De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

L'art de choisir sa route en Australie

Kyogle - Sydney photos de cette étape

du 21/08/2011 au 01/09/2011

  • nombre de km prévus : 1000
  • nombre km effectifs : 901
  • temps prévu : 54h00
  • temps effectif : Du 21 août au 1er septembre 2011
L'Australie, le paradis de surfeursIMG_0610Petite photo pour Zouzé ;-)Quelques petites bestioles...IMG_0652IMG_0656

L'art de choisir sa route en Australie

 Bizarrement, l'Australie est un vaste pays mais qui ne compte pas pléiade de routes. Et, la plupart du temps, elles sont faites pour l'usage exclusif des voitures. Depuis que nous avons terminé nos excursions en stop, nous nous cassons la tête à savoir quelle est la meilleure route à emprunter. Pour chacune d'entre elles, les avantages s'opposent aux contraintes, et il nous est bien difficile de savoir quel est le mieux. Explications.

 

Depuis Brisbane, nous évoluons sur des petites routes permettant d'éviter la grande route longeant la gold coast. Nous traversons des petites villes et de jolies campagnes et ces quelques jours loin de la circulation nous redonnent vraiment goût au vélo. Seulement, sur ces routes de l'arrière pays, le relief n'est plus vraiment plat, et le vent de face souffle toujours avec force. Par bonheur, montées et vent de face n'agissent que très rarement en même temps. En fait, ils se passent le relai. Lorsque la route est plate, traversant par moment de vastes plaines, alors le vent ne trouve aucun obstacle et nous fait courber l'échine. Nous pestons alors contre lui et prions pour qu'il cesse. Il se tait justement lorsque la route s'élève, lorsque les collines le bloquent et nous protègent. Mais alors les pentes sont raides et nous brûlent les jambes. Dès lors, nous languissons le prochain bout de plat… venté. Au final, chaque montée nous fait espérer du plat, et chaque route plate nous fait espérer une montée. C'est ainsi que nous regagnons la côte à Coffs Harbour, une journée de pluie battante. Nous sommes maintenant sur la Pacific Highway, la route principale reliant Brisbane à Sydney.

 

Après une après-midi de repos passée à sécher nos affaires, nous nous élançons sur cette grande artère. Le trafic ne nous enchante pas, tout comme la conduite des australiens, qui ne semblent pas savoir comment doubler proprement un cycliste, à moins qu'ils n'en aient rien à faire. A croire que leur courtoisie s'arrête du moment qu'ils rentrent dans leur voiture. Dès lors, nous avons la possibilité entre cette route majeure mais bruyante, et des petites routes sinueuses mais étroites. Sur la première, notre sécurité n'est pas remise en cause grâce à une large bande plus ou moins cyclable sur le bas côté. Je dis plus ou moins cyclable car il lui arrive de rétrécir jusqu'à disparaître sans crier gare. Elle est aussi jonchée de morceaux de verre qui nous obligent à slalomer dangereusement. Pourtant, dans le northern territory, on nous avait assuré que c'étaient les aborigènes qui jetaient sur les trottoirs leurs bouteilles d'alcool. Ici sur la côte est, il n'y a plus d'aborigène (ou très peu) et pourtant les débris de verre sont bien plus importants qu'ailleurs. Il y a des mystères inexplicables…

Le bruit et les morceaux de verre nous poussent souvent à quitter la Pacific Highway pour nous réfugier sur des axes secondaires. C'est  ce que nous faisons à Gladstone où nous rejoignons par les petites routes et pistes le parc national de Diamond Head. Ce qui semble un paradis pour cyclistes ne l'est pas vraiment. Sur la route bitumée, les voitures nous frôlent, manquant de nous faire tomber trop souvent. Et lorsque le bitume laisse place à la piste, celle-ci peut-être dans un piteux état. C'est le cas à Crescent Head, où la piste inondée par les dernières pluies nous oblige à choisir la plage. Longue de 10 kilomètres, cette longue langue de sable offre une résistance suffisante pour qu'on puisse y pédaler. C'est en tous les cas ce que nous pensons en nous élançant. Plus loin, le sable mou nous obligera à descendre de vélo plusieurs fois pour pousser. Nous serons réconfortés par deux cyclistes qui nous invitent à boire un verre  à Port Macquarie.

Cette ville, comme la plupart en Australie, est dotée de nombreuses pistes cyclables. Malheureusement, on ne peut pas parler de réseau tant la discontinuité est étonnante, et on ne peut pas non plus être encouragé à les prendre tant elles sont dangereuses, la plupart de finissant en guillotine à chaque intersection ou rond point, et aucune n'étant prioritaire sur la voiture. Bref, là encore, nous ne trouvons pas notre bonheur en tant que cycles.

 

Après avoir traversé le parc de Diamond Head qui offre des vues spectaculaires sur les falaises de la côte australienne rongées par les vagues, nous retrouvons la Pacific Highway à Moorland et la quittons à Rainbow Flat. Nous ne savons toujours pas quel est le mieux pour pédaler, entre voie express et petite route, entre bruit et insécurité, entre morceaux de verre et pistes défoncées.

 

Là, alors que le relief vallonné nous coupe du vent (malheur !) une femme nous prend en stop alors que nous n'avons rien demandé. Elle aussi pédale à ses heures, elle nous a pris de pitié alors que la pluie marquait encore plus notre peine sur nos visages. Arrivés à Forster, nous poursuivons notre route pour pouvoir dormir en dehors des parcs nationaux, où le permis d'y dormir dépasse de loin notre budget.

 

Un ferry nous permet de traverser la Bay de Nelson avant d'arriver à Newcastle, une ville portuaire très industrielle. Un cycliste australien, apparemment désespéré par la conduite des ses concitoyens, nous indique une voie cyclable pour quitter Newcastle et rejoindre Belmont. Après avoir remplacé les pédales de Marion qui ne tournaient plus rond (Marion appuie trop fort sur les pédales apparemment !), nous nous engageons sur une ancienne voie de chemin de fer réhabilitée en voie cyclable. Là, enfin, après près de 2000 kilomètres parcourus en Australie, nous découvrons la route idéale. Le relief est plat, ou en pente régulière. Malgré tout de nombreux arbres nous protègent du vent, et notre progression en est facilitée. Le bitume est d'une qualité parfaite, et nous sommes en dehors de la circulation. Pas d'effort, bon revêtement, loin des voitures, les 16 kilomètres sont un vrai régal. 16 kilomètres seulement, certes, mais 16 kilomètres qui nous font penser que l'Australie a un potentiel énorme pour développer ses pistes cyclables et rendre la traversée du pays plus agréable. Malheureusement la voiture a encore trop d'importance et reste prioritaire sur le vélo au détriment de la sécurité. Les australiens semblent détester les vélos lorsqu'eux sont en voiture, et rendent le voyage parfois périlleux. Quel dommage, car nous avons été enchantés par ce pays, ses pars nationaux, ses petites routes tortueuses, ses gens extrêmement accueillants. Il ne faut pas grand chose pour que l'Australie soit une destination très agréable pour les cyclovoyageurs ; nous espérons qu'ils y travaillerons à l'avenir. Nous avons espoir, les cyclistes rencontrés à Port Macquarie nous disaient que l'année passée, pour la première fois depuis le début de l'automobile, les ventes de vélos ont été plus importantes que celles des voitures. Il faut donc espérer que le comportement des australiens évolue positivement et que les infrastructures suivent. Cette évolution est notable à Sydney, où les pistes cyclables sont nombreuses et parfaitement aménagées, et où les automobilistes sont plus patients que sur les routes de campagne.

 

Voici donc notre aventure australienne terminée. Nous avons échoué chez Grégoire, le cousin de Marion habitant Sydney. Pendant une petite semaine nous profitons de cette belle ville et de son hospitalité. Une fois de plus nous lavons nos vélos du mieux possible pour pouvoir passer notre prochain poste de douane sans encombre. Ce sera la douane néo zélandaise, la dernière de ce long voyage. 

 

Nous écrirons une dernière actualité la semaine prochaine à notre arrivée en Nouvelle-Zélande, avant de nous octroyer une repos bien mérité :-)

 

A bientôt

 

Julien

Petite rectification : je mets en ligne cette actu depuis l'aéroport où nous venons d'arriver sur une jolie piste cyclable. Après le discours de Julien il faut quand même préciser que d'habitude nous sommes obligés de rouler sur les autoroutes pour aller prendre nos avions. Comme quoi Sydney et le vélo ce n'est pas si mal !
A bientôt
Marion





Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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