Tour d'Europe 2004 (5433 km) acheter le livre

Journée caniculaire

Reims - Troyes photos de cette étape

le 30/07/2004

  • nombre de km prévus : 173
  • nombre km effectifs : 170
  • temps prévu : 7h30
  • temps effectif : 7h10
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Journée caniculaire

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Aujourd’hui est une petite étape. Nous pensons avoir un peu plus de 150 kilomètres à faire. Alors je m’offre une petite grasse mat’. Je recule le réveil d’une petite heure pour me lever à 6 heures ! Je prends donc une route départementale au milieu des vignes de champagne. La D9 est la route touristique du Champagne. Nous quittons le jaune des céréales pour rentrer au cœur des vignes de ce vignoble réputé. Une odeur de… pesticides remplie nos narines (pas super agréable !) alors que les pieds de vignes en rang très serrés nous font une haie d’honneur sur plus de 50 kilomètres. Cette route est sympathique, mais assez fréquentée. Je me rends vite compte que nous ne sommes plus en Hollande. Les automobilistes me doublent sans se soucier e ce qui arrive en face. Je me suis fait tailler des shorts une bande de fois ! Quand est-ce que la France deviendra un pays civilisé ? Dans notre pays, si tu roules sans moteur, tu n’as rien à faire sur le bitume. Pourtant des personnes arrivent à doubler les cyclistes correctement (en ralentissant, en s’écartant sans ouvrir la portière et sans te faire une queue de poisson). C’est donc que ce doit être possible à faire, allez savoir…

Dans un virage, un… con arrive à pleine vitesse derrière moi et me klaxon au cul. La fatigue physique et nerveuse de ces 5 000 km a aboutit à un magnifique bras d’honneur qui venait du cœur ! La voiture s’est arrêtée net après le dépassement. Ah ben voilà, quand on veut on fait attention aux cyclistes ! J’explique au bonhomme qu’il n’était pas obligé de me klaxonner. Il me répond que c’était pour éviter de me faire peur. Comment lui dire que s’il roulerait moins vite il n’aurait pas à se soucier de me faire peur ou pas ? Mais il a l’air motivé pour descendre de la voiture et m’en décrocher une, alors on essaye d’être diplomate ! Il faut quand même que j’arrive à Clermont en un seul morceau, et avec mes petits 65 kilos, on va rester calme ! (ah oui, j’ai perdu 4 kilos sur les routes européennes !). On se sépare sans se chamailler. Pas de doute, c’était bien un con ! Bienvenu en France !

Fabien m’a rejoint bien après ce petit incident, vers midi. Il nous reste à peine 50 bornes à faire, alors on se fait une petite sieste. Il fait très chaud, et on est très fatigué. Cette fin de Tour est vraiment difficile. Les nuits sont courtes, les étapes longues et les températures élevées. Avec tout ça, forcément, ça ne peut pas être facile ! En plus le relief est toujours très casse pâte, avec ce relief vallonné.

Arrivé un peu avant Troyes, Fabien décide de se mettre à l’ombre dans un bois en m’attendant. Mais il est tout de suite parti après qu’un homme un peu louche descende son pantalon à 50 mètres de lui ! Fabien est donc vite remonté sur la moto pour me retrouver. Quelques dizaines de mètres plus loin, il regarde sans son rétro, et le type le suit en voiture… Il fait deux tours de rond point ; le type reste collé derrière lui (enfin, pas derrière derrière…). Il fait demi tour ; le type aussi. Il refait demi tour ; pareil. Serres les fesses Fab ! Finalement il me rejoint et on fait la route en semble. On a croisé le type encore trois fois avant de ne plus avoir de nouvelles… Méfiez vous du petit bois juste avant Troyes, les fréquentations y sont un peu bizarres…

On arrive chez la famille Buisson à 7 heures. Nous avons alors pédalé pendant 7h10 et 170 kilomètres. Nous connaissons Marie Charlotte, la fille, qui étudie à Clermont. Mais elle est en Mongolie et nous ne la verrons donc pas. C’est dingue comme les jeunes voyagent de notre temps ! La grand-mère nous attend un peu avant sur le bord de la route. Elle est notre première supportrice de bord de route ! Ils nous offrent du Champagne pour l’apéritif. L’accueil vaut bien celui du Rotary ! Ils ont appelé un représentant d’un journal local, histoire de faire un petit article. Comme quoi, ce n’est pas compliqué… Une petite photo avant d’aller manger. On prend la pause habituelle, avec nos deux bolides !

Demain nous rejoignons Nevers pour l’avant dernière étape. Nous essayerons de pédaler un maximum pour avoir une dernière étape la plus courte possible. L’Auvergne est maintenant toute proche… !

Depuis le départ, nous avons parcouru 4889 kilomètres, en 190h05 minutes.