Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Journée de cohabitation avec les camions

Tairua - Paeroa photos de cette étape

le 05/09/2005

  • nombre de km prévus : 114
  • nombre km effectifs : 105
  • temps prévu : 5h45
  • temps effectif : 5h30
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Journée de cohabitation avec les camions

Ce matin, je me suis levé dès que le soleil m'a permis d'y voir clair. Je me suis couché très tôt hier (19h00, j'étais crevé!), du coup ça faisait un moment que je tournais en rond dans ma tente, malgré le peu de place que j'ai pour cela. Les nuages ont couvert le ciel toute la nuit, ce qui fait qu'il fait très doux en ce début de journée.

Les paysages du début d'étape sont marqués par ces coupes rases effectuées dans la forêt de conifères. Apparemment, lorsque les kiwis décident de couper des arbres, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère ! C'est toute la foret qui y passe et trépasse. Du coup ce ne sont pas ces kilomètres que je retiendrai comme étant les plus beaux de mon voyage... Plus loin, les conifères sont encore debout, et je me crois alors en plein Livradois Forez, avec ses odeurs, ses couleurs, ses montées... Seule différence : les camions ! Dans les montées, la route est sinueuse et parfois étroite au vue de la taille des camions... Je m'arrête souvent sur le bord de la route lorsque j'entends derrière moi ces moteurs furieux avaler la pente plus vite que moi.

Le reste de la journée est assez calme, avec toujours ces plus ou moins petites collines et ce pays incroyablement vert. A ce propos je suis désolé pour ceux qui n'aiment pas la campagne, les photos ne traitent que de ça... Mais il m'est vraiment difficile de faire autrement !

A Waihi, j'ai tourné à droite en direction de Paeroa au lieu de continuer tout droit vers Tauranga. Ce petit détour m'a permis de rouler dans les gorges de Karangahahe. Cette gorge est très encaissée. Malheureusement je ne peux pas trop en profiter; je dois rester hyper concentré pour rester sur mes deux roues chaque fois qu'un camion me double. J'ai serré les fesses une bande de fois et je me suis pris des sacrés courants d'air. Cette gorge est très étroite, je me sens très petit et pourtant parfois de trop sur cette route... Finalement je m'offre un petit moment de détente en empruntant un petit chemin qui était autre fois une ligne de chemin de fer. Cette ligne avait été construite entre 1900 et 1905, entre Paeroa et Waihi, pour permettre un meilleur accès aux mines d'or des gorges de Karangahake et de sa mine de Martha Hill. Ce filon a été découvert en 1878 et a été exploité pendant plus de 60 ans, permettant de rapporter plusieurs dizaines de millions de dollars aux compagnies d'exploitations. Cette ligne de chemin de fer longe les gorges et il vous est possible de l'emprunter à pied ou à vélo. Il vous transporte dans le passé aurifère de cette région; plusieurs vestiges y sont encore visibles. Si l'or ne rouille pas, le fer, lui, subit les humeurs du temps avec détresse. Les mines étant maintenant stériles, ce lieu ne renferme plus l'activité qu'il devait avoir avant, juste quelques morceaux de ferrailles abandonnées ici ou là.

Après ces brefs instants de tranquillité, je retrouve la nationale 2 et son cortège de camions qui m'accompagne jusqu'à Paeroa. Petite halte pour se désaltérer (photo !). Puis je file plein sud jusqu'à Te Aroha, dans la grande plaine longeant les montagnes de Kaimai situées à ma gauche. Le camping où je vais planter ma tente se situe à 3 kilomètres de là. Après 105 km, je termine ma journée. Il est 16h00. Cette journée était paisible. Je m'habitue peu à peu à mon chargement, et je prends le temps de m'arrêter, pour laisser passer les camions par exemple. Demain je serai a Tauranga, où aura lieu la deuxième collecte de sang du parcours, et la première journée de repos, bien méritée. C'est tout du moins ce que pense mon postérieur, qui commence a accuser le coup, à sa manière !

A demain pour une autre journée. Peut-être sous la pluie celle-là. Peu à peu, les nuages se font de plus en plus présents. Je n'ai pas sorti le tube de crème solaire aujourd’hui, pour la première fois depuis le départ... Un peu de patience, la pluie va bien finir par arriver ! En attendant, j'en profite un maximum.

Julien

PS : ce soir, je suis à à peine 50 km de Hamilton, qui sera le lieu de la dernière collecte de sang, a seulement 160 km de l'arrivée... Mais avant ça il me reste encore plus de 2000 km à faire !
 


 
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