manger, arrive la question fatidique :
- Vous mangerez bien des pâtes ?!
Des pâtes, nous allons en manger pendant deux ans ! Alors un petit magret de canard sauce myrtille et un ris de veau aux champignons sont préférés en ce début de voyage ! Merci Jocelyne et Simone !
 
Enfin, on nous demande évidemment combien de temps nous comptons partir. Deux ans… On y répond sans trop de certitude, beaucoup de nos amis étant partis pour un an de vélo et revenus après plusieurs années. Nous demandons alors à nos amis ce qu'ils seront dans deux ans. Ils réalisent, pour la plupart, qu’ils n’en savent rien. Se projeter si loin paraît impensable pour beaucoup. Ceux qui disent que nous allons vers l’inconnu, réalisent en fait qu’ils ne sont pas plus avancés que nous : Nous avons une idée de ce que l’on sera dans deux ans, même s’il y a de fortes probabilités pour que ce soit bien différent de ce que l’on pense.
En regardant les accoles d’Anne et Fabien, surplombant le Chassezac, comment sera ce site digne des ruines de Choquequiraw au Pérou dans deux ans ? Le bâtiment qu’ils sont en train de construire sera dressé. Y aura-t-il une maison ? Ou une yourte ? D’autres arbres ? D’autres terrasses ?
Le 5ème jour est caniculaire. A l’arrivée d’Aubenas, notre thermomètre affiche 40°C. L’Ardèche tient toutes ses promesses. Le Rotary club aussi. C’est ainsi que nous plongeons dans une chambre climatisée à l’hôtel Helvi à Vals les Bains, invités par le Rotary d’Aubenas. Marion et moi sommes exténués, fatigués par le départ, les préparatifs, le déménagement, et nous goûtons enfin à un peu de repos.
En Ardèche, les gorges sont un émerveillement ; D’abord celles du Chassezac, puis celles d’Auzène. Ces deux gorges nous permettent de plonger au cœur de ce département, d’admirer ses châtaigniers majestueux, ses bâtisses qui rivalisent de grandeur, et ses rivières rocailleuses qui, avec la température ambiante, sont un appel à la baignade. Pour les gorges de l’Eyrieux, nous roulons sur l’ancienne voie de chemin de fer déclassée en 1970 et reconvertie en agréable voie verte. Plus que de suivre les rivières, pédaler sur des anciennes voies de chemin de fer garanti au pédaleur un relief constant et peu accidenté. Et cela me fait toujours penser à la Rimutaka Walkway Incline, qui permet de rejoindre Wellington en Nouvelle-Zélande. Nous y retournerons ans quelques mois…
 
A Valence, nous sommes attendus par le Rotary club, l’EFS et les associations de don du sang qui ont mis en place depuis trois jours une opération « mon sang pour les autres » dans le parc Jouvet. Concurrencés par les championnats de France d’athlétisme, peu de journalistes seront présents pour l’occasion ; En trois jours, il y a eu environ 300 donneurs de sang. Un bon début pour cette action qui sera certainement pérennisée.
Nous passons une agréable soirée en compagnie de quelques membres du Rotary et leur accueil nous permet encore une fois une nuit réparatrice.
 
Voilà pour ces premières journées. Nous continuons maintenant vers Albertville où nous nous arrêterons quelques jours pour nous reposer et préparer l’ascension du Mont Blanc.



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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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