De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Petit tour en camion au Monténégro

Kotor - Pljevlja photos de cette étape

du 30/08/2010 au 01/09/2010

  • nombre km effectifs : 174
  • temps prévu : Du 29/08 au 01/09/2010
  • temps effectif : 16h00
La baie de KotorIMG_7160IMG_7162Notre mascotteIMG_7168IMG_7170quelques rencontresIMG_7175Un petit air de PUy-de-Dôme, vous ne trouvez pas ?

Petit tour en camion au Monténégro

Au camping de Kotor, le gérant nous réveille à 4h00 du matin, heureux de nous rendre service. Malheureusement, nous nous étions mal compris la veille, lorsque je lui avais dit que nous partirions effectivement à 4h00, mais de l'après midi ! Nous nous rendormons péniblement et rigolons de cette incompréhension plus tard dans la matinée.

Nous passons encore un peu de temps avec nos voisins argentins et espagnols, puis partons à l'assaut du Monténégro. Avant cela nous croisons un petit camion avec écrit à l'arrière en grosses lettres "NZ". Nous les arrêtons et leurs demandons s'ils sont néo-zélandais. Ils le sont. Ce jeune couple voyage en Europe pour un an environ. Ils espèrent être de retour en Nouvelle-Zélande pour la coupe du monde de rugby. Nous nous donnons donc rendez-vous autour d'un France-Nouvelle-Zélande en septembre 2011. L'avenir nous dira si nos chemins se recroiseront... Il est 16h00 lorsque nous débutons la longue ascension qui nous permet de gagner la montagne de Lovcen. Le début de la montée se fait en traversant les derniers villages. Loin d'être charmants, ils offrent quantité d'ordures aux alentours. Voilà un des gros problèmes de ce pays, qui regorge de décharges que l'on trouve dans tous les recoins du pays, lorsque chaque virage permet de stocker ce que les hommes ne veulent plus : voitures, fauteuils, pneus, poubelles en tous genres. Un problème structurel, mais également un problème d'éducation qu'il serait temps de régler alors qu'eux aussi sont aux portes de l'UE.

 Il est 19h00 lorsque nous arrivons à un premier palier, 900 mètres plus haut et 20km plus haut. Installés sur une terrasse d'un restaurant en construction, nous contemplons le soleil se coucher derrière la mer adriatique. A nos pieds la baie de Kotor, que nous avons pu admirer dans toute sa splendeur tout au long de la montée, est maintenant dans la pénombre. Nous la redécouvrons encore plus haut le lendemain matin lorsque nous terminons notre ascension pour arriver à 1355 mètres d'altitude. De là nous dominons vraiment le site et le panorama mérite tous les efforts consentis pour le découvrir. Nous redescendons ensuite sur Cetinje que nous traversons sans nous attarder.

La tradition veut que lorsque nous voyons une plaque d'immatriculation française, nous saluons nos compatriotes. C'est ce que fait Marion à la vue d'une fourgonnette parisienne. Son occupant fait demi-tour et nous attend un peu plus loin. Jean-Marc est journaliste sportif et il est venu au Monténégro pour couvrir les championnats du monde de précision d'atterrissage en parachutisme qui se déroulent à Niksic. Comme il a un peu de temps il en profite pour faire quelques images sur le Monténégro. Il est ainsi en relation avec la chargé de communication du tourisme du Monténégro qui lui conseillent des lieux pour filmer. Elle semble désespérée face à la prononciation des noms serbes de notre ami. Il est vrai que le championnat aurant pu se dérouler dans des lieux plus facilement prononçables, comme Kotor, Budva ou Bar, qui ont des consonnances familières pour nous. Or, il se trouve qu'il se déroule à Niksic, et Jean Marc peine à le prononcer correctement. Nique niche, nishique, nichequique... Au téléphone, nous l'entendons le reprendre à chaque fois, ce qui nous fait rire à tous les coups !

Jean Marc est libre ce soir, alors nous nous donnons rendez-vous à 17h00 à Boce, à 13 km au nord de Podgorica. Le temps de débusquer un bel endroit où dormir, dans le lit de la rivière Moraca, et Jean Marc est de retour. Il a dans son camion plein de belles choses, dont une saucisse de Morteau que nous dégustons avec grand plaisir. Il a aussi quantité de caméras, notamment des caméras embarquées dont il est un spécialiste.

Après avoir essuyé un gros orage la nuit, nous décidons de poursuivre la route ensemble encore une journée. Nous chargeons donc les vélos dans son camion et parcourrons ainsi le canyon de Moraca puis celui de Tara. Ils sont parés des premières couleurs automnales. Quand la pente le permet et offre un peu de replat, une forêt mixte de feuillus et de conifères s'est installée et nous montre que les saisons filent. Le thermomètre est également là pour nous rappeler que l'été tire à sa fin : il fait 8°C : nous avons perdu 30°C en une seule journée. A bord du camion, Marion affiche un sourire inquiétant.  Elle semble apprécier cette journée comme aucune autre depuis le départ (là Julien exagère un peu qaund même!). Préférerait-elle finalement  voyager ainsi.   En réalité le temps n'est vraiment pas au beau fixe, il pleut , le ciel est bas et nous cache le sommet des montagnes. Le camion est en réalité plus un abri qu'un moyen de locomotion. Enfin, je l'espère...!

Nous nous arrêtons au camping de Tara. Là, avant de manger un cassoulet, Jean Marc nous donne deux trois astuces pour améliorer notre façon de filmer, et nous montre toutes les qualités de son matériel vidéo. Nous ne résistons pas à l'envie d'acquérir une caméra portative, certains que le film qui en résultera gagnera en qualité... Nous verrons cela dans quelques mois au moment du montage.
Après une journée passée en sa compagnie, Jean Marc nous quitte à 21h00 pour retourner à Niche niche. Nikchitch Jean Marc, Nikchitch ! Cette rencontre fut des plus belles. Nous avons beaucoup échangé avec cet homme passionné par la vidéo et les sports extrêmes, et qui a parcouru le monde avec pour objectif de rapporter de belles images. Nous tenterons de faire pareil à l'avenir !

Nous reprenons les vélos le lendemain. Certes, nous avons fait 200 kilomètres en camion, ce qui nous a permis de nous reposer une journée. Mais Jean Marc ne nous a pas vraiment avancé, car nous sommes allés bien plus à l'ouest que prévu. Il nous faut maintenant repartir vers notre route, vers l'est, vers le soleil levant. Mais justement, aujourd'hui le soleil peine à se lever et nous sortons toutes nos affaires d'hiver. Emmitouflés dans nos doudounes, gants et bonnets, nous arrivons ainsi à Pljevlja, la seule région musulmane du Monténégro. L'odeur des pots d'échappements me fait penser au Pérou. Ici, ce serait plus précisément La Oroya, à cause de sa mine (de charbon) et de sa grande tour en béton fumante. Ici aussi la terre est creusée pour en extraire le minerai noir qui date d'un autre temps. Toute l'activité de la ville est tournée vers cette mine que nous voyons de la route menant à la Serbie. Loin du tourisme côtier, Le Monténégro offre ici une autre image, plus pauvre, plus reculée du monde, d'un autre temps. Pas forcément un visage très représentatif du pays, mais au moins une facette qui en fait partie.
Nous arrivons en Serbie, le dernier pays de l'ex-Yougoslavie que nous traverserons.


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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
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Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

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