La France en auto-stop 2013 (4750 km)

Nadaillat - Strasbourg

du 26/06/2013 au 27/06/2013

  • nombre de km prévus : 1200
  • nombre km effectifs : 930
  • temps effectif : 29h30

Nadaillat - Strasbourg

Hier soir, Julien et Marion ont accueillis une autre couchsurfeuse, Marion, qui accepte de me sortir de Nadaillat  pour me déposer jusqu'à Theix. On se quitte à la station service de Theix et je me met en quête d'une nouvelle voiture. Objectif : Clermont, puis l'autoroute vers Paris pour bifurquer une centaine de kilomètres avant Orléans et finir sur Tours dans la soirée.

J'arbore donc un panneau "Clermont". Après à peine 10 minutes d'attente, une voiture s'arrête. Son conducteur, assez occupé par sa conversation téléphonique, me fait signe de monter. Je ne piperais mot pendant presque tous le trajet, lui étant en relation avec son client téléphonique. Arrivé aux alentours de Clermont, il raccroche et nous pouvons enfin discuter. Il s'appelle Christophe, et me demande où il peut me déposer. Je lui dis donc que je cherche à rejoindre l'autoroute mais qu'il peut me laisser où cela l'arrange, mes pieds sont aussi là pour marcher de temps à autres . Rien à faire, il ne veut pas m'écouter et me déposera à l'entrée de l'autoroute. Merci Christophe, mais c'était vraiment pas la peine d'en faire autant !!

A l'entrée de l'autoroute, je tombe sur un binôme sur le bord de la route, et n'arrivant pas à cerner s'ils font du stop ou pas, je viens à leur rencontre. En fait, ils font juste du covoiturage et attendent leur voiture. Malheureusement, ils vont vers Lyon, mais ma question sur leur destination était totalement désintéréssée . Ils me souhaitent bonne chance et je me met à stopper en indiquant "Bourges", ville juste avant la bifurcation entre Orléans et Tours.

Je vois les covoiturés qui finissent par rencontrer leur voiture, cela simplifiera peut-etre les choses, car on se disait tous les 3 que leur présence 10 mètres derrière moi pouvait prêter à confusion quand au nombre de stoppeurs à embarquer. 5 minutes plus tard, je tourne à nouveau le regard vers l'autoroute et Ô surprise, un camion est arrêté 20 mètres derrière et me fait signe de monter. Je ne l'avais même pas vu s'arrêter, heureusement qu'il a été patient. Je monte donc avec Joachim, un routier belge de 22 ans. Il remonte vers Paris puis Bruxelles, et me dis que je n'ai qu'à lui dire où il doit me déposer il n'y a pas de soucis, lui n'étant pas trop pressé. Durant le trajet, il me montrera des photos de la plupart des bourdes qu'il a commises durant ses premières années sur la route. Des tondeuses mal arnachées, des pots de mayonnaise écrasés, ... N'est donc pas routier qui veut , mais bon, il faut bien un début à tout.

Il me déposera donc sur une aire d'autoroute juste après Bourges et j'espère trouver une voiture assez rapidement. Mais apparemment, personne ne va à Tours . Au bout d'une heure, je refuse une première voiture qui va vers Paris. Je n'aime pas refuser des voitures, surtout quand les occupants ont l'air sympathiques, mais je n'ai personne pour m'héberger sur Paris et je doute que tenter une demande de couchsurfing dans l'après-midi pour la soirée soit très pertinent. Au bout de 3h, après avoir refusé une ou 2 autres voitures, quelqu'un s'arrête. Ce brave monsieur va à Orléans, mais je n'ai pas envie d'attendre plus longtemps au même endroit. Je me dis aussi que le trafic d'Orléans à Tours se fait sur l'A10, qui relie Paris à Bordeaux, il devrait donc y 'avoir plus de monde.

Je préviens mon amie tourangelle que je ne devrais pas arriver fin d'après-midi mais plutot fin de soirée, et encore si tout va bien. Je me ferais déposer à 10 km au Nord d'Orléans sur une aire d'autoroute dans le sens Orléans-Paris, fort heureusement, l'aire d'autoroute juste en face est accessible par une galerie marchande à cheval sur l'autoroute. Je peux donc stopper vers Tours, et je croiserais assez rapidement un couple de stoppeur qui descendent vers Tours puis Angers. Mais cela ne semble pas très bien marcher pour eux, alors que puis-je espérer pour moi ... Stopper à 3, c'est galère, et si on stoppe séparément, c'est eux qui ont la priorité. Après avoir discuté tous les 3, je m'installe donc à la sortie de la station, loin derrière eux, mais sans trop y croire. J'avais déja stoppé un jour sur l'aire d'en face (celle en direction de Paris) et ce pendant 4 heures durant, tout ce que j'espère c'est ne pas revivre la même chose. Au bout de 2h (il doit désormais être 18h30 il me semble), aucun des 3 auto-stoppeurs que nous sommes n'ont réussi à quitter cette aire, semblerait-il maudite .

L'heure commençant à tourner, je me dis que je vais tenter ma chance de l'autre coté pour aller directement à Dijon (via Troyes), prochaine étape de mon périple. On se situe juste avant la bifurcation de l'A10 vers Troyes, je sais d'expérience que le trafic est plutôt orienté vers Paris, mais qui ne tente rien n'a rien. Par ailleurs, la dernière fois, après avoir attendu 4h pour aller dans la même direction, c'était un sympatique Parisien qui avait accepté de faire le détour pour moi.

Je refuse un premier Parisien en me disant que la chance m'apportera bien un jour quelqu'un qui va dans le bonne direction. Au deuxième Parisien, je me dis que çà ne sert à rien de s'obstiner et autant aller là où les voitures me mènent. J'embarque donc pour Paris avec  ... Alexandre. Je savais qu j'avais un prénom répandu mais jusqu'à alors dans ma vie je n'en avais presque jamais rencontré d'autres. Avec le Nantais qui m'a fait Vannes-Nantes, cela fait le deuxième en 2 semaines. Comme dit, il faut un début à tout ...

Alexadre est Poitevin et suit une formation régulièrement sur Paris. Après avoir iscuté de tout et de rien, j'essaye subtilement de savoir si il connaitrait quelqu'un pour m'héberger sur Paris. Malheureusement, lui dors déja dans le petit appart d'un ami et doute qu'il reste de la place. Tant pis, et de toutes façon j'ai une tente, il faut bien qu'un jour elle soit utile.

Aux alentours de 21h30, Alexandre me déposera porte de Vincennes, à quelques porte de la porte de Bercy où nait l'A4. Oui, l'A4, direction Strasbourg et mon chez moi. Je n'ai pas encore renoncé à aller à Dijon, en passant par l'A5 (via Troyes et Langres), mais j'ai déja prévenu mes amis Dijonnais que je ferais selon les chauffeurs et qu'il se peut que je rentre directement chez moi.

Je suis donc Porte de Vincennes, la porte de Bercy étant, d'après ce que j'ai compris, impratiquable pour des stoppeurs. Un passant intrigué me demande vers où je vais : "Reims, ou Troyes, les 2 me vont." Il me répond qu'il est préférable d'attendre en banlieue, et me conseille Noisy-Le-Grand. Il a l'air honnête et je décide de suivre son conseil. Le temps de trouver un RER et je suis parti. Arrivé à Noisy, je trouve assez vite l'entrée de l'autoroute comme on me l'avais décrit, et en plus, le panneau d'entrée indique "Reims, Troyes". Que demander de plus !! Seul bémol, la nuit vient de tomber. Le stop marchera encore quelques heures, mais entre 2h Et 7h du matin, c'est un peu une période creuse.

Il doit être 22h00, et Claude-Anne (oui, le prénom est bizarre, mais parait-il qu'une auteur célèbre porte le même nom) s'arrête et propose de me déposer au péage de Marne-la-Vallée, elle sortant peu après. Vous avez déja vu une mamie rouler à 160 sur l'autoroute ? Moi si ^^. J'arrive donc au péage assez rapidement, péage que je connais pour y avoir déja stoppé plusieurs fois, mais jamais de nuit. Je repère déja un endroit propice pour planter la tente si besoin. Une première voiture s'arrête sur le Parking, une jeune fille qui apparemment n'as pas envie d'embarquer un inconnu de nuit alors qu'elle est seule, çà se comprend parfaitement. Je vais donc à la rencontre des quelques routiers encore éveillés, l'un d'entr eux me dit (comme la moitié des routiers d'ailleurs) qu'ils n'ont pas le droit de prendre des passagers, ce qui je le sais est vrai mais ce qui n'empeche pas certains d'en prendre quand même. Je recevrais de sa part quelques abricots pour passer la nuit, heureusement qu'il existe encore des gens comme lui.

00h00 approche et une 2° voiture s'arrête. 5 amies qui apparemment rejoigne la dernière qui attendait sur la Parking (celle qui m'avait refusée un peu plus tôt). Intriguées, elles me demandent où je vais, vers Reims comme elles. J'embarque donc dans la voiture de la 6°, accompagnée d'un de ses 5 amies histoire de la rassurer. Je suis donc avec Déborah et Annie, en partance pour Reims. Durant le trajet, j'ai le droit à un interrogatoire téléphonique avec les occupantes de l'autre voiture, j'essaye de voir si je peux avoir un endroit où dormir sur Reims, elles vont essayer de voir mais chez elles çà ne paraît pas possible. 

Finalement, pas de logement. Elles me déposeront devant la gare de Reims, malheureusement fermée à cette heure tardive. Je retrouve un spot de stop que j'avais déja tenté il y'a 3 semaines de cela au début de mon périple, avec moins de trafic je devrais pouvoir trouver plus facilement que la dernière fois. Mais le trafic est tellement réduit qu'en fait, il n'y a presque personne .

A 2h30, j'arrête de stopper et je rentre dans le parc le plus proche. Hors de question de planter la tente en pleine ville, mais je veux juste essayer de me reposer sur un banc. Un premier pull, un deuxième pull, en manteau. Bordel, qu'est ce qu'il fait froid ici, la nuit va être longue ... surtout qu'il va bientôt se mettre à pleuvoir 

5h45, après une petite heure de sommeil et le reste d'attente, la gare ouvre et je peux rentrer me mettre au chaud et au sec. Je peux en profiter pour recharger mon téléphone et trouver grâce au GPS un endroit peut-être plus adapté pour obtenir une voiture.

Pour finir Reims-Strasbourg, pas grand chose à raconter, 3 conducteurs :
Une première voiture jusqu'à Sainte-Ménéhould (Sabrina)
Un camion jusqu'à peu après Metz (Franck)
Une dernière voiture jusqu'à Strasbourg (David)

J'arrive à Strasbourg à 14h30, le temps de revoir du monde et de me changer et, n'ayant pas pu donner mon plasma à Clermont, je téléphone à l'EFS pour faire un don en fin de journée. J'ai un rendez-vous pour 16h00, et clos ainsi ce Tour de France en sortant de l'EFS. Une centaine de personnes rencontrées, pleins de disussions toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Une bonne moitié essayera de donner ou redonner leur sang, certains le donnent déja régulièrement, les autres y ont souvent déja songé mais ont trop de contre-indications ou de travail. Il reste quelques personnes qui ont peur des prises de sang et qui malgré mon discours ne changeront pas d'avis.

Expérience à revivre, j'essayerais de repartir l'été prochain vers l'Europe de l'Est, peut-être le Nord et la Russie, ou le Sud avec la Grèce et pourquoi pas la Turquie. J'avais peur que pour un premier gros périple la barrière de la langue soit trop importante, c'est pour cela que j'avais commencé en restant en France, mais mes différents voyages en stop m'ont je le sais beaucoup fait progressé en anglais (et un petit peu en allemand), ne serait-ce que pour la prise de parole qui était jusqu'alors pour moi très difficile dans une langue étrangère.