De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Belle Slovénie.

Kranjska Gora - Vinica photos de cette étape

du 05/08/2010 au 13/08/2010

  • nombre de km prévus : 350
  • nombre km effectifs : 409
  • temps prévu : Du 05 au 13/08/2010
  • temps effectif : 26 heures
IMG_6463Le pont de Most na SociIMG_6456IMG_6454IMG_6448la soca, toujoursquel bronzage ! Remarquable !

Belle Slovénie.

Nous avons tout juste le temps d'acheter une veste étanche pour Marion a Kranjska Gora qu'il se met a pleuvoir des cordes. Bienvenue en Slovénie. C'est sous une pluie diluvienne que nous arrivons a Bled ou nous nous installons dans un camping. Nous y passerons finalement deux nuits, le temps pour nosus de nous reposer et de voir Bled sous le soleil. Car nous avons pu profiter d'une demi journée de beau temps, que nous avons occupe dans les gorges de Vintgar a quatre kilomètres de la. De retour au camping il pleut de nouveau. Nous nous sommes avances alors vers le lac de Bohinj, lieu de départ ideal pour des randonnées dans le parc national du Triglav. Nous voulions d'ailleurs grimper au sommet du Triglav, le point culminant de la Slovénie. Mais la pluie et les orages violents nous en ont dissuades. Nous nous sommes finalement arretes aux portes du parc national pour une nuit pres d'un mirador, puis avons quitte cette région ou le soleil ne semble pas vouloir venir de sitot pour descendre plus au sud.
Apres un col a 1277 mètres d'altitude, nous savourons tranquillement la Slovénie, allant de rivières en rivières avec enchantement. La Sava, l'Idrija puis la Soča. Nous passons de l'une a l'autre en appréciant leur pureté, Quel pays peut il encore se vanter d'avoir de si belles rivières ? De tous les poissons d'eau douce, les slovènes doivent etre parmi les plus heureux. Mais il y a un revers de la médaille pour eux. Le tourisme de pêche se développe. Des étrangers, dont quelques français, achètent des maisons sur place pour les louer à leurs compatriotes. Peu  bavards et assez hautains, ils ne sont pas très appréciés des slovènes. « Ils nous diraient bonjour, on leur dirait où ils y a des poissons, nous dit Igor. Mais comme ils se croient supérieurs à nous, qu’ils se débrouillent ! ».

Igor habite Slap. Nous nous y arrêtons un après midi pour bivouaquer. Après avoir demandé la permission aux villageois, nous nous installons près de la rivière, sur une plage de graviers se terminant par des rochers. Sur l’un d’eux est scellé un plongeoir, un de ceux, nombreux, que l’on retrouve sur toutes les rivières slovènes. Avant que la nuit ne tombe, alors que nous nous apprêtons à nous glisser sous la tente, nous entendons :

« Hey, french guy. You drink a beer ? »

Est-ce au moins une question ? Un groupe d’amis se préparent à faire un barbecue et nous invitent à boire une bière, une seule. Igor est de ceux-là. Il nous explique qu’ici, il s’agissait avant d’un club de sport. Ils ont aménagé autour de la rivière un terrain de foot, une petite cabane, la « baraka », un terrain de beach volley et le plongeoir. Mais les barbecues ont remplacé les sorties à vélo, les bières ont envahi le local, et il ne s’agit plus maintenant d’un club de divertissement ( le Régis club local ! Les nadaillatois verront bien de quoi nous parlons ! J). L’embonpoint d’Igor nous fait penser que la transition a été effectuée il y a déjà plusieurs années. La première bière de 50cl nous sert à faire connaissance. La deuxième est indispensable pour comparer le goût des deux bières slovènes. Ayant bu une Union, je bois cette fois-ci une Lasko. Marion, elle, se contente d’un deuxième panaché. Je demande à Igor si j’ai vraiment le choix lorsqu’il me demande si je veux une troisième bière.

« Bien sûr que tu as le choix… entre une Union et une Lasko »

Alors va pour une verte (Lasko).

Lui préfère la rouge (Union). «C’est la couleur du communisme, de l’ancien régime. Ca m’allait mieux, c’était un régime pour les beaux parleurs. Maintenant, il me faut travailler » nous dit-il en plaisantant .

Son ami David, Boso pour les intimes, est à la guitare depuis plus d’une heure, et enchaine avec ferveur des chansons slovènes, croates ou serbes, bien aidé par la dizaine de verres de vin déjà bus. Hormis le fait que certains slovènes n’aiment pas être assimilés aux balkans, ils sont peu susceptibles par rapport à leur ancienne appartenance à l’ex-Yougoslavie. Leur indépendance a été acquise dans la paix (seulement 9 jours de guerre) car le pays était peuplé de 95% de slovènes et était à grande majorité catholique. La séparation s’est donc faite logiquement et sans querelle, contrairement aux voisins croate, bosniens et serbes. Alors aujourd’hui, comme nous buvons des bières à la vie, à la simplicité des relations humaines, David ne fais pas cas de chanter du croate ou du serbe, et ses amis se réjouissent simplement de son talent, et l’accompagnent de la voie dans les refrains connus de tous.

 

Il est 23h00 lorsque nous nous glissons sous la tente. Nous pensons gagner Ljubljana le lendemain, mais nous craignons que l’hospitalité des slovènes ait eu raison de notre volonté. Je m’endors heureux, me remémorant mes voyages précédents en terre balkanique. Comme nous sommes éloignés des zones touristiques comme Bled ou la vallée de Bohinj, nous n’avons pas mis longtemps à redécouvrir cet accueil balkanique, qui nous suivra certainement jusqu’en Bulgarie. Balkans je vous aime ! Et pour ça aussi, c’est bien mieux que la Slovénie soit rattachée aux Balkans plutôt qu’à l’Europe occidentale, nous dira Igor.

 

Nous manquions cruellement d’entraînement, à la bière j’entends, et le réveil est difficile. A 6h30, Marion me dit dans un élan quasi comateux, qu’elle dormirait bien encore deux heures de plus.

« pas de problème, lui dis-je.

Non non, il faut se lever, me dit-elle avant de s’endormir sitôt sa phrase finie. » Elle se réveillera finalement à 7h30, ce qui m’a permis de me lever avec un mal de tête un peu moins douloureux qu’une heure auparavant.

 

Finalement nous parvenons à gagner Ljubljana après 100 kilomètres de vélo. N’est-ce pas là le meilleur moyen d’éliminer toutes les toxines accumulées la veille au soir ? Nous sommes hébergés par Saso et ses deux collocataires. Mladen, le bulgare rencontré dans les dolomites, avait été hébergé chez eux et nous avait recommandé l’adresse. Comme nous, Saso est membre de la communauté « Couchsurfing », qui consiste à héberger gratuitement chez soi des voyageurs de passage. En contrepartie, le voyageur en question offre ses histoires, anecdotes et, accessoirement, une bouteille de vin ou de bière. Ayant un peu abusé de la bière la veille, voilà une excellente opportunité de gouter au vin slovène. C’est également l’occasion pour nous de faire une lessive. Nous n’en avons pas fait une depuis Albertville. J’entends par là une vraie lessive, avec une machine à laver et de la lessive bien odorante.

 

Nous passons deux nuits chez lui, ce qui nous permet de prendre un peu de repos, et aussi de rencontrer les acteurs du don du sang. Dans un premier temps, nous nous rendons au centre de transfusion, où Natalija nous accueille. Elle est chargée de communication au centre, et elle nous explique la différence entre le centre de transfusion et la Croix Rouge. Eux sont chargés de collecter le sang, de l’analyser et de le redistribuer ensuite aux hôpitaux. La Croix Rouge quant à elle fait un travail de promotion, contact les donneurs pour les avertir des lieux et dates de collectes. Les deux organismes sont indépendants l’un de l’autre, mais doivent travailler en étroite collaboration. Ils collectent ainsi 45 000 litres de sang par an, ce qui représente environ 100 000 donneurs chaque année, pour une population de 2,5 millions d’habitants. Environ 5% de la population donne dans les 7 ou 8 points de collecte répartis dans les grandes villes de Slovénie, ainsi que dans des collectes mobiles. Avec ces 100 000 donneurs, ils sont autosuffisants. Les donneurs de sang se voient attribués un jour de congé payé par l’entreprise. Mais l’entreprise peut refuser que ses employés aillent donner leur sang pendant leur temps de travail. Comme chez nous, le don du sang est bénévole et gratuit.

Nous sommes à 14h00 à la Croix Rouge, où Boris a invité quelques médias. Sont présents une télévision nationale, deux journaux et une radio nationale. Nous restons une heure dans l’établissement pour répondre aux journalistes puis repartons chez nos hôtes.

Ce fut donc la deuxième action en faveur du don du sang depuis le départ, la première étant l’ascension du Mont Blanc. Nous n’avions rien programmé depuis la Suisse car les alpes nous faisaient un peu peur et nous ne voulions pas avoir de contraintes de temps liées à des rendez-vous comme celui-ci. Maintenant que nous arrivons dans les Balkans, nous aurons plus de temps pour cela et moins de pression liée au relief. La prochaine action est donc prévue à Banja Luka en Bosnie-Herzégovine le 20 aout, puis à Nis début septembre, en Serbie.

 

Après une dernière soirée passée avec Saso et ses amis, nous repartons en direction du sud. La Slovénie perd beaucoup de son charme lorsque nous arrivons près de la rivière Krka. Bien moins propre que ses consoeurs, elle laisse flotter à la dérive des gros paquets de vase peu ragoutants. Sa couleur vert vaseuse dénote une pollution que l’on ne connaissait pas jusque là en Slovénie. En plus de cette rivière, les abords sont moins soignés, les maisons sont moins belles aussi. Les crépis, lorsqu’ils sont présents, tombent en lambeaux et laissent apparaitre la brique nue. Les bords de route affichent également une plus grande négligence de la part des slovènes vis-à-vis de l’environnement ; les déchets sont plus nombreux (surtout du Redbull). Même les églises, ailleurs si belles, perdent ici de leur splendeur. Cela nous permet d’aller doucement à l’est, où nous trouverons bien plus souvent ce type de paysages. Il n’y a bien que les petits vignobles accrochés aux coteaux près de Soteska ou de Lokve qui aient un quelconque attrait visuel. Nous sommes incontestablement dans une région de la Slovénie plus pauvre, reculée et « sauvage », qui abrite la plus grande population d’ours en Europe ( ?). Les gens vivent ici chichement, se lèvent tôt pour travailler la terre, retourner le foin ou récolter les pommes de terre, tout à la main. Malgré tout, un grand soin est porté à ce qui semble leur être le plus cher : les cimetières. A chaque église où nous nous arrêtons pour remplir nos gourdes, nous sommes surpris de voir avec quel soin les slovènes prennent soin de leurs morts. Les cierges scintillent nuit et jour auprès des êtres chers disparus, de beaux bouquets de fleurs y sont ajoutés régulièrement, avant que le précédent ne soit déjà fané. Les slovènes, à majorité catholiques, sont très croyants et nous le montrent avec élégance. Ce soir, nous plantons la tente au pied de l’église de Podhosta, avec la bénédiction des paysans et de leurs morts.

 

Nous quittons finalement la Slovénie à Vinica, en traversant une dernière rivière, la Kolpa. Tous ses abords étant privés, nous ne pouvons y bivouaquer comme nous le souhaitons, à grand regret. Car elle nous fait dire que la rivière Krka est bien une exception ; si le temps n’avait pas été à l’orage, nous nous y serions baigné avec délectatation !

 

C’est la quatrième fois que je viens en Slovénie. J’ai encore été surpris et émerveillé par ce pays, si petit pourtant. Lorsque l’esprit est apaisé par les rivières, par le calme des gens sur la route et les salutations des paysans coupant l’herbe à la faux, par l’accueil des gens vous invitant  à boire un verre, alors tout est enchantement. Ce ne sont pas des choses grandioses, mais un amoncellement de détails qui font que la Slovénie est un pays à découvrir et à respecter. Mais une fois de plus, nous n’avons pas encore tout découvert dans ce pays grand comme l’Auvergne. Marion ressort avec un sentiment mitigé : avoir traversé un beau pays sans vraiment l’avoir vu à cause du mauvais temps dans la montagne du Triglav. Alors nous reviendrons. Après tout, c’est si près de la France.

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Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

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Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
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