Balkans - Carpates 2007 (4054 km)

Etape de transition en Albanie

Shkoder - Tirana photos de cette étape

le 17/07/2007

  • nombre de km prévus : 116
  • nombre km effectifs : 107
  • temps prévu : 7h00
  • temps effectif : 5h45
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Etape de transition en Albanie

Après avoir vaqué à nos activités normales, nous quittons Shkodar à 17h30. Shkodar est une ville interessante mais relativement pauvre d'apparence. Les moteurs ronflent, les klaxons gémissent, les mobylettes transportent des familles entières, les vélos des dames sur le porte bagage. Tout cela circule dans la plus parfaite anarchie mais avec beaucoup de fluidite neanmoins. A un rond point, un policier est poste et regarde toute cette agitation. Querl est son role, alors que les velos et voitures roulent a gauche ou au milieu, a droite parfois ? Il veille juste a ce que tout cela se fasse sans accident, dans le respect de l'autre a defaut des regles. Le soir on fait griller des mais sur les trottoirs alors que des poules se nourrissent dans les ordures et les vaches dnas les parcs.

Après la montagne, c'est la plaine qui prend le relais. Nous décidons de nous avancer ce soir d'une trentaine de kilometres. Nous avalons de grandes lignes droites avec frénésie. Bérengère affiche un grand enthousiasme a pédaler de nouveau. Elle découvre l'Albanie et cela la fascine. Après 45 kilomètres, nous nous arrêtons sur une plage à 5 km de la route principale. Nous arrivons juste à temps pour profiter du coucher de soleil. Trois bunkers (on en compte environ 700 000 en Albanie) font face a la mer adriatique, guettant l'ennemi qui ne viendra jamais. Nous plantons la tente ici alors qu'autour les discos font fureur et ne nous laisserons tranquille qu'à une heure de matin. Elles sont alors aussitot relayées par des chiens errants.

Nous nous levons finalement à 4h30 après une brève nuit et nous reprenons le vélo. La route se poursuie avec d'interminables lignes droites qui n'ont comme unique point de mire d'énormes panneaux publicitaires rouges Vodafone. Autour, on s'intéresse aux maisons albanaises. Beaucoup sont colorées d'une façon très vive, jaune, vert ou rouge. Elles ont sur leur toit une cuve d'eau en métal ou plastique. On nous a explique que c'était une réserve d'eau qui permettait d'avoir de l'eau durant les coupures d'électricité. Et des coupures il y en a beaucoup, car tout l'électricité dépend du niveau des lacs de montagne. Or il fait très chaud et l'électricité vient a manquer avec l'eau. Ainsi des restrictions sont opérées dès maintenant, avec des coupures par secteurs de quelques heures par jour. S'il ne pleut pas , alors il risque d'y qvoir de serieux problèmes en septembre... A voir.
Nous pouvons également voir à côté des marchands de pastèques, d'autres albanais découper des cochons entiers au bord de la route. Ils aiguisent les couteaux et préparent des morceaux de choix qu'ils pendent sur leur étalage, en attendant les amateurs...

Nous arrivons à Tirana à 9h30. L'entrée de la ville est chaotique. Les lignes blanches disparaissent, les trous réapparaissent. Il nous faut faire sept kilomètres pour arriver au centre. Autour de nous, des commerces en tous genres, des laves auto en grand nombre, des vendeurs d'enjoliveurs. Puis une odeur d'huile très forte, une pollution nettement plus perceptible. Enfin, une large avenue à 4 ou 5 voies selon comment on se sert. Nous arrivons finalement au pied de la statue de Skaenderberg, valeureux chef albanais, et de la mosquée d'Et'hem Bey, une des plus anciennes du pays, épargnée par la dictature. Tout autour de cette place les facades sont peintes en jaune vif. Il nous est plus difficle de circuler dans Tirana mais cela se fait cependant sans incident. Il suffit juste de montrer fermement ses intentions et d'avancer lentement. Peu à peu nous nous faisons a leur conduite. Il nous faudra cependant imperativement perdre tous ces mauvais réflexes de retour en France si on ne veut pas avoir de problème !

Assis à la terrasse du café de l'opéra, des jeunes vendeurs de cigarettes, stylos, portefeuilles ou housses de téléphone viennent nous solliciter. Ils ont une dizaine d'années.

A deux heures aurait du être organisé un évènement médiatique sur la grande place. Malheureusement les gens de la croix rouge ne sont pas là. Nous n'avons pas de nouvelles d'eux. La situation du don du sang en ALbanie est pire que celle du Kosovo. Si dans ce dernier pays seul 1% de la population donne son sang, ici on en compte bien moins. Sur les 3,5 millions d'habitants que compte l'ALbanie, seulement 3000 personnes ont donné leur sang l'an passé. Lors d'une journée normale, aucune personne ne vient donner son sang d'une facon spontanée. Le don du sang n'est volontaire que depuis un an et demi. Avant cela, les donneurs étaient remunérés. Ainsi, le système a changé, dans le bon sens, et il faut maintenant communiquer autour de cela. Mais les responsables de la croix rouge ont bien du mal à sensibiliser les personnes à ce geste.

Ariana de la Croix rouge nous a finalement contacte et nous attend dans le parc au centre de la ville a 18h00. C'est justement la ou nous sommes depuis bientot deux heures, a nous reposer sur l'herbe et nosu rafraichir grace a l'eau coulant en abondance (et avec grand gaspillage) dans tout le parc. Des benevoles de la croix rouge sont presents, tout comme deux televisions dont une nationale. Apres les interviews d'usage, nous faisons un tour a velo dans le centre ville, escortes par une voiture de la croix rouge et nous crions a qui veut nous entendre " Durhoni Gjak !" (donnez votre sang) en distribuant des depliants sur le don du sang.

Les ballons du don du sang accroches a mon velo attirent la convoitise des enfants presents dans le parc. Certains les derobent, d'autres les eclatens. Je m'enerve ! Ce sont les meme enfants qui nous avaient demande avec trop d'insistance de leur donner de l'argent lorsque nous nous reposions. Une femme en charge de nettoyer le parc etait alors intervenue pour leur demander de partir. Nous avions alors remarque l'efficacite d'un mot en particulier : "policia". ils sont revenus a la charge quelques minutes plus tard, et je n'ai eu q prononcer que deux fois le mot magique pour etre tranquille. Une femme de la croix rouge m'explique que ces enfants la vivent dans la pauvrete extreme et n'ont pas de toit. Ils vivent dans la rue et mendient, lavent les pare brises des voitures ou volent...

Une heure plus tard nous remontons sur selle et quittons la capitale. Nous campons une dizaine de kilometres plus loin sous la route, en essayant de deranger au minimum les deux anes occupants le pre. Nous n'avons pas le meme coucher de soleil que la veille mais esperons trouver plus de tranquillite. Seuls quelques chiens lointains aboient durant la nuit, suffisamment loin pour nous laisser quelaues heures de repis.