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Journée de galère pour arriver à Venezia

Mantou - Venise photos de cette étape

le 26/06/2004

  • nombre de km prévus : 163
  • nombre km effectifs : 207
  • temps prévu : 6h30
  • temps effectif : 8h25
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Journée de galère pour arriver à Venezia

 

Pour commencer, une note importante : nous ne pouvons pas lire nos mail sur l'adresse habituelle depuis plusieurs jours. Vous pouvez donc nous écrire à l'adresse suivante : julien.leblay@nomade.fr

Après la dure journée d’hier, les jambes tirent un peu ce matin. Mais Venise nous attend au bout de la journée, alors, motivé ! Comme nous sommes toujours dans la plaine du Pô (photo 2 et 3), les paysages sont toujours aussi ennuyeux, avec des maïs et des moissonneuses batteuses. Le château de Mantova (photo 1) nous apporte cependant une petite satisfaction visuelle. De même, aujourd’hui, nous voyons à notre gauche les Alpes. (photo 6 à 8)! Cela donne un peu de relief à cette journée monotone.

Après 30 bornes de nationale, nous quittons les grands axes pour les petites routes de campagne. La galère! D’une part, ces petites routes sont très mal entretenues. D'autre part, les panneaux d’indication sont mal foutus et peu nombreux. Enfin, les cartes ne vous aident pas. Allez vous y retrouver! Dès lors, nous n’avons pas compté le nombre de demi-tours et demi tours effectués. Heureusement, nous rencontrons des italiens qui nous guident ou nous accompagnent pendant de nombreux kilomètres (photo 9). Nous nous sommes perdu de nombreuses fois. Nous demandons à des italiens l’itinéraire qu’il faut emprunter pour aller à Padova. L'un d’entre eux nous a dit de le rejoindre pour pouvoir prendre le train. D’autres nous ont dit de :
"descendre à Montagnana, puis Padova par les grands axes routiers.
-Non merci, nous voulons couper à travers.
-Mais non, il ne faut pas passer par là, c’est la « montagna » ici! Cà monte beaucoup!
-Justement, c’est ce qu’on veut! Cà nous changera.
-Bon, vous l’aurez voulu, alors allez par là puis par là.

Nous arrivons donc au pied de la « montagna » (photo 6 à 8), qui est un petit bout d’Alpes (mais rien à voir avec ce que l’on a traversé.) Nous commençons donc l’ascension, qui, à priori, s’annonçait raide. Après trois kilomètres parcourus à 17 km/h, on est au sommet... C’était donc çà la montagne? Cette petite butte est posé au milieu de la plaine du Pô et s’élève à 500m d’altitude. Vous posez cela au milieu de la Bretagne, cela paraît être une montagne. Il s’agit de « l’Alpe d’Huez » du coin. Nous avons croisé énormément de cyclistes, à croire que tous les cyclistes italiens se rencontrent ici.

Cette petite butte a été très appréciée. On se croirait dans le midi, avec forêts vertes claires, vignes, terrasses, petites maisons colorées (photo 10 et 11). Un petit coin de paradis au milieu de cette horrible plaine du Pô! Nous apprécions donc la descente, car après, on retourne dans un monde de sauvages.

Padova est une jungle routière et autoroutière. Je me suis retrouvé sur une espèce d’autoroute, je n’ai pas compris comment. Vite, sortir d’ici! Nous nous sommes encore perdu avec Fabien, qui a manqué d’avoir un accident. La circulation dense et rapide l’oblige à serrer à droite par moments. Il a un peu trop serré et la valise a touché une barrière de sécurité et a valdinguée à 50 métres (photo 12). Plus de peur que de mal. Fabien remet la valise et repart à ma recherche. Rien de cassé ni pour le bonhomme, ni pour la moto. Finalement on se retrouve dans un décor de barrières de sécurité, de ponts et de quatre voies. On quitte Padova, un enfer pour les cyclistes (le pire que l’on ait trouvé jusque là) pour retrouver Venise.

Nous traversons le pont de plus de 4 kilomètres, qui relie Venise à la terre (photo 13 à 15). On peut le traverser à vélo sur une piste cyclable (qui, comme toutes les pistes cyclables italiennes, est praticable en VTT et non en vélo de route). Ici, on se dit que la galère de l’Italie doit enfin être terminée. On est sur la cité adriatique. On a traversé l’Italie sans encombre, même s’il reste encore plus de 100 bornes avant d’arriver en Slovénie (mais on verra çà après une bonne journée de repos). Nous pensions être accueillis par des amis de Muriel (my sister) et le Rotary Club. En fait, nous avons été victime d’un complot (Tu exagères quant même!). Nous retrouvons nos deux mamans respectives qui nous attendaient au bout du pont ! Alors çà, c’est une surprise! Muriel et Emilie, on vous retient (mais de rien mon frère)! Donc nous passons une soirée très agréable en famille (photo 16), avant d’aller nous coucher, puis, au « camping de Venezia » (photo 17), sur le continent.

Ici, nous rencontrons énormément de cyclistes. Un d’entre eux nous explique, en anglais, qu’en ce moment se déroule une espèce de « semaine festival de cyclotourisme » sur quatre jours, comme en France. 500 cyclotouristes se réunissent de toute l’Italie pour participer à cette manifestation. Chaque année, le lieu de rencontre change, ceci permettant de visiter tout le pays. Nous avons exactement la même chose en France, au mois d’août. L’an dernier, la semaine festival s’était déroulée dans le Cantal. Pour y avoir participé, c’est un événement vraiment très sympathique et convivial (site Internet). Des circuits allant de 50 à 160 kilomètres sont proposés aux participants, permettant ainsi à des personnes de tous les niveaux et les âges de se faire plaisir et de découvrir un petit bout de France. L’an dernier, on comptait plus de 10 000 participants. Cela montre que la France est un pays de cyclistes beaucoup plus que l’Italie. Au pays des pastas, on n’aime pas les cyclistes, et on fait très peu de vélo. Et pourtant, le cyclisme professionnel italien affiche de très grands « champions » (je n’aime pas ce mot, quand on sait ce qu’il se passe dans le sport de haut niveau de manière générale). Nous discutons pendant un moment avec cet italien, qui a beaucoup voyagé à vélo (Nouvelle Zélande, Italie, Afrique). Il aura bientôt un site Internet expliquant ses voyages. Nous vous le transmettrons quand il sera opérationnel. Il fait ses voyages pour Amnistie Internationale. Chacun a ses voyages et ses messages.

Nous avons parcouru 207 kilomètres aujourd’hui, en 8h25 minutes. Nous garderons un très mauvais souvenir de cette plaine du Pô. Ce n’est vraiment pas un endroit pour les cyclistes. Nous n’avons pas eu d’accident (hormis l’éjection de sacoche de Fabien, et c’est un bonheur en soit). Demain nous nous reposons à Venise. Nous allons passer la journée avec nos madres, puis repartirons en direction de la Slovénie. Nous avons vraiment hâte de quitter ce pays. Non pas que les italiens ne sont pas accueillants (bien au contraire, nous avons rencontré des gens vraiment très sympathiques) mais cette partie de l’Italie n’est pas faite pour nous. Les montagnes slovènes nous conviendront beaucoup mieux.

A demain en Slovénie cette fois-ci.

Depuis le départ, nous avons parcouru 1252 kilomètres, en 52h25 minutes.