Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

Fringale sur la peninsule de Peljesac

Zaton - Trstenik photos de cette étape

le 17/07/2006

  • nombre de km prévus : 40
  • nombre km effectifs : 98
  • temps prévu : 4h15
  • temps effectif : 6h45
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Fringale sur la peninsule de Peljesac

Depart 7h00, je suis dans les temps !., Je quitte le "Kamp Polje". Pensez y si vous venez dans le coin ! A Slavo, je fais mes course. Chose tout a fait baanal jusque la. Mais cette fois ci, il me faut du papier toilette... Il ne s'agit pas d'un produit que l'on vous vend a l'unite. Ici, c'est par paquet de 4, minimum. Il m'en faut un, maximum. Je ne peux pas en transporter plus, faute de place. Je n'ai pas d'autre choix que d'acheter un paquet en entier. M'en voila bien embarasse... Je me presente alors avec le plus beau de mes sourires a la premiere demoiselle venue, tres charmante. Son charme ne m'etant pas indifferent, je lui demande si elle accepterait une cadeau de ma part, chose qu'elle accepte volontiers. Et voila comment je me suis vu offrir a la plus jolie des demoiselles, trois rouleaux de papier toilette au doux parfum de peche, en ce beau matin de juillet...Bon, ce ne sont pas des roses mais ca sent la peche, ce qui n'est deja pas si mal... Je m'en vais sur mon velo, laissant cette demoiselle pentoise avec trois rouleaux de papier toilette dans les mains. Peut etre racontera-t-elle avec beaucoup d'emotions a ses copines cette fabuleuse rencontre avec un cyclovoyageur d'un grand romantisme. De mon cote c'est la premiere fois que je fais un tel cadeau a une demoiselle, et je me suis senti d'un ridicule... Mais que voulez vous, je n'aime pas le gaspillage. Et evidemment, je ne lui ai pas dit que j'etait francais, mais italien. Chers concitoyens, notre honneur est sauf !

Je quitte la route principale pour un chemin de pierre a Doli. Enfin la tranquillite ! Mais le chemin est une horreur pour le velo. On ne peut pas tout avoir. J'evolue alors au milieu des petites vignes et oliviers, tout pret de la mer. Plus loin, quelques maisons et le bitume.Mais aussi un panneau a ma droite qui me ramene a une des tristes realite de la |Croatie : terrain mine. Me voila sur la peninsule de Peljesac. Apores avoir passe Ston et son chateau et ses impressionnants remparts, la route devient un calvaire. Il fait chaud, il n'y a pas d'arbre, la route s'eleve encore. J'ai l'impression d'evoluer dans un desert.Peut etre est-ce du a cette montagne a ma gauche, ou aucun arbre ne peut y pousser. Ou bien a ces cactus sur le bord de route, encore trop petit pour pouvoir me faire de l'ombre. Ou bien encore a ce soleil, haut dans le ciel bleu, chauffant mes muscles et le bitume. Ou alors ce sont les 180 kilometres de la veille qui transforment de petites lignes droites en corridors interminables, ou le chant des cigales se transforment en ricanement.

Je suis epuise. Il est 14h00. J'ai fait 80 kilometres. Je me rends a Sresen ou est indique un camping sur ma carte. Mais de camping il n'y a point. Peut etre y en avait il un, la ou ces deux caravanes pourrissent dans l'herbe haute. Ou bien la, a cote de ces toilettes entierement detruites. Il fait chaud et je pense a la descente effectuee pour venir jusqu'ici. Descente qu'il me faudra remonter... Et voila comment j'en suis emmene a commetre le peche le plus cruel, l'irreparable. Un peche qui vous reste dans le ventre pendant de longues heures
- Je prendrai un Banana Split s'il vous plait.
D'abord la creme fraiche, onctueuse. Puis la glace, rafraichissante. Vient ensuite la banane, sans quoi ce ne serait pas un banana split. Enfin, le chocolat, fondant... Mais alors, ou est le mal dans tout cela ? Le fait est que, uyne fois termine, il est la , bien cale au fond de votre estomac, et vouas avec au fond de la chaise. Impossible de se lever. Gravir une cote a velo ? N'y pensons pas ! Et pourtant il le faut bien. Alors cette montee me sert de confessoir. Promis, je ne prendrai plus de banana split avant d'avoir termine une etape. Oui, promis, la prochaine fois je prendrai un pivo ! Quie a zigzaguer, autant le faire d'euphorie que d'indigestion !

La montee est un supplice. Je zigzague, j'ai la tete qui tourne, je ne sais plus ou je suis. Je maudits cette journee de canicule et cette gourmandise. On m'avait promis une jolie ile, je n'ai vu que d'interminables montees sous un soleil de plomb.

J'arrive a Trstenik en etat de decomposition avancee. Je demande a deux charmantes allemandes ou se trouve le camping. Elles me l'indiquent, au milieu de la cote que je viens de descendre. J'ai loupe le panneau... Mais elles ne me laissent pas partir comem cela. Elles semblent facinees par mon corps saillant et svelte...D'abord mes cuisses, apparemment a leur gout.
- Oui, si vous voulez, vous pouvez toucher...
Elels ont l'oeil petillant. Puis mon torse. Elles le trouvent bien blanc par rapport a mes cuisses. Je leur montre alors mes pieds sortis de mes sandales. Elels explosent de rire. Je ne leur montrerai pas mes fesses. il est impoli de montrer son derriere a des dames de plus de 60 ans...

Au camping, je passerai la soiree avec un groupe de 4 francaise de Nimes (ou Nice). Generalement j'evite de rencontrer des francais lorsque je suis a l'etranger. J'en vois assez quand je suis en France. Mais aujourd'hui j'avais besoin de voir du monde et de parler francais... Et puis un petit ricard, ca ne se refuse pas !
 

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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