Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Sublime randonnée avant le repos !

Featherston - Wellington photos de cette étape

le 24/09/2005

  • nombre de km prévus : 75
  • nombre km effectifs : 75
  • temps prévu : 4h00
  • temps effectif : 5h00
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Sublime randonnée avant le repos !

Nous quittons nos charmants hôtes à 8h30, comme d'habitude. Ce matin, nous avons prévu de parcourir le Rimutaka Incline Walkways pour rejoindre Upper Hutt. Cela nous permettra ainsi d'éviter la longue montée sinueuse et dangereuse sur la nationale 2. Le chemin de Rimutaka Incline m'avait été conseillé par un cycliste de Welington rencontré sur un Forum de cyclotouristes néo-zélandais. Un ami de nos hôtes nous indique le chemin à suivre pour s'y rendre. Ce chemin est plein de promesses, nous nous y rendons avec entrain, anxieux de voir ce qui nous attend.

Après une bonne dizaine de kilomètres, nous quittons la route alors que nous longeons le lac de Wairarapa. Une route non goudronnée (j'adore !) nous conduit à l'entrée du chemin. Pour interdire l'accès aux motos, ils ont installé une espèce de barrage, qu'il est possible de traverser à pied et à VTT. Mais nous sommes bien trop larges avec nos bagages, et devons porter les vélos... Heureusement, un chasseur nous aide à hisser les 40 et quelques kilos de l'autre côté. Ouf, nous voilà prêts à affronter le Rimutaka Incline Walkways.

Nous ferons un peu de marche à pied durant le premier kilomètre, car nous évoluons sur un petit sentier très étroit, où il nous est parfois difficile de passer à deux de front (vélo et bonhomme !). Nous sommes escortés par notre ami chasseur jusqu'à une petite cabane et un chemin bien plus large. Cette cabane est le seul vestige qu'il reste de la gare de Cross Creek et de la communauté qui vivait ici. Le Rimutaka Incline était une ancienne voie ferrée, permettant de relier Masterton à Wellington. Cette voie ferrée est une des plus pentue qu'il existe. Ainsi, elle était constituée de trois rails au lieu de deux. Un rail central permettait, avec un mécanisme spécial, aux trains de monter une pente très raide, et de freiner avec sécurité... Mais en 1920 un train a déraillé, tuant ainsi 3 enfants. La ligne fut fermée peu de temps après... Vous pouvez voir à quoi ressemblait ce chemin de fer sur ce site

J'aime visiter ces lieux qui ont connu un passé très dynamique et agité, et qui aujourd'hui sont désertés par l'homme, et repris par la nature. Et nous roulons maintenant sur ce chemin qui était, il y a un siècle, une voie de chemin de fer très importante. Comme je vous le disais, le train qui roulait ici nécessitait un mécanisme spécial pour pouvoir monter la pente... Mais nous n'avons pas ce mécanisme ! La pente est très raide. Nous roulerons deux kilomètres, puis marcherons le reste du temps (3 kilomètres) pour économiser nos genoux (Caroline aussi a quelques soucis de genoux, pour les mêmes raisons que moi). Un passage très difficile, au niveau de l'ancien pont où a eu lieu l'accident, nous permet de nous hisser jusqu'au dernier tunnel, long de 576,5 mètres... Un peu de fraîcheur pour la traversée ! Ce tunnel a nécessité deux années de construction, de 1874 à 1876, et représente le sommet de ce parcours. La montée a été sublime. On a tout simplement pris notre temps de nous laisser submerger par ce chemin, son passé, ses paysages. Cette randonnée a été sublime quoique difficile.

Nous prendrons notre déjeuner de l'autre côté du tunnel, où nous croisons énormément de monde. Beaucoup de personnes viennent se balader ici, à vélo ou à pied. On croise beaucoup de petits bouts de choux qui testent leur aptitude vélocipédique, encouragés par leurs parents. La descente est beaucoup plus douce (en fait on a grimpé par le côté le plus abrupte...), et nous conduit tranquillement, dans un décor encore une fois sublime, jusqu'à la nationale 2. Avant cela, il nous faudra effectuer encore deux portés de vélo, bien plus fatiguant que 50 kilomètres de vélo !

Après plus de trois heures passés sur ce chemin, nous regagnons la route numéro 2 et son cortège de voitures. C'est le début des vacances de printemps, il y a beaucoup de circulation. La route jusqu'à Wellington est très facile, puisque parfaitement plate (quoi que, on a eu droit à une grande descente de 3 kilomètres aussi). Je subis une autre crevaison (petit morceau de verre, pour ne pas changer). Caroline m'aide, une dernière fois, à réparer. Une dernière fois en effet, puisque nous nous séparons quelques kilomètres plus loin à Normandale. Elle ne va pas jusqu’à Wellington aujourd'hui car tous les backpakers doivent être complets, vu que Wellington accueille les championnats du monde de course de montagne (ou un truc du genre, à voir sur le site http://www.wmra.info). Une grande compétition donc, que j'essaierai de voir demain. Nous nous séparons donc ici, après avoir parcouru plus de 600 kilomètres ensemble. Cette rencontre était magnifique. Nous avons pédalé ensemble pendant une semaine, depuis Gisborne. Nous avons partagé la pluie et le vent, des collines abruptes, des paysages magnifiques. On a partagé nos cabines de camping, nos chambres de backpakers, nos radiateurs, nos crevaisons. Elle m'aura fait rêvé avec ses récits d'outre Atlantique. J'espère la revoir demain pour le championnat du monde, mais ce n'est pas du tout sûr. Alors on se sépare après une belle accolade. Merci pour tout Caroline, c'était un plaisir de rouler avec toi. Bien sûr, on reste en contacts, et bonne continuation dans le sud ! Peut-être auras-tu la chance d'y revoir Christophe!!

Je reprends donc mon vélo, déjà nostalgique de cette séparation. Mais plein de belles choses m'attendent encore, alors c'est avec beaucoup d'excitation que je continue ma route, sur la nationale 2, puis sur une piste cyclable la longeant, elle et la voie ferrée (pas super cadre...!). Arrivé à Wellington, après 75 kilomètres, je retrouve Janet, qui travaille à l'Alliance Française, et son mari. Content de les voir après tout ce temps !! Janet a aussi l'air très enthousiaste de me voir ! Il faut dire que je n'étais pas du tout sûr de pouvoir descendre jusqu'à Wellington après mes soucis de genou. Mais finalement la mécanique fonctionne super bien, donc me voilà ! Ils me conduisent tout droit chez Pauline et Chris qui m'accueilleront pour mon séjour de deux jours à Wellington. Ils apprennent le français et ont toujours plaisir à accueillir chez eux des français pour pratiquer. Ils ont ainsi chez eux un jeune normand, qui part dans une semaine. Nous passerons la soirée avec 4 de leurs amis autour d'un dîner fort apprécié, puis j’irai me coucher épuisé, mais content d'être là ! Je suis arrivé à mi-parcours. Lorsque je reprendrai mon vélo mardi, je serai sur le chemin du retour... Je prendrai le temps de visiter Wellington ce Week-end. Je vous raconterai tout ça !

A très bientôt donc, pour le retour vers Auckland !

Julien

 


 
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