De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Rakia story et promotion du don du sang

Krusevac - Sofia photos de cette étape

du 06/09/2010 au 12/09/2010

  • nombre km effectifs : 217
  • temps effectif : 15 heures
Eglise de KrusevacNotre guideDes membres du RotaryBains chauds que nous avons bien appreciesSoiree avec le RotaryTres bon vin serbe !Collecte de sang organisee par le rotaryEchange de fanion entre nos deux clubs rotariens

Rakia story et promotion du don du sang

A Krusevac, le rotary club présidé par Ljuba nous accueille pour deux nuits. L'occasion pour nous de laver un peu de ligne et de nous reposer. Nous passerons la première matinée à visiter la ville en compagnie d'un membre du rotary parlant le français couramment pour avoir travaillé dans notre pays plusieurs années. Ce peintre féru d'histoire nous en apprend beaucoup sur Krusevac, cette ville aux confins du Kosovo qui a eu une place capitale dans l'HIstoire de la Serbie. C'est notamment ici que le tsar Lazare a tenté de refouler les Turques au 14e siècle.
L'après midi nous allons jusqu'aux bains de Ribarska (Ribarska Banja). Ici sort de la terre une eau minérale relativement chaude (entre 50 et 70 degrés). Les serbes y ont construit des bains thermaux réputés pour soigner les maux des sportifs. Un lieu très agréable où nous pouvons voir quasiment autant de béquilles que de personnes... Enfin, le lendemain, après un diner très apprécié et une bonne nuit, nous retrouvons l'équipe de la croix rouge pour une collecte de sang organisée à l'hôtel Novi Palas. Une vingtaine de donneurs se sont déplacés durant la matinée, ainsi que quelques journalistes. Il est midi lorsque nous quittons Krusevac après un dernier Burek. Le Burek de trop peut-être, qui nous coupe les jambes pendant les 20 premiers kilomètres de la journée. Autant dire toute la journée, car nous décidons de nous arrêter avant d'avoir parcouru 30 kilomètres, dans un petit village entre Krusevac et Nis ( n'étant attendus à Nis que le lendemain, nous avons tout notre temps).

La campagne que nous traversons est particulièrement bien exploitée. Des petites parcelles de maïs ou luzernes se suivent et forment le paysage entre les villages peu distants. Marion n'aimant pas vraiment dormir dans les coins isolés, nous demandons à des villageois où planter notre tente. Certains ne comprennent pas, d'autres nous indiquent des lieux situés à 30 kilomètres de là, d'autres enfin ne savent tout simplement pas. Finalement, Marion s'adresse à une jeune femme qui pale un peu anglais. Après une brève discution, elle nous invite à rentrer dans sa cours pour nous rafraichir et nous reposer un peu, le temps de réfléchir à la question. Entre temps toute la famille s'est regroupée autour de nous, c'est à dire trois générations, du petit garçon Strainjia (4 ans) à baba Zagorka (baba veut dire grand mère) qui est en fait l'arrière grand mère, petite femme pétillante. L'invitation à boire un café se transforme rapidement par une invitation à dormir de la part de baba Zagorska. A priori nous avons des têtes sérieuses et la confiance s'installe. Boris, le père de famille, nous confirme que nous sommes les beinvenus pour dormir.

Nous passons le reste de l'après midi à nettoyer et graisser les vélos, à faire connaissancve avec cette charmante famille et leurs voisins, et à chasser les poules de la cour, l'occuaption favorite de baba Zagorka semble-t-il.
Mais voilà, le téléphone serbe étant aussi rapide que son homonyme arabe, une voisine parlant français arrive. En fait c'est baba Zagorska qui est allé la chercher. Zlata a habité à Orléans avec son mari, et leurs enfants y habitent toujours. Tout aussi heureuse que surprise de voir des français s'arrêter dans son petit village, elle souhaite nous inviter à dormir chez elle. Pour nos hôtes, il n'en est pas question. Ils nous ont trouvé en premier, nous resterons ici ! Un compromis est trouvé : nous dinerons et dormirons ici, mais irons prendre le petit déjeuner chez Zlata demain matin. Tout le monde est satisfait, nous pouvons poursuivre la soirée en toute tranquillité.

Nous nous mettons à table pour déguster le fabuleux diner préparé par Dusica (la gand mère, troisième génération). Au menu, des poivrons bien sûr ! Dans cette région, nous avons pu voir sur le bord de la route quantité de jardins faisant pousser ce légume. Souvent des sacs remplis de poivrons sont posés sur les bords de route, attendant des acheteurs. Nous avons également pu voir des remorques entières se diriger vers les villes pour y être vendus. Alors on le mange à toutes les sauces, cuit ou cru, en salade ou pané. Susica a également préparé de la viande, des frites et une salade de tomates. Mais avant de manger toute cela, il faut boire la rakia. C'est Boris (le chef de maison, 2e génération) qui se charge de nous servir. Par bonheur ce soir, les verres sont plus petits que d'habitude. Qu'à cela ne tienne, nous en avons deux chacun : un rempli de Slivovitca (eau de vie de prune) et une autre rempli de Orahovacu (genre de vin de noix, mais sans vin, juste de la gnole). Marion peine à terminer son verre, mais baba Zagorka veille au grain et lui explique qu'il faut le boire cul sec. Marion s'éxécute. Revancharde, elle sort sa taupette pour le digestif. Et la verveine coule à flots. Nous l'avions pris en cas de coups dur dans les grands cols ou les froides journées, mais elle nous sert en réalité à comparer les spécialités de chaque pays en terme d'alcool fort, et nous la sortons à chaque bonne occasion, c'est à dire tous les jours depuis notre entrée en Serbie.
Zlata est revenue avec des beignets et une autre voisine parlant parfaitement bien anglais. Suivent des discutions animées autour de sujets divers et variés tels que le sport, le Kosovo ou la religion. Discutions ponctuées de fous rires lorsque les mots se mélangent ou que la traductrice se mélange les pinceaux. C'est repus et un peu saouls que nous nous dirigeons vers notre chambre. Nous n'avons fait que 28 kilomètres dans la journée, et pourtant nous sommes bien fatigués !

Le lendemain matin baba Zagorka nous accompagne chez Zlata pour le petit déjeuner, comme promis. La main de Marion dans la sienne, cette grand mère nous montre une affection très touchante. Zlata nous sert d'interprète et nous explique que baba Zagorka est heureuse de nous avoir eu pour invités cette nuit, que notre présence a un peu changé leurs habitudes dans ce village où il ne se passe jamais rien. Et en plus Marion l'a embrassé hier soir avant d'aller dormir, alors qu'ici jamais personne ne l'embrasse nous dit-elle dans un éclat de rire !
Nous quittons Zlata et son mari Miroljud après avoir pris un bon petit déjeuner, composé de pain, thé et pita, un plat typique serbe dont Zlata s'est faite spécialiste. Avant de nous élancer sur la route, baba Zagorka court cueillir une rose pour la remettre à Marion. "Merci de vous être arrêté chez nous" peut on lire dans ses yeux. Merci de nous avoir si chaleureusement accueilli chez vous, tentons nous de lui répondre.
Le voyage est ainsi fait, nous devons reprendre la route, celle là même qui nous offre ces belles rencontres, et qui nous les arrache dès que nous nous arrêtons trop longtemps. Pour ne pas s'attacher sûrement, ou pour donner à ces moments une valeur inestimable.

50 kilomètres plus loin nous arrivons à Nis où nous sommes accueillis par le centre de transfusion. Demain sera organisée une médiatisation autour de notre voyage pour le don du sang.

A Nis, nous sommes accueillis par les responsables du don du sang. Jelena est notre référente, c'est elle qui a organisé toute notre venue ici. Après de brèves présentations, nous nous installons dans un hôtel réservé par leur soin pour la nuit, et le lendemain matin nous nous retrouvons sur la place centrale de la ville où nous attendent quelques journalistes (trois télévisions et deux journaux). Pendant une demi heure nous restons ici à répondre aux journalistes, puis nous suivons quatre cyclistes pour gagner les hauteurs de Nis. Il est 11 heures lorsque nous arrivons au monument dominant la ville et construit ici pour célébrer une bataille importante pour la Serbie. C'est aussi l'heure de notre première rakia, offerte par un historien ayant beaucoup étudié ce lieu. De retour à Nis, nous nous arrêtons au centre de don du sang, rénové et modernisé il y a quatre ans, fortement aidé par des l'Europe, puisque la Serbie s'inscrit elle aussi dans le programme d'adhésion à l'UE. Jelena nous explique qu'environ 20 personnes donnent leur sang ici chaque jour, ce qui représente un peu moins de 20 % des collectes de sang journalières, le reste étant apporté par des collectes mobiles. Il n'y a pas ici de système de don compensé ; ceux qui viennent ici sont 100% volontaires. Ils ont en compensation deux jours de congé.

Jelena vient nous chercher à notre hôtel. En l'attendant, nous discutons avec le réceptionniste. Heureux de pouvoir discuter avec des étrangers, il sort de derrière le fauteuil une bouteille de deux litres de rakia, déjà bien entamée. Cette fois-ci il s'agit d'une gnole d'abricot, la meilleure des rakias que nous ayons bu jusqu'ici. Nous attendons Jelena, un verre à la main. Son mari tient un salon de coiffure et de massage. Compatissante envers Marion, Jelena tient à nous offrir un massage. Notre jeune kiné se retrouve à son tour dans les mains d'un masseur, pour son plus grand plaisir. De mon côté je me contenterai d'un massage « mécanique » sur un lit prévu à cet effet. Après le massage, nous montons dans son appartement où elle nous sert une rakia, la troisième de la journée, alors que nous discutons avec son fils de 11 ans, qui parle un anglais impeccable. Puis nous allons manger un burek en ville. Car aujourd'hui débute le festival du burek. Ils viennent des quatre coins du pays mais également des pays limitrophes (macédoine, Bulgarie, Croatie, Slovénie, Bosnie, Grèce...) pour vendre leur burek au coeur de la ville.

Nous sommes le 9 septembre. Il est 22h00 lorsque nous regagnons notre hôtel et quittons Jelena. Cette jeune femme nous a accueilli à la façon serbe, c'est à dire de la plus belle façon qu'il soit. Nous avons passé un séjour très agréable en sa compagnie et, comme tous ceux déjà rencontrés ici, nous espérons un jour la revoir.

A l'autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, le temps est en avance de 12 heures. Nous sommes donc le 10 septembre, il est 10h00 du matin. Cela fait une heure que les billets pour les match de la coupe du monde de rugby sont en vente. Nous faisons donc nos achats. Evidemment, nous commandons des places pour le France Nouvelle-Zélande qui aura lieu en match de poule, sans certitude néanmoins d'en avoir, car il doit s'agir des places les plus demandées de toute la coupe du monde. Nous nous penchons également sur un France-Tonga, un Fiji-Samoa et un Pays de Galle Samoa. L'avenir nous dira de tous ces matchs lesquels nous pourrons voir. Croisons les doigts !

 

Nous avons donc un an devant nous pour rejoindre le bout du monde. La route est encore longue. Cela fait deux mois que nous pédalons et nous avons à peine parcouru 4000 kilomètres. Pourtant nous sommes encore en Europe, et nous rentrons d'ailleurs à nouveau en UE dans deux jours, avec la Bulgarie à traverser. Nous ne sommes pas encore si loin de chez nous. Mais il nous reste 12 mois. Si nous gardons le même rythme alors nous aurons parcouru 28000 kilomètres lorsque nous remettrons le ballon de rugby à l'équipe de France (espérons que ça aussi ça marche !).

Après une journée ennuyeuse, nous arrivons à Pirot où nous sommes là aussi accueillis par le rotary club. En réalité, de nombreux membres du rotary sont professeurs au lycée Gymnasa, jumelé avec son homologue "Massillon" à Clermont-Ferrand. Marion étant une ancienne élève de ce lycée, nous étions obligé de nous y arrêter. Nous faisons une petite intervention dans une classe de français dont certains élèves sont déjà venus à Clermont-Ferrand dans le cadre de l'échange entre les deux lycées.

Le lendemain, nous rencontrons Bane, rotarien et cyclovoyageur. Il me dit qu'il croyait être l'homme le plus heureux au monde en voyageant a velo, jusqu'à aujourd'hui. Car en voyant celle qui m'accompagne, il se dit que je dois être bien plus heureux que lui encore ! Lui a rêvé pendant 38 ans de parcourir à vélo la route entre Pirot et Pékin. Il a réalisé son rêve et nous en montre quelques photos. Il est également heureux et fier d'habiter à Pirot, lieu de passage presque obligatoire pour tout cyclotouriste passant de l'orient à l'occident ou vice et versa.

Nous poursuivons notre route jusqu'en Bulgarie, notre dernier pays à traverser avant d'arriver en Asie. Nous languissons vraiment d'être en Turquie, et la Bulgarie ne représente pour nous qu'un pays à traverser, ce que nous ferons le plus rapidement possible. Nous avons commencé à regarder avec attention la carte de Turquie à Kotor, et avons soigné notre itinéraire à Nis. Maintenant, ce sont des dizaines de camions turques qui nous doublent sur la route. Leurs chauffeurs ont des visages que nous ne connaissons pas jusqu'ici (ronds avec moustache), et Istanbul apparaît sur les panneaux de signalisation. A la frontière, nous ne sommes plus qu'à 615 kilomètres de cette ville située entre Europe et Asie, entre occident et orient. Dans 615 kilomètres, nous basculerons dans un autre continent, pour y rester une année entière.

 

En Bulgarie, ce sont les grandes parcelles et les bâtiments colossaux en ruine, dignes héritiers de l'ère communisme, qui nous accueillent. Nous traversons ainsi une plaine insipide jusqu'à Sofia où nous sommes pris en charge par l'institut français. Aujourd'hui et demain sont prévues des actions médiatiques avec le don du sang et les lycées français de la capitale bulgare. Nous vous raconterons cela très bientôt. Il se peut que notre prochain rendez-vous se fasse en Asie !

Julien


Je dois bien vous l'avouer, la Serbie ( comme les autres pays des Balkans) ne m'attirait pas vraiment et les premiers jours j'ai même voulu la traverser le plus rapidement possible. Les paysages sans intérêt sous un ciel gris, la pauvreté apparente et les serbes assez froid au premier contact m'ont mise assez mal l'aise. Et puis les serbes se sont révélés les gens les plus accueillants du monde. Chaque soir nous avons été accueilli comme si nous étions des amis de longue date et cela fait du bien.
J'ai tout particulièrement été très touchée lorsque Baba, cette petite grand-mère, nous a avoué avoir eu un coup de foudre pour mes yeux bleus et que c'est pour cela qu'elle nous avait invites. Sur le chemin, elle me prenait la main avec tendresse, comme l'aurait fait ma propre grand-mère. Les larmes dans ses yeux lors de notre départ m'auraient fait rester plus longtemps mais le voyage est ainsi fait. Vous rencontrez des inconnus, vous passez une seule soirée avec eux et le lendemain vous avez du mal à les quitter.
 
Pour ce qui est de ma topette de Verveine, nous devons la finir avant d'arriver en Iran où il est interdit d'avoir d'alcool. Alors autant se faire plaisir !!! A chaque petite gorgée, je pense à mes amis Jose et Paulo, mes fournisseurs officiels ! Et après l'Iran me direz vous, plus de Verveine pour les coups durs... Non, non, non, j'ai pensé a tout. Les parents de Julien nous rejoignant en Inde, je vais négocier une petite fiole !
 
Quant à tous vos messages par mails, sur facebook, ne vous inquiétez pas, tout va bien ! J'ai juste essayé d'être sincère avec vous. A quoi bon vous cacher la vérité et ne vous montrer qu'une belle facette du voyage ? Pourquoi vous dire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles alors que tel n'était pas le cas pour moi ?! Vous êtes nombreux à nous soutenir et je pense que nous nous devons d'être honnêtes avec vous. Je me trompe peut-être auquel cas prévenez-moi si vous ne voulez que de belles photos et de beaux récits de voyage.
 
Le voyage continu...c'est peut-être un nouveau voyage qui commence avec la Turquie. Mais comme d'habitude vous serez très vite au courant de tout ça !
Marion
ps : vous vous demandez peut-être pourquoi nous prenons souvent des aires de jeux en photo...c'est un petit clin d'oeil à Proludic, notre partenaire, créateur et fabriquant de jeux de plein air.




Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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