Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

Journee ennuyeuse en Roumanie.

Baia Mare - Gilau

le 18/08/2007

  • nombre de km prévus : 85
  • nombre km effectifs : 166
  • temps prévu : 5h00
  • temps effectif : 8h45

Journee ennuyeuse en Roumanie.

Il y a de ces journées sans saveur. Celle ci en fait partie. La route après Baia Mare se situe dans une longue plaine sans rien de particulier. Le moment le plus excitant de la journée doit être lorsque je dois traverser une riviere en empruntant une ligne de chemin de fer, les responsables du bac ne se préoccupant pas de moi. Excitation amoindrie par le fait que je passe juste après le passage d'un train : je n'ai même pas le risque de me faire broyer par cette machine de fer ! Il y aura bien aussi la rencontre avec un troupeau de buffles. Un roumain impatient veut passer en force devant moi. Les buffles lui arrangent sa voiture ! Quelques bosses sur la carrosserie de cet imbécile impatient... Forcément, une Dacia contre des buffles ne fait pas le poids. La traversée du village de Dragu peut également être notifiée. Aujourd'hui, on colle des rustines, plus de vingt personnes sont alors attelées à la difficle tache de réparer la route. Certains creusent les trous à la pioche, d'autres les nettoient au balai, puis à l'aspirateur. Enfin certains y ajoutent le goudron à la pelle et quelqu'un vient tasser le tout. Et la route est ainsi réparée, les trous étant remplacés par des bossses... En revanche après le village la route est partie en lambeaux, et aucun roumain ne peut faire quelque chose pour elle !

Pour combler l'ennui, je pédale, oubliant même de m'alimenter. C'est ainsi qu'après Vultunari, j'arrive sur un plateau valloné, avec plus de 110 km. Le genre d'endroit qui, lorsque vous êtes épuisé, comporte plus de montées que de descentes, et ou le vent est toujours de face. Aujourd'hui les montées sont nombreuses et le vent violent. J'ai la fringale, je n'ai plus d'énergie pour avancer et mes sacoches sont vide. Je suis fatigué par une longue journée d'ennui, fatigué de pédaler dans des lieux sans saveur, sans rien pour stimuler mon esprit.

Je m'arrête quelques kilometres plus loin pour me ravitailler. Un jeune cycliste s'arrête à mes côtés et me demande si je vais à Cluj. Affirmatif. Il me demande alors s'il peut m'accompagner. Avec plaisir, mais il te faudra attendre que je m'alimente ! Pas de soucis pour lui. Alors pour patienter je lui donne en lecture le journal du jour où j'apparais en premiere page. Je vais acheter mes fruits. Revenant vers lui, il me questionne sur l'article :
- C'est vrai que les automobilistes roumains font peur ?
- Oh oui, ce sont les pires de tous ! Pires que les bosniens, c'est pour dire !
- Bah, il faut juste s'y habituer !
Il m'explique qu'il a déja eu 3 accidents a vélo à cause des automobilistes. Et il n'a que 17 ans...!

Je le suis ensuite dans la longue descente qui conduit à Cluj. Mihai me quitte ici, et je flane dans les rues de la ville un moment. Une table d'une terrasse de café attire mon attention. Ce sont des français. Alors je m'y arrête. Ce groupe de 7 jeunes toulousains me fait une place à leur table, et nous trinquons à la santé de la Roumanie. Ces intermittents du travail, comme ils aiment à se definir, ont eu un gros coup de coeur pour ce pays et y reviennent regulièrement. Ils aiment tout particulièrement l'accueil des Roumains, leur chaleur. A les écouter, je me dis alors que j'ai du passer à côté de ce voyage. Car la chaleur roumaine, je ne l'ai que trop rarement vue. Evidemment les membres du rotary club ainsi que Claudia ont été des hôtes fabuleux. Mais hormis cela, je n'ai eu que rop peu de spontanéité sur les bords de routes. Je trouve ainsi ce peuple distant et froid... Mais peut être que le problème vient de moi, que je reste a l'écart de ce peuple. Peut être devrais je changer mon attitude dans les jours à venir...

Le temps avance et il me faut trouver un endroit ou dormir pour la nuit. Je les quitte à regret. Ce moment passé en leur compagnie fut des plus agréables car cloturant une journée morose. Je dormirai à 20 km de là, dans la vallée de Somesul, au pied d'un tas de foin...