Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

Collecte de sang à Split

Split - Tribunj photos de cette étape

le 09/08/2006

  • nombre de km prévus : 88
  • nombre km effectifs : 142
  • temps prévu : 5h30
  • temps effectif : 7h50
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Collecte de sang à Split

J'ai passé une nuit tranquille à quelques kilomètres de Split, ce qui m'a rallongé un peu l'étape d'hier. Ce main je regrimpe sur Klis ou se déroule une collecte de sang. Anita Cudina et soeur Mateljan m'y attendent. Les journalistes de la télévision nationale sont également ici, ainsi qu'une radio et deux journaux. Excellente journée médiatique, encore une fois !

En guise de récompense, les donneurs de sang se voient offrir du cognac ! La bouteille va y passer alors qu'il y a eu donneurs ce matin. S'en suit un déjeuner composé d'agneau grille en Michoui, la spécialité de Klis. Suite a cela, Mira Despotovic-Benarabi me fait visiter la forteresse de Klis. Cette femme travail à la mairie et parle un très bon francais. Nosu nous sommes rencontrés par hasard alors que je cherchais Anita. Elle prépare son concours de guide touristique et m'explique en detail l'histoire de Klis, petit village perché qui a eu une grande importance dans la vie du pays. En effet, Klis signifie "passage", "col", et fut toujours une place très convoitée, a seulement quelques kilomètres de l'importante ville de Split. Coincé entre deux montagnes, ce village est situé sur le seul lieu de passage entre le port de Split et l'arrière pays. La forteresse, imposante, surveille ce passage.

Avant Split, les romains fondent Salona (Solin maintenant), qui fut la capitale de la province romaine de Dalmatie, comportant 60000 habitants. Je visiterais plus tard les ruines de Salona, qui représente le site archéologique les plus important de Croatie. C'est au 7eme siècle que les croates prennent la forteresse, qui devient le siège du roi. Au e siecle, les Turcs envahissent le pays, et Petar Kruzic va résister pendant ans aux assauts turcs. Mais en 1537 il meurt dans le combat et la forteresse devient Turque, et ce pendant 111 ans. Finalement elle est redevenue croate et le drapeau à damier rouge flotte aux vents sur les remparts.

Après cette visite des plus intéressantes, je quitte l'équipe de la croix rouge, soeur Mateljan, les donneurs de sang et Mira pour visiter les ruines de Salona. Visite très intéressante malgré la proximité de l'autoroute, qui la rend très bruyante... Ces ruines sont très vastes. Le lieu le plus intéressant est l'amphithéatre, qui comptabilisait 20000 places...

Je continue ma route vers Trogir, également classée Unesco. Ses pierres blanches, ses deux petits ponts, son port de plaisance et son église lui donnent un charme que j'ai beaucoup plus apprecié que Split. Cette ville est la plus belle que j'ai vu jusqu'alors, et semble moins convoitée par les touristes. La cathédrale semble être le site le plus important de cette ville. L'entrée est payante. Ma religion m'interdisant de donner de l'argent pour l'Eglise comme pour toute autre religion, je resterai dehors, à regarder Adan et Eve sculptées sur la porte d'entrée, vêtus de leur plus simple appareil. Dans les rues de la ville, deux petits francais viennent jouer avec mon vélo. Elle a 5 ans et demi, bientôt six et fait du vélo sans pédales. Lui a 3 ans et demi et n'a pas encore trouvé l'équilibre adéquat pour cette performance. Nous jouons ensemble. Elle pédale avec les mains, moi je passe les vitesses, freine parfois, tout en prenant garde que son frère ne se coince pas les mains dans les rayons. Le vélo, un jeu d'enfants !

Tomo est mon hôte de ce soir. C'est un ami de Anita, qui a voulu m'aider pour l'hébergement de ce soir. il a une petite maison à 4 kilomètres de Trogir. Il ne parle pas anglais, je ne parle pas croate si ce n'est les banalités d'usage. Et il ne semble pas causant.. Autant dire que je ne vais pas passer la soirée la plus excitante de ce tour... Je prends une douche
- Dobro (bien), super !
Il me sert une bière. Ca passera le temps.
- Dobro, Super !
Puis il m'explique, à ma demande, ou se trouve l'épicerie du coin.
- Dobro, super !
Je vais acheter 3 bananes, un bon prétexte pour m'éclipser. Je resterai sur le port a regarder le soleil se coucher derrière la montagne. Je me dis que cette dernière aurait très bien pu m'accueillir, moi et ma tente. Mais voilà, il est difficile, voir impoli, de refuser une invitation. Les gens ne comprennent pas que je m'en fou d'avoir un toit et un lit. Ma tente et mon matelas en mousse me suffisent. Ce que j'apprécie le plus lorsque je suis accueilli, c'est tout l'échange, la rencontre que cela occasionne. Des paroles, des sourires, des rires, des questions... Mais ce soir, rien de tout cela, mon hôte et moi, ca ne passe pas.

Je le retrouve. Il semble me demander si j'ai trouvé ce que je cherchais.
- Dobro, super...
Une fois mon diner avalé je m'en vais me coucher, le laissant à son match de foot. zagreb va perdre 3-0 contre Arsenal. Ca, c'est ni Dobro, ni super pour mon hôte !

Je quitte mon hôte à 6h00. Ouf ! Je crois que la soirée a été horrible pour l'un comme pour l'autre... J'évite la grande route pour une plus petite, plus calme. Au milieu des oliviers et des amandiers, je me régale de ces paysages arides. Il est tôt, la chaleur ne me fait pas encore suer. Après plusieurs kilomètres de piste, j'arrive à Primosten, sur la côte. Petite ville tres mignonne dont une partie se situe sur une presqu'ile, petite butte surplombant la mer. Je prendrai mon petit déjeuner sur la plage de cailloux, a contempler la mer puis la plage se remplir. Le rituel des touristes est toujours le même. Tapis de sol, serviette, crème solaire. Eux sont nouveaux. Ils sont encore très blancs et le dauphin pneumatique n'est pas encore gonflé. C'est papa qui s'y colle, un grand classique. Je quitterai la plage après avoir répondu aux questions d'une famille slovaque. il est 10h30. J'arrive à Sibenik. Je me perds dans les petites rues de la ville. Cela pourrait ne pas être gênant, mais ici les rues sont truffées d'escaliers. Je porte et reporte mon destrier, a la recherche de la fameuse cathédrale de Jakova, classée Unesco. J'interpelle un jeune couple. Mon merveilleux accent anglais me trahit encore une fois. Lui me repond :
- Tu es francais ?
- Euh... oui !
Veronique et jérome sont francais mais habitent Barcelone. Nous passerons de longues minutes ensemble a parler de tout et de rien, mais surtout de la Croatie, quand même ! Ils sont très charmants et souriants. Rencontre agréable dans les rues étroites de Sibenik. La cathédrale se trouve à quelques marches d'escalier de là. Imposante batisse en pierre blanche.

Je poursuis ma route sur Tribunj ou m'attend Jasminka et plusieurs francais. La route pour m'y rendre est encombrée par de nombreux bouchons. Les oliviers de ce matin me manquent cruellement ! Je traverserai un pont ou un jeune homme s'essaye au saut à l'élastique.

Tribunj est également très charmant, encore une fois peu touristique. J'y retrouve Jasminka, Philippe, Guy, Fréderique, Yann et d'autres francais, croates ou serbes. Jasminka est née à Banja Luka mais est venue s'installer à Mulhouse pendant la guerre,. Elle y vit maintenant depuis 14 ans. Elle a deux appartements sur la presqu'ile de Murter et vient y passer 15 jours. Nous nous y rendons en voiture après avoir laissé le vélo et quelques affaires chez ses parents, à Tribunj. Sa mère nous régale d'un festin. Poivrons farcis, pivo, fromage. Je repars le ventre plein !

A Murter nous irons prendre un bain de pied de boue dans la mer. Puis ils m'invitent a diner autour d'un excellent repas. La soirée se terminera a discuter avec ses amis serbes, habitant également à Mulhouse. Demoiselles très charmantes et discutions très interessantes. Cette soirée contraste d'une manière remarquable avec la dernière passée avec Tomo. Ces jeunes gens me sont très sympathiques. C'etait une belle soirée à Murter !

Aujourd'hui je me repose chez eux. Demain je reprends la route pour Zadar puis Gospic ou sera oragnisée une collecte de sang. Je ne suis pas sûr de m'arrêter a zadar. Cette ville semble être très touristique, trop... A voir.

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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