Ouest balkans 2006 (5300 km) acheter le livre

Magnifique parc national de Tara, en Serbie.

Bajina Basta - Kremna photos de cette étape

le 10/07/2006

  • nombre de km prévus : 70
  • nombre km effectifs : 115
  • temps prévu : 4h30
  • temps effectif : 5h40
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Magnifique parc national de Tara, en Serbie.

Je laisse ma tente et mes bagages pres du bar pour m'offrir un petit tour leger dans le parc national de Tara. 20 premiers km d'une grande douceur. Je me reveilel tranquillement en meme temps que la Serbie apres une nuit pluvieuse. Puis j'arrive au barrage hydrauelectrique de Perucac Vrelo. La commence une longue montee de 15 kilometres, pendant laquelle je me dis que c'est une bonne chose d'avoir laisse mes affaires en bas ! La montee est magnifique, splendide ! La Drina, frontiere naturelle entre la Bosenie et la Serbie, s'ecoule paisiblement a mes pieds alors que la Bosnie s'etale devant moi, de plus en plus grande. Au sommet je ferai le tour d'un autre lac. Je croyais faire une petite balade. Le parcours s'avereplus long que prevu et trea casse pate. Le tour du lac me prendra 30 kilometres. 30 km de pure beaute, dans un paysage fabuleux. Je me crois dans les Alpes, la nature s'agite autour de moi et m'emoustille.

Puis je reviendrai sur mes pas pour une longue descente (celle que je venais de monter) sur Perucac Vrelo. L'occasion pour moi de preciser que la carte Michelin concernant les Balkans est une catastrophe, ce qui est surprenant de leur part. Beaucoup de routes ne sont pas marquees alors qu'elels sont en tres bon etat, et toutes les montees ne sont pas signalees non plus. Bref, je la deconseille tres fortement. La carte que j'ai pris a l'office de tourisme de Belgrade m'est bien plus utile.

A Perucac, Vladimir m'offre une biere a boir (une de plus !). Je lui dit que je vais dans le Montenegro. Il me dessine alors un itineraire passant pas Visegrad. Je comptais bien y aller, apres avoir lu le livre "le pont sur la Drina" de Ivo Andric, prix nobel de litterature (merci Albert et Maryvonne pour m'avoir conseille ce livre, que j'ai trouve magnifique). Mais je comptais egalement passer par Gorazde, ville qui fut partiellement detruite par la guerre. Vladimir se fache et me dis que je n'ai rien a voir la bas, qu'il n'y a rien. En fait comme beaucoup de Serbes Vladimir ne veut pas que je reparte avec cette image de la Serbie, celle de Milosevic. Pour lui, Gorazde, comme Srebrenica, ce n'est pas les Balkans. C'est un homme, un seul : Milosevic. je lusi explique mon point de vue. Je suis parfaitement d'accord avec lui. Je suis alle a Srebrenica et j'irai a Gorazde, mais c'est juste pour ma culture personnelle. Pour moi, les serbes sont des gens magnifiques, formidables, qui m'ont accueilli comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. Alors l'image que je retiendrai de la Serbie ne sera ertainement pas celle de la folie d'un homme, mais bien celle de son peuple, completement differente. Nous nous quittons alors sur une bonne poignee de main. J'irai a Gorazde, mais Vladimir est rassure par mon argumentaire, qui est des plus sincere.

De retour au bar un ami du patron insiste pour me payer a boire. Je n'ai pas d'autre choix que d'accepter. Decidement ces serbes, ils ne nous laissent jamais tranquilles ! Puis je les quitterai car il me faut avancer un peu aujourd'hui. L'etape de demain s'annonce longue et difficile. Je remets tout sur mon velo et remercie Miloje pour m'avoir permis de planter ma tente ici et pour toutes les bieres. Il me demande de revenir plus tard, avec mes amis cette fois-ci !

Il est 18h30 lorsque je pars. Une montee. Le coucher de soleil embrase la Drina. Magnifique image. C'est cette image que j'aimerai retenir a jamais en quittant ce pays. Une image de douceur et de paix. Ce soir je planterai ma tente pour la derniere fois en Serbie. J'ai un pincement au coeur et les larmes aux yeux. Ce pays m'a emu. J'y ai appris tellement de choses. Beaucoup de personnes avant de partir me disaient que j'etais fous de venir en Serbie, que c'etait dangereux... Oui, en effet, c'est un poays tres dsangereux. Vous avez de grandes chances de vous faire kidnapper par de jolies demoiselles ou de vous faire assommer par des litres de Pivo (biere).Voila les deux gros risques de ce pays. Mais j'ai ete fort et j'ai resiste, avec difficulte parfois. Ce passage ici a montre, encore une fois, que nous vivons sur des a priori, et que ce que les medias ous montrent n'est pas la realite. Bien sur il y a eu la guerre et la situation politique est toujours tendue. Mais le peuple, lui, est bien different et loin de tout cela. C'est tout du moins mon opinion apres avoir passe une courte semaine ici.

Je planterai ma tente dans un pres non loin de la route. Loin de toute l'agitation que j'ai connue ici, je passerai une nuit paisible, seul, pour digerer cette semaine d'une richesse exceptionelle. Serbie je t'aime, je veux revenir !

PS : en Serbie, vous trouvez de nobreuses sources d'eau sur le bord de route, associees a une plaque commemorative. En esperant qu'il ne s'agisse pas d'une personne decedee apres voir bue l'eau de source...!

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Ballade cyclobalkanique, 5300 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2007.

Prix public : 15 euros.
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