Tour d'Europe 2004 (5433 km) acheter le livre

280 kilométres de monotonie sous le soleil

Turin - Mantou photos de cette étape

le 25/06/2004

  • nombre de km prévus : 300
  • nombre km effectifs : 280
  • temps prévu : 12h00
  • temps effectif : 9h40
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280 kilométres de monotonie sous le soleil

Bonjour à tous! Désolé pour le retard que nous avions pris dans le site. Nous avons reçu plein de messages du style "Site pas actualisé depuis deux jours, tout va bien?" Mais oui, par contre on a galéré avec notre ordi (il faut qu’on change le numéro d’appel, vu qu’on est a l’étranger (00338)). Alors on est allé en centre ville pour trouver un cyber café où l'on puisse lire les clefs USB... Toute une histoire ! Donc ne vous inquiétez pas si nous ne vous envoyons pas toujours le résumé de l’étape au jour le jour, nous faisons de notre mieux !

Nous avons été royalement accueilli par le Rotary Club de Turin 45 Parallèle. Ils nous ont réservé une chambre pour nos deux nuits passées à Turin dans un superbe hôtel, le Parco Sassi Hotel (www.parcosassihotel.com) (photo 1). Nous avons dîné avec le président (photo 4) Fabrizio Rapelli signe notre livre d’Or) et une de ses confrères (ou sa femme) hier soir et avons discuté de tout et de rien. Il nous a expliqué qu’aujourd’hui était un jour férié car les habitants de Turin fêtent la San Giovanni, qui est le protecteur de Turin. En Italie, chaque ville a son protecteur et chaque protecteur est associé un jour férié. Un magnifique feu d’artifice a clôturé cette journée. Nous avons demandé à Fabrizio Rapelli si le feu d’artifice avait été organisé pour accueillir «les Voyageurs au Grand Cœur", «Of course yes!" C’est bien ce qu’on pensait!

Hier était donc un jour de repos, qui nous a fait beaucoup de bien. Nous avons pris un peu de temps pour visiter Turin (photos 2 et 3), mais pas trop car nous ne voulions pas perdre d’énergie à gambader dans les rues très rectilignes de la ville. De plus, Turin est en travaux (à cause des JO) donc ce n’est pas forcément super à visiter tout de suite. Et puis il s’agit quand même d’une grande ville. Nous venons tous les deux de la campagne, et ce n’est pas trop notre truc. Nous n’avons pas vu le ciel depuis hier à cause des nuages, l’atmosphère est moite, pas top top quoi.

Etant en Italie, vous comprendrez que nous voyons beaucoup d’italiens. Alors, un bon italien se doit de se mettre du gel dans les cheveux, qu’ils soient courts, mi longs ou longs. Les lunettes de soleil sont de rigueur, et sont relativement grosses, la chemise n’est jamais entièrement fermée (c’est également vraie pour certaines italiennes!), le tronc est droit, la tête haute. En voiture, l’italien se doit de griller les feux rouges (surtout en moto), dans l’extrême limite du raisonnable. D’ailleurs, chaque fois qu’un feu passe au vert, le premier de file regarde bien à droite et à gauche et laisse passer les retardataires ! Les motards roulent très très vite… et ont quasiment tous des sportives. Pour l’instant, le casque n’est pas obligatoire pour tout le monde (pas pour les petites cylindrés (mobylettes et petits scooters)), mais çà va changer à partir du 1er juillet (dans 6 jours) et tout le monde devra en porter. Les vélos sont des insectes sur la route. S’ils restent hors de portée du part choc, tout va bien, sinon, eh bien je n’ai pas encore testé mais vu l’allure à laquelle les automobilistes roulent, on va être vigilant.

En ce qui concerne l’étape du jour, il s’agit de la plus grande du Tour. Nous avions prévu de faire 300 kilomètres pour relier Turin-Mantova en traversant la plaine du Pô. Finalement, 280 kilomètres ont été parcouru en 9h40, soit une moyenne de 29 km/h. Cette journée n’était vraiment pas passionnante. La plaine du Pô est désespérément monotone. Mis à part une petite portion de 30 kilomètres après Turin (photos 7 à 13), nous n’avons pas vu une seule montée. Les champs de maïs, des rizicultures, des plantations de peuplier noir, des moissonneuses et des voitures, des camions, et cette ligne blanche sur le bord de la route. C’est tout ce que nous avons vu aujourd’hui. Nous nous sommes arrêtés à un hôtel, à 10 km de Mantova. Le patron est enchanté de voir arriver chez lui un motard croulant sous une tonne de bagages. Fabien lui explique que son collègue arrive à vélo. Il ne parle pas trop bien français ni anglais, mais avec les gestes en Italie, on arrive à dire beaucoup.
"Pourquoi faites vous çà?
-Pour le don du sang. Nous organisons des collectes pour notre passage.
-Alors je donne là tout de suite?
-Non non, ne vous affolez pas, on n’a pas les aiguilles."
Un autre italien du l’hôtel parle mieux français.
"Et alors, que vous rapporte ce voyage?
-Non non, on fait çà pour notre plaisir. C’est du bénévolat, spécialité française. Vous n’avez pas çà en Italie?"

Les personnes que nous rencontrons sont très sensibles à notre action. Ce voyage impressionne beaucoup, de part le kilométrage prévu, mais également par cet équipage un peu bizarre, et ce motard chargé comme un camion avec un drapeau flottant au vent. Les italiens sont beaucoup plus entreprenants que les français. Ils vont plus facilement vers nous pour savoir ce que nous faisons. Ceci nous permet de faire des rencontres très variées mais toujours très sympathiques. Et nous espérons que ces personnes soient, par notre passage, un peu plus sensibilisé au don du sang. Si deux français font un périple de la sorte, et viennent jusque chez eux, alors peut-être que ce geste est vraiment important.. et, il l’est !

Physiquement, cette étape a été éprouvante. Je n’avais jamais parcouru une distance aussi grande, et la moyenne est relativement élevée (pour moi toujours). De plus, il a fait une chaleur étouffante aujourd’hui, ce qui n’a pas facilité les choses. Je suis quand même un peu déçu de ne pas avoir parcouru les 300 kilomètres. C’était le jour ou jamais. Tant pis! De son côté, Fabien a galéré avec la moto. On s’est réveillé à 5 heures du mat… c’était dur de manœuvrer ce tank. Et puis en Italie, un motard qui ne roule pas vite (60 km/h) est considéré comme un vélo.

Comme je m’ennuyais en pédalant, je me suis amusé à compter mes coups de pédale. 160 coups de pédale par kilomètre, en moyenne. Ce qui fait un total de 44800 coupe de pédale pour l’étape. Mais çà, c’est que pour la jambe droite! La gauche suit le mouvement, et donc en fait autant. Ca fait donc environ 90 000 coups de pédales donnés pendant cette journée! On va bien s’étirer, selon les conseils de mon kiné et se reposer.

Demain, nous rejoignons Venise où nous sommes attendus par les amis de Muriel (euh... pas vraiment en fait...) et par le Rotary Club (euf... et bien pas non plus, en fait!). Nous devrions parcourir un peu moins de 200 kilomètres. Une bonne nuit de sommeil pour récupérer et tout ira bien.

A demain donc!

Depuis le départ, nous avons parcouru 1045 km en 44 heures.