De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Contraste autour de Plitvice

Vinica - Izacic (Bihac) photos de cette étape

du 14/08/2010 au 18/08/2010

  • nombre de km prévus : 210
  • nombre km effectifs : 120
  • temps prévu : Du 14 au 19/08/2010
  • temps effectif : 8 heures
Les aires de jeux nous accueillent pour nos bivouacs1er jour en Croatie...pas très engageant ! ça devient intéressant

Contraste autour de Plitvice

La carte d’identité suffit pour rentrer en Croatie, malgré le fait que ce pays ne soit pas en Union européenne. C’est plutôt une bonne nouvelle, puisqu’une fois devant le douanier, nous ne retrouvons plus le passeport de Marion. Cela me rappelle un épisode déjà vécu au Pérou, en 2007… Nous le retrouvons finalement après avoir vidé toutes nos sacoches, bien rangé mais pas à sa place dans une de ses sacoches avant. Nous sommes maintenant en Croatie pour quelques jours, juste le temps pour nous d’aller jusqu’aux lacs de Plitvice près de la frontière bosnienne. C’est là aussi que nous retrouverons les parents de Marion.

 

Nous passons une première nuit près du terrain de sport de Kasuni, lieu de vie où petits et grands viennent jouer au football, au tennis, au basketball ou s’essayer au roller. Notre voisine revient de la forêt avoisinante avec un sac rempli de cèpes, ce qui nous fait penser que la région n’est pas concernée par les mines antipersonnelles. C’est en réalité après Josipedol que l’atmosphère devient plus glauque. Difficile de dire si les maisons sont en construction ou si elles ont été abandonnées. Certains ont des impacts de balles sur les murs, d’autres dont les toits sont effondrés marquent la désertion ou la disparition de leur occupant d’antan, d’avant 1991 en réalité. Bien loin de la campagne impeccable de l’ouest de la Slovénie ou de l’Autriche, ici les terrains ont également été abandonnés à leur sort et la friche gagne du terrain. Des panneaux incitent à la prudence. Et pour cause : terrains minés, on ne passe pas, ou bien à ses risques et périls. Pas question ici d’aller cueillir des champignons.

C’est dans ces paysages que nous nous arrêtons pour la nuit, au lac de Sinjac. Nous demandons la permission de nous installer près du lac à un vieil homme à la poitrine et au dos bossu. Un autre plus jeune, certainement son fils, nous invite à nous installer à l’abri sous une grange, ce que nous faisons avec plaisir. D’où nous sommes nous regardons le vieil homme couper à la faux un carré de prairie autour de ses pruniers, fruits qu’il ramassera bientôt pour préparer sa rakia, l’alcool local. Sa femme l’encourage de sa voix, assise sur un tabouret installé sur sa terrasse. Sa maison est une des plus jolies du village qui en compte 10, dont 8 abandonnées ou en ruine. Carrée, élevée sur deux étages, le toit semble récent tout comme la brique. Elle n’a pas l’apparence d’être terminée et pourtant, il y a peu de chance pour qu’un crépi l’enduise un jour. La pluie  se met à tomber. Notre vieil homme s’assied alors sous un arbre, à une place qui lui semble habituelle. Il semble se réjouir de cette eau qui tombe. Sa femme a rangé le tabouret, mais elle continue à lui parler, debout sur la terrasse ; Son territoire semble se limiter à ce balcon étroit et à sa cuisine qui doit être à côté. Lui vague à ses occupations, peu pressé de s’enfermer entre quatre murs.

Milan, l’homme un peu plus jeune, revient nous voir avec de l’eau fraiche et quelques gâteaux. Nous tentons de discuter mais, pour la première fois depuis le départ, nous peinons à nous comprendre. Eux ne parlent pas un seul mot d’anglais et c’est avec quelques mots de vocabulaires photocopiés dans « le dictionnaire des 3000 langues parlées dans le monde » que nous communiquons. Nous nous quitterons le lendemain en sachant simplement que le lac auprès duquel nous étions fait 130 mètres de profondeur, et que Marion est bien jeune pour pédaler ainsi. Lui saura que nous sommes français et que nous nous rendons en Nouvelle-Zélande.

 

Nous retrouvons Pierre et Annette près de Plitvice. Pour profiter convenablement de trois jours de repos nous nous installons au camping de Grabovac. C’est la dernière fois que nous reverrons Pierre et Annette avant le mois de mars prochain. Nous serrons alors au Népal, probablement. Non content de nous voir, ils nous apportent plein de cadeaux. Quelques lettres d’amis, du saucisson d’Auvergne, du fromage de chèvre de Nadaillat, du vin et du champagne. Mais surtout, ils nous apportent quelques kilos supplémentaires, de quoi passer l’hiver en toute tranquillité : cagoule, gants, doudounes, chaussettes chaudes. Enfin, nous avons également décidé d’avoir avec nous un ordinateur portable. Encore un kilo supplémentaire à porter, mais du confort pour actualiser le site internet et vous donner ainsi des nouvelles plus régulièrement (sans parler du confort de pouvoir écrire sur un clavier français !).

Nous nous rendons de bonne heure aux lacs de Plitvice. Une merveille de la nature. Il est difficile d’imaginer qu’après le décor glauque des paysages environnants, fortement marqués par la guerre, un tel joyau puisse subsister ici, coincé entre des falaises abruptes, résultant du système karstique. 17 lacs de rejoignent ici dans des cascades dont le bruit a pour effet de calmer le plus énervé des individus. Loin des rumeurs du monde. Si les bois alentours sont minés, si des stèles bordent les routes en l’honneur des hommes tombés en 1991 , l’eau s’écoule ici d’un lac à l’autre sans se préoccuper des hommes et de leur méchanceté, leur montrant ce qu’elle a de plus beau, leur envoyant ainsi un message de paix et de sérénité. Quand nous traverserons la Bosnie, dont les stigmates sont bien plus importants encore qu’ici, nous tenterons de repenser à cet endroit dont la magnificence élève l’âme et la purifie.

Nous profitons d’une autre journée pour préparer les vélos, ranger nos nouvelles affaires et nous reposer. Nous profitons au mieux de la présence d’Annette et Pierre à nos côtés. Ce sera les dernières têtes familières avant un bon moment ! Le soir, ils nous invitent au restaurant. Nous prenons deux plats de différentes viandes. Les croates, tout comme les bosniens et les serbes, ont tendance à manger beaucoup de viande (une fois par jour minimum). Nous avons déjà pu voir rôtir sur le bord de la route des cochons de lait, et chacun est équipé d’un méchoui qu’il utilise dès que l’occasion s’en fait sentir.

Nous quittons la Croatie le lendemain, direction Bihac. Les parents de Marion nous accompagnent encore un peu, après la frontière…

 
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Pour la participation à cette étape nous remercions les personens ou partenaires suivants :
- Proludic
- Culture Vélo Boyer
- Escape
- Hi Tec France
- Nicolas Monseu
- Rotary club de Cosnes-sur-Loire
- Isabelle Hausmann
- Michèle Vachias




Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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