De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Une Suisse pluvieuse et difficile.

Lausanne - Malles (Italie) photos de cette étape

du 22/07/2010 au 28/07/2010

  • nombre de km prévus : 500
  • nombre km effectifs : 396
  • temps prévu : du 21 au 29/07/2010
  • temps effectif : 39h20
Vignoble le long du lac LémanMerveilleux temps !J'adore rouler sous la pluie !Petite usien dans la vallée du Rhone

Une Suisse pluvieuse et difficile.


On continue de suivre le lac jusqu'a Montreux, une petite ville qui plus que les autres expose sa richesse, à en croire pour exemple un garage automobile ou sont entreposées (ou exposées) une dizaine de ferrari. Puis nous quittons cette Suisse millionnaire pour une Suisse plus rurale et industrielle. Les champs de poireaux, mais, patates et oignons s'intercalent entre des usines de grande taille. Nous sommes dans la vallée du Rhône qui descend, marron et fumant, jusqu'au lac Léman.

A Martigny, nous nous laissons pousser dans le Valais par un vent favorable. Sur une plaine relativement étroite, des vergers occupent l'espace en rangs serrés. Tout de suite, c'est la saison des abricots. Suivra sans trop tarder celle des prunes, puis des poires et enfin des pommes. La vallée se teinte au fil des saisons, se colorie au gré des fruitiers. Quant aux vignes qui s'elancent sur les pentes de la montagne dont les sommets sont blanchis par quelques glaciers ou des neiges tardives, elles sont vite freinées par sa raideur, et rougiront a l'automne et signaleront ainsi l'arrivée de l'hiver.

A Sierre, les enseignes affichent une mixité entre français et allemand. Après, c'en est fini de notre langue, nous sommes définitivement à l'étranger, lisant les panneaux incompréhensibles et écoutant des mots tout à fait inconnus pour l'un comme pour l'autre. Cela est d'autant marquant que nous n'avons traversé aucune frontière ni aucune limite remarquable. La langue a changé en douceur pour ne plus ressembler à ce que l'on connaissait et sans qu'on s'en rende vraiment compte.

Suivre les digues du Rhône est facile ; le terrain est plat. Mais cela devient vite ennuyeux alors nous nous évadons après Sierre dans les cotes du Rhône ou les vignes s'étalent en terrasses. Cette escapade ne dure qu'un temps. Nosu replongeons vite le long du Rhone et nous fondons dans la masse de cyclistes. Nous pourrions etre heureux de voir tant de monde à vélo. Certes, c'est satisfaisant de voir autant de cyclistes, jeunes ou moins jeunes, longer le Rhone sur de belels voies aménagées. Malheureusement, on ne ressent pas là l'ame du cyclonomadisme, à savoir que personne ne se regarde, ne se salue ni se parle. Chacun fait sa petite balade dominicale, en famille ou entre amis, et le nomade, noyé dans la masse, est renvoyé assez violememnt à sa solitude. Nous sommes deux étrangers avides de rencontres, et les gens que nous croisons sont insaisissables. Alors nous nous enfermons dans notre bulle, ne saluons plus personne, ne sourions pas, et nous languissons de quitter ce pays pour aller vers d'auters contrées, ou nous pourrons efin nous arreter discuter avec d'autres cyclonomades. Cela sera pour bientot, il nosu faut pour l'instant etre patient.

A Brig, le Rhône perd de sa largeur mais gagne en vigueur. Nous commençons l'ascension du col de Furkapass, qui voit naître le Rhône 60 km plus haut. Les villages glauques de la plaine laissent peu a peu la place à des confrères plus champêtres, même si les autorités locales ne semblent pas faire grand cas des aberrations architecturales, véritables plaies dans cette montagne naissante. Que font ces gros blocs de béton au milieu des chalets en bois ou des maisons en fuste ? C'est certainement la que résident quelques évadés fiscaux ayant négocié leur carte de séjour en baisse d'impôt. Les mêmes que l'on voit nous doubler en ferrari ou porshe, de sortie ce week end.
A partir de Brig, nous ne voyons quasiment plus de cyclistes, alors qu'ils étaient des centaines dans la plaine. La difficile montée semble en décourager plus d'un ! La montée est raide pour arriver à Fiesch ou un camping nosu accueille pour plus de 30 euros la nuit. Les prix suisses nous font vraiment faire la grimace. A ce prix là, nus pourriosn nous offrir une petite chambre d'hotel en France. Au lieu de cela nous avons ce soir un petit coin d'herbe à partager avec des voisins envahissants et peu souriants.

A Fiesch, nous ne verrons finalement pas le glacier Alesch, le plus grand d'Europe, classé à l'Unesco, car la montagne est prise dans les nuages. Nous quittons cet endroit sans remord, au lieu touristique du pays, en trop gros décalage avec nos attentes du moment.
 
Avant le Furkapass, nous arrivons au glacier du Rhône. Il faut payer pour y accéder (7 fr suisses). Est-ce que nous faisons payer pour les bouches du Rhône de l'autre cote, à 812 kilomètres de là ? Enfin, même sans payer, il est le de voir combien le glacier a reculé. Bientôt, il n'y aura plus de glacier, et donc plus de Rhône, et donc plus d'eau pour refroidir nos centrales nucléaires, pour irriguer nos mais, pour remplir nos piscines, dans notre vallée du Rhône à nous....
 
A l'Oberpass, nous faisons connaissance avec le Rhin, lui aussi issu de glaciers alpins. Nous suivrons quelques kilomètres. Les paysages d'estive s'étalent devant nous, découpées par la ligne de chemin de fer qui nous nargue depuis quelques jours.
Après 1700 mètres de dénivelé positif dans la journée, nous plantons notre tente sur une route désafectée, loin des regards suisses et couverts par des nuages encore très bas.
 
Marion n'aime pas la pluie. Je m'en rend compte lorsqu'elle boude les framboises que je lui rapporte, fraîchement cueillies sur le bord de route., Elle qui d'habitude est la première à se jeter dans les cotés pour s'en régaler. Là elle n'en veut pas, l'heure est grave. Pourtant, malgré l'humidité qui s'insère partout sous ses vêtements, elle m'offre à chaque arrêt un beau sourire, seule chose encore visible avec ses yeux, le reste étant caché par cache col, le cache oreille, le casque et la capuche. Ne dit on pas que les femmes sont d'autant plus séduisantes qu'elles nous cachent leurs atours ? Aujourd'hui, Marion est irrésistible !
 
Nous estimons avoir dépensé suffisamment dans les camping en Suisse pour avoir droit à un forfait gratuit jusqu'à la fin de notre séjour dans le pays. Ainsi, à Thusis, nous prenons notre douche au camping et nous nous installons quelques mètres plus loin dans un parc aménagé en parcours de santé. Un espace est également dédié aux grillades ,et nous nous empressons de l'utiliser à ce fait.
 
Autre journée, autre col. Aujourd'hui, c'est l'Albula. Nous partons de Thusis à 7h00, nous arrivons au col à 16h00 après 45 km de montée et 1900 mètres de dénivelé. Une fois de plus la pluie est au rendez-vous. Le mauvais temps lié au dénivelé, nous avons le moral dans les chaussettes et nous nous décourageons à la seule pensée de devoir planter notre tente encore mouillée de ce matin sous ce temps. Marion supplie je ne sais qui de rencontrer une famille bienveillante qui nous accueille ce soir. A Zuoz, nous cherchons une chambre pas trop chère pour reposer nos corps endoloris et froids et nos âmes peu égayées par le climat. Arrivés devant l'hôtel Klarer, le gérant nous répond avec un parfait français. C'est normal, Christophe est Niçois. Ses prix sont un peu trop élevés pour notre budget, alors il nous indique un endroit ou nous pourrions dormir à moins cher. Puis nous discutons de notre voyage et de notre destination. La Nouvelle-Zélande. Lui aussi aimerait y être pour la coupe du monde rugby. Nous lui donnons alors notre carte en guise d'au revoir, puis nous nous éloignons vers le lieu qu'il nous a indiqué, un genre de chambres d'étudiants pour petits budgets.
 
Alors que Marion retourne près du vélo pour y chercher sa carte de crédit, elle entend derrière elle une voix lui crier "Marion !, Marion !". C'est Christophe.
- J'ai parcouru rapidement votre site, ça m'éclate ce que vous faites. Je vous invite !
Les pensées de Marion sont elles si fortes qu'elles sont exhaussées ?
 
Nous sommes dès lors les invités de Christophe et de sa femme Rita. En plus de nous héberger ans une superbe chambre, ils nous offrent le repas du soir et le petit déjeuner. De quoi redonner des forces  cyclotouristes désespérés que nous étions ! Nous passons un long moment à discuter avec cet expatrié très sympathique, qui nous en apprend un peu plus sur la Suisse, les gens, le climat, etc.
Nous les quittons avec émotion le lendemain, mais aussi avec un pot de pâté de foie de volaille bien de chez nous, acheté dans l'épicerie française de nos hôtes, plus efficace sur le moral de Marion que n'importe quelle marque de chocolat.
Encore merci à Christophe et Rita pour leur accueil. Si des fois vous passez par Zuoz, sachez qu'on y trouve un endroit chaleureux, ou l'on dort bien, on mange bien et qui est un des rares hôtels familial de la région. (http://www.klarerconda.ch)
 
La pluie est toujours fidèle au poste pour notre dernier col Suisse, le Pass dal Fuorn. La satisfaction est grande lorsque nous atteignons les 2149 mètres annonçant la fin du col.  On goûte au plaisir de la descente, a peine freinée par le passage de la frontière.
 
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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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