De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

De rencontres en rencontres

Pljevlja - Krusevac photos de cette étape

du 02/09/2010 au 06/09/2010

  • nombre de km prévus : 450
  • nombre km effectifs : 312
  • temps prévu : Du 01/09 au 06/09/2010
  • temps effectif : 19h00
petit col serbeJovo nous installe une table, le grand luxe pour nousLa maman de Jovo nous prépare un thé avant de partirIMG_7310Aire de jeux serbeIMG_7313

De rencontres en rencontres

Le sud de la Serbie n'est pas à compter parmis les endroits les plus jolis traversés jusque là. Nous pourrions même dire qu'il s'agit de la région la plus triste parcourue, en dehors des villages dévastés de Bosnie. Les maisons en brique donnent un aspect d'inachevé à tous les villages qui se retrouvent ainsi sans véritable âme. La campagne est insipide, sans panorama ni réel attrait. Et le temps pluvieux et froid n'arrange en rien la situation. Cependant, cette Serbie est chaleureuse ! Dans leurs voitures ou leurs camions, les serbes nous klaxonnent très souvent, non pas pour nous dire de nous pousser, mais simplement pour nous saluer. Au bruit des klaxons s'ajoutent les nombreuses mains levées, pouces tendus vers le haut, sourires sincères et enjoués. Ainsi, si la tristesse l'emporte lorsque nous sommes seuls sur nos vélos, la joie nous envahit dès que nous rencontrons des serbes.

Quand vient l'heure du bivouac, il existe plusieurs façons pour trouver un lieu sûr.
La première, est de ne rien faire. Alors que nous venions de quitter Nova Varos, une R5 nous double en nous saluant en français : bon voyage ! Nous retrouvons la même voiture 6 kilomètres plus haut.Cette fois-ci ses occupants s'arrêtent devant nous, tout heureux de nous avoir retrouvés.
- Nous pensions vous inviter chez nous, si cela ne vous dérange pas; Nous avons une maison juste là.
A vrai dire, nous avions pensé aller un peu plus loin, puisque nous n'avons fait que 35 km depuis ce matin. Mais les 20 km de montée nous ont passablement fatigués et nous ne sommes pas long à convaincre. Nenad est serbe, Julia argentine. Ils ont avec eux un petit garçon de 2 ans. En vacances dans la région, ils se sont fait preter une maison par un collègue de travail. Il y a une chambre de libre à l'étage et nous nous y installons. Nous profitons ainsi de l'après midi pour faire plus ample connaissance avec ce couple charmant, qui nous a offert spontanément l'hospitalité à quelques kilomètres de la frontière monténégrine. Bonheur suprême, Julia porte avec elle un mate et la yerba, (contrairement à son compatriote rencontré à Kotor !), alors nous buvons cette boisson qui avait agrémenté toute la deuxième partie de mon voyage dans les Andes.

La deuxième est de demander à n'importe qui où planter sa tente. Alors on peut tomber sur des personnes comme Vojo et sa famille à Prijepolje, qui nous ont installé table et chaises dans leur jardin, servi un grand bol de miel fraichement récolté et aidé à cuisiner. Ils voulaient même nous inviter à dormir chez eux, mais nous avions déjà installé la tente et toutes les affaires à l'intérieur. Nous sommes repartis de chez eux avec une photo de Voyo et sa petite fille Marija. Nous pouvons aussi rencontrer un paysan, comme près de Novi Pazar. Notre interlocuteur ne parle pas un mot d'anglais mais nous conduit dans un de ses prés qui domine la ville. Ses deux frères sont dans les parages et gardent les brebis. Ils nous assurent la tranquillité pour la nuit. Lorsque je veux proposer du fromage à Mohamed, il refuse. En effet, nous sommes ici en terre musulmane et le ramadan n'est pas terminé. Cependant il nous offrira du café et du fromage fait par ses soins juste avant la nuit. Il est 8h00 lorsque le muzin appel la fin du jeûne. Notre berger a disparu depuis quelques minutes et doit maintenant être attablé avec toute se famille autour d'un repas réparateur. Je n'entendrai pas l'appel de 21h30, par contre celui de 4h30 du matin est retentissant !

La troisième, plus risquée, consiste à s'arrêter dans un bar et à commander un "pivo" (une bière). C'est l'option choisie lorsque nous arrivons à Kraljevo après une longue étape de 110 kilomètres. Notre voisin de table, Dosan, vend des drésiennes. Il nous offre une deuxième bière avant de nous quitter. Je vois sur le visage de Marion les mêmes traits de fatigue qu'après une dure étape. Ses paupières sont gonflées et ses joues joliment rosées. Certes nous avons beaucoup pédalé, mais cela n'explique pas tout. Peu habituée à consommer de l'alcool, la vaillante cyclonomade peinera à pédaler jusqu'au distributeur de billet pour y retirer un peu d'argent; J'aurai tout autant de peine à acheter quelques fruits dans la magasin juxtaposant notre bar. Très vite trois jeunes viennent à nos côtés. Même si nous sommes déjà bien amochés par un excés d'alccool, nous parvenons à leur demander où il nous serait possible de dormir dans la ville. Sergian nous répond que nous pouvons dormir chez lui. Nous y retrouvons ses parents, sa femme et son fils. Après avoir bu une rakia (alcool fort local), nous allons manger un cepapi. Sergian nous affirme qu'il s'agit des meilleurs cevapi de tout l'Europe. Ne les ayant pas tous essayés, nous ne pourrons être aussi affirmatifs. Toujours est-il qu'il s'agit bien des meilleurs que nous ayons mangé jusqu'ici. Au matin, son père nous offre une rakia pour nous donner de l'énergie. Sergian nous dit que des médecins réputés de Serbie conseillent à la population de boire un peu de rakia chaque jour, certes pas autant que ce que nous as servi son père à l'instant.

La quatrième est de faire appel au rotary club. Depuis la France, notre ami Gilbert Serpin, membre du rotary club de Clermont-Ferrand Aulnat, contact les clubs que nous sommes susceptibles de rencontrer sur notre route. Celui de Krusevac a répondu favorablement à notre demande et ils nous accueillent pour deux nuits dans leur ville. Ils ont également organisé une collecte de sang qui se déroulera le mardi (demain). Aujourd'hui déjà nous avons répondu à une interview poru la télévision locale, pour inciter les gens à venir donner leur sang demain. A suivre.

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Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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