Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

Petite étape à vélo pour rejoindre Mostar

Stolac - Mostar photos de cette étape

le 24/07/2006

  • nombre de km prévus : 80
  • nombre km effectifs : 51
  • temps prévu : 5h00
  • temps effectif : 2h00
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Petite étape à vélo pour rejoindre Mostar

Aujorud'hui eest une petite etape, avec un peu plus de 40 kilometres au programme. Rien a signaler mis a part que je travers des paysages brules par de recents incendies. Il fait tres chaud comme je vous le dis, cela se lit meme sur les paysages...

Apres 20 kilometres, je me fais doubler par une grosse bagnole tout klaxon au vent, alors qu'une autre voiture arrive en face. Le mauvais automobiliste a droit a mon doigt d'honneur et a ma benediction d'usage. Celui ci s'arrete. Ca tombe bien, j'ai plein de choses a lui dire ! Mais je pense tout de meme a ma mesaventure du tour d'europe ou, dans la meme situation, j'avais ete a deux doigts de me faire casser la gueule par un automobiliste francais a la carrure de rugbyman...

J'arrive a hauteur de sa fenetre. Un gros monsieur accompagne de sa femme. Enerve, je lui explique que je ne suis pas du tout content. Il ne parle pas anglais, sa femme si. Alors il m'explique qu'il fallait que je lui laisse plus de place pour me doubler. Je lui explique alors que non. C'etait a lui de s'arreter derriere moi et d'attendre qu'il n'y ait personne en face. C'est une regle de bonne conduite qui s'applique a tous les chauffeurs et chauffards. Sa femme me repond :
- Nous ne savions pas ca.
- Vous ne savez pas ? Mais alors pourquoi conduisez-vous. Arretez-vous ici, donnez moi les clefs, je vous appelle un taxi. Arretez de conduire avant de tuer quelqu'un ! Je sors mon portable. Lui ferme la vitre et continue sa route...
Apres les touristes sur la cote croate, je decerne la palme du mauvais conducteur aux bosniens, sans hesitation. Enfin, celui la n'a pas voulu me casser la gueule. Comme quoi, l'automobiliste bosnien reste tout de meme plus civilisé que le francais...

A Mostar, je me rends au Centre Culturel Francais ou Celine et Jasmina m'attendent. Celine est francaise et est respnsable du centre. Jasmina est bosniaque (communautée musulmane de Bosnie) et est sa collegue. Elles ont organise tout mon sejour ici, avec l'hebergement du cyclo notemment. Toutes deux m'en apprennent un peu plus sur Mostar, qui est une ville qui a considerablement souffert de la guerre. Jasmina parle francais car elle a quitte la Bosnie durant la guerre et est venu s'installer en France, a Annecy. Lorsqu'elle est revenue ici, en 1995, 90 % des maisons n'avaient plus de toit. Et, evidememnt, le fameux pont de Mostar avait ete detruit.

Cette ville a toujours ete cosmopolite, avec une part egale d'Orthodoxes, catholiques et musulmans. Ces trois communautes arrivaient a vivre ensemble, melangees, jusqu'a la guerre. Autour d'un dejeuner, Celine m'explique que c'est ici que la Bosnie comptait le plus de mariages mixtes entre personnes de differentes religions. Mais la guerre et la destruction du pont ont considerableemnt change la vie dans la ville. Maintenant Mostar compte une partie catholique et une partie musulmane, alors que les serbes ne sont quasiement plus ici.

A l'image du vieux pont, la vieille ville a ete reconstruite. Mais autour, le spectacle est affligeant. Comme dans la plupart des villes bosniennes, je me prends une claque des le panneau de la ville franchie. Avant, la campagne, le desert. Des maisons en ruine certes, mais des ruines qui ressemblent a celles que l'on peut trouver dans nos villages francais. Mais une fois dans la ville, c'est toujours un choc. Des impacts d'obus sur tous les murs, sur le bitume. Des squelettes de maisons, avec seulement des murs partiellement detruits, ronges par le feu des armes. La desolation que seul la brutalite des hommes peut creer. Et Mostar ne fait pas exception, bien au contraire.

Je flanerait un peu autour du vieux pont. Ce quartier a une couleur tres orientale. On y vend des bibelots de toute sorte comme des sabres, des narguilés (desole pour l'orthographe...) ou des pipes, des poupees russes (?)... Tout est tres colore. Le vieux pont attire les touristes. Il ságit du plus beau pont de tous les Balkans selon l'avis de beaucoup. Son histoire le rend encore plus grand et magique. Juste a cote du pont, une exposition de photos montrent l'evolution de la ville durant la guerre. En 1992, le pont subit ses premieres mutineries mais survivra. En revanche, c'est en 1993 que la ville est le plus violememnt attaquee, et le pont sera entierement detruit en Novembre 1993. Il ne sera recontruit, a l'identique, que 10 ans plus tard.

Avant la guerre, la tradition voulait que tout habitant de Mostar n'etait un homme que s'il avait au moins une fois dans sa vie saute du pont dans la riviere, 21 metres plus bas... Un challenge pour montrer la virilite aux demoiselles. Cette apres midi, en marchant autour du pont, je vois un attroupement se former autour d'un homme en maillot de bain. Il est pret a sauter. mais il attendra encore une bonne demi heure, le temps que ses amis, en maillot de bain aussi, face le tour des spectateurs pour amasser un pecule. La tension monte. On veut qu'il plonge. Finalement il descend et c'est un de ses amis qui prend sa place. Les autres continuent a faire le tour des touristes. Le plongeur fait de vastes gestes, des etirements. Il se concentre. On veut qu'il plonge. Vu la preparation, on s'attend tous a voir un magnifique plongeon. Le saut de l'ange, la tete en avant. Peut etre meme un ou deux sauts perilleux... Apres d'interminables preparatifs, le voila qui se jette... les pieds en avant. De timides applaudissements couronnent ce petit saut. Tout le monde s'en va un peu decu. Vraiment, les hommes ne sont pas ce qu'ils etaient, du temps du vieux pont...
 

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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